Toy Story 4 – Notre Critique

Autant espéré que redouté par les fans de la saga, « Toy Story 4 » ressort les jouets du placard pour une dernière aventure vers l’infini et au-delà. Woody et ses amis seront-ils à la hauteur des attentes ? Verdict sans spoilers.

Jouets à bascule

Après avoir ému la terre entière avec son troisième opus, « Toy Story » nous revient dans un dernier opus, ayant la lourde tâche de faire aussi bien que son prédécesseur et d’offrir une conclusion décente à cette sublime saga. Le projet était donc d’envergure majeure et sa gestation compliquée démontre l’hésitation du studio, quant à la direction à prendre pour ce « Toy Story 4 ». Après plusieurs mois de travail, Pixar porta son dévolu sur Josh Cooley, déjà réalisateur de certains de leurs courts-métrages.

Autant le dire tout de suite, la production difficile de l’oeuvre se sent dès les premières minutes. Entre la profusion d’intrigues et la réintroduction compliquée de certains personnages, le scénario de Josh Cooley et Andrew Stanton (« Wall-E », « Le monde de Nemo ») semble partir dans tous les sens et ne sait jamais où donner de la tête. Des dizaines de thématiques sont lancées à tout-va, puis finissent littéralement abandonnées en cours de route, tandis que la mise en scène de se montre légèrement paresseuse. Seule la superbe animation made in Pixar semble s’en tirer avec les honneurs, dans cet ensemble sympathique, mais diablement confus.

Ex Toy

Avec de tels soucis, on voyait mal comment le film pouvait offrir plus qu’un simple divertissement aussi appréciable qu’oubliable, à la manière du deuxième « Les Indestructibles ». Puis, à la faveur d’un saut dans le vide, « Toy Story 4 » renaît et offre enfin ce qu’il avait promis. Une fois passée ladite introduction, l’oeuvre de Colley cesse de s’éparpiller dans tous les sens et trouve enfin sa voie, en abordant une nouvelle facette du personnage de Woody.

Le scénario commence à remettre en cause les actions et pensées de ses héros, sans pour autant les dénaturer, et interroge notre capacité à transmettre à autrui, à aller de l’avant. Notre shérif favori prend une tout autre dimension et entame une quête d’introspection fascinante, qui le mènera avec le spectateur à un final déchirant, mais cruellement logique. Tout fait alors sens et le film débute son ascension.

Bad Buzz

Avec le nouveau décor proposé, une immense galerie de protagonistes hauts en couleur fait son entrée et se révèle des plus convaincantes. Encore mieux, Pixar ne renie pas la profondeur et l’ambiguïté des précédents, en offrant un background extrêmement touchant à certains d’entre eux. Par exemple, à travers la jeune poupée Gabby Gabby, la figure de l’antagoniste est complètement remodelée, sans pour autant être calquée sur le modèle des autres épisodes. La relation entre Bo et Woody est aussi dans cette optique de détourner les clichés inhérents au genre (ici, la comédie romantique) et prend donc des directions inattendues.

Hélas, les nombreuses réécritures du script se ressentent encore quelquefois, à ce niveau-là. Par conséquent, certains personnages sont malheureusement sous-exploités, à l’image de Fourchette ou Buzz. Le premier est relativement attendrissant et adorable, mais toute son intrigue sera finalement mise de côté au profit de celle de Woody. Le second est, quant à lui, réduit à un simple side-kick toujours attachant, mais bien moins profond. Il en est d’autant plus dommage, car ceux-ci auraient clairement pu avoir plus de place dans le récit.

Toy story 4

To Infinity and Beyond

Une profusion de personnages qui est aussi l’occasion d’affirmer la maestria comique du studio. De ce fait, les gags s’enchaînent, mais ne se ressemblent pas. La précision des dialogues et l’humour burlesque se relaient et offrent des fous rires garantis aux spectateurs. La mise en scène de Josh Cooley vient elle aussi appuyer avec justesse les effets comiques et profite de l’animation made in Pixar toujours aussi sublime.

Des éléments qui s’imposent aussi grâce à la prestance générale des interprètes, tous plus excellents les uns que les autres. Le duo Keegan-Michael Key/Jordan Peele (Ducky et Bunney) est tordant, tandis que Tony Hale (Fourchette), Keanu Reeves (Duke Cabbom) et Tim Hallen (Buzz) émeuvent autant qu’ils font rire. Mais, au-delà de tous ces acteurs généralissimes, un ressort encore et toujours du lot : Tom Hanks. A travers Woody, il déploie une palette impressionnante d’émotions et confirme à nouveau son talent colossal.

Toy story 4

Conclusion

Après une introduction confuse, « Toy Story 4 » se réveille et convainc aisément, en interrogeant la notion d’héritage et notre capacité à aller de l’avant. Grâce à ses personnages hauts en couleur, ses choix scénaristiques osés et sa maîtrise technique, le film fait oublier ses quelques lacunes et emporte le spectateur dans un festival d’émotions, jusqu’à un final déchirant, véritable chant du cygne de la saga.

 

Toy Story 4

7.5

Réalisation

8.0/10

Bande-Originale

7.0/10

Scénario

6.5/10

Casting

8.5/10

Points positifs

  • La mise en scène et l'animation irréprochables
  • Le développement ingénieux et touchant de Woody
  • Une galerie de personnages complexes et hauts en couleurs
  • L'humour qui fait toujours mouche
  • Les interprètes irréprochables
  • Le final déchirant et sublime
  • Les compositions toujours aussi belles de Randy Newman

Points négatifs

  • Quelques personnages secondaires trop sous-exploités
  • Une introduction confuse

Rédacteur Cinéma - Jeune passionné du septième art, je partage mon avis sur diverses œuvres et débat de l'actualité cinématographique.

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