BYD Sealion 5 DM-i : 1 200 km d’essai et 60 L d’essence, le SUV hybride qui bouscule le marché

Les SUV hybrides ont pris une drôle d’habitude : grimper en prix plus vite que les salaires. Dans ce contexte, voir débarquer un modèle à environ 30 000 € avec la promesse d’une grande autonomie et d’un usage quotidien quasi électrique, ça mérite un vrai test. J’ai donc pris le volant du BYD Sealion 5 DM-i sur un week-end, avec 1 200 km au compteur à la fin. Entre son système Super Hybride DM-i et son positionnement tarifaire agressif, ce SUV chinois a un objectif simple : proposer l’essentiel, sans ruiner son propriétaire.
En bref : Faut-il acheter le BYD Sealion 5 DM-i ?
- Oui si vous cherchez un SUV hybride familial spacieux et rationnel autour de 30 000 €.
- Non si vous voulez une voiture émotionnelle ou sportive.
- Après 1 200 km et 60 L consommés, il prouve qu’on peut rouler souvent en électrique tout en gardant une autonomie de grand rouleur.
💡 Verdict terrain : Ce n’est pas une voiture passion. C’est une voiture cohérente, efficiente et redoutablement logique pour une famille.

Un SUV hybride à 30 000 € qui met la pression au marché
Il faut appeler un chat un chat. Le positionnement tarifaire du BYD Sealion 5 DM-i est son arme principale. À partir d’environ 30 000 €, ce SUV hybride rechargeable vient marcher sur les plates-bandes de modèles européens bien plus chers. Et c’est précisément là que ça devient intéressant.
Aujourd’hui, pour ce budget, vous avez soit une citadine électrique bien équipée, soit un SUV thermique d’entrée de gamme. Rarement un SUV familial hybride rechargeable de 4,73 mètres, capable d’annoncer plus de 1 000 km d’autonomie combinée en cycle WLTP. Le Sealion 5 DM-i affiche clairement ses ambitions : proposer un véhicule spacieux, polyvalent et moderne sans exploser le budget.

Après 1 200 km parcourus en un week-end, je comprends mieux la stratégie. Cette voiture ne cherche pas à impressionner par son design ou à flatter l’ego. Elle vise la rationalité. Elle s’adresse à ceux qui veulent transporter leurs enfants, faire les courses, partir en vacances et surveiller leur budget carburant. Rien de plus. Mais rien de moins non plus.
Et c’est justement ce qui peut déranger. Quand un constructeur arrive avec un produit cohérent, bien équipé et agressif sur le prix, la concurrence doit réagir. On comprend pourquoi les marques européennes observent de près l’arrivée des constructeurs chinois sur ce segment.
Super Hybride DM-i : une électrique avec un plan B intelligent
Le cœur du BYD Sealion 5 DM-i, c’est sa technologie Super Hybride DM-i. Et elle mérite qu’on s’y attarde. Contrairement à un hybride classique, ici, la logique est inversée. On est d’abord dans une voiture électrique à laquelle on a ajouté un moteur thermique.
Le moteur essence 1.5 litre développe 98 ch. Le moteur électrique, lui, est plus puissant. Ensemble, ils délivrent 212 ch cumulés. Dans les faits, la majorité du temps, ce sont les roues qui sont entraînées par l’électrique. Le thermique sert principalement à recharger la batterie et à optimiser l’efficience. Mais il peut aussi participer directement à la motricité lorsque la situation l’exige. C’est ce qui différencie le système d’un simple prolongateur d’autonomie.
Sur mon week-end d’essai, j’ai rapidement compris le fonctionnement. La batterie ne descend jamais réellement à zéro. Elle se maintient autour d’un seuil de sécurité, généralement entre 15 et 25 %. Même sur autoroute, à 130 km/h, le moteur thermique ne tourne pas en permanence. Il s’active, recharge intelligemment lors des phases les plus efficientes, puis se coupe. On entend alors un léger changement de sonorité, un ronronnement plus présent lorsqu’il recharge activement.
Ce fonctionnement donne une sensation assez déroutante au début. On a parfois l’impression de rouler en électrique pur, même à vitesse stabilisée. Puis le thermique intervient sans brutalité. Le passage d’un mode à l’autre reste globalement discret. Ce n’est pas parfait, mais c’est cohérent.

La batterie de 18,3 kWh sur la version Design permet d’annoncer jusqu’à 88 km d’autonomie électrique en cycle mixte. Dans la réalité, on peut compter sur 80 à 100 km en usage doux. Pour un trajet quotidien maison-boulot, c’est largement suffisant. Le thermique ne se déclenche alors que pour maintenir le niveau de charge ou lors d’une forte sollicitation.
Ce système ne cherche pas la performance pure. Il cherche l’efficience. Et sur ce point, après 1 200 km, difficile de lui reprocher grand-chose.
1 200 km en week-end : autonomie réelle et consommation mesurée
Un chiffre résume mon essai : 1 200 km parcourus, 60 litres d’essence consommés. Je suis parti batterie pleine. Je ne l’ai rechargée qu’une seule fois, sur une prise lente chez ma grand mère. Et je n’ai jamais eu le moindre stress d’autonomie.

Si on fait le calcul, on tourne autour de 5 L/100 km en moyenne globale sur le week-end. Avec de l’autoroute, des routes secondaires et un peu de ville. Ce n’est pas un chiffre théorique. C’est du réel, compteur à l’appui.
Sur autoroute, à 130 km/h stabilisés, j’ai observé environ 9 L/100 km. Oui, c’est plus élevé. Mais il faut comprendre une chose : ce SUV n’est pas conçu pour être un avaleur d’Autobahn permanent. À vitesse élevée et constante, le thermique travaille davantage. C’est logique. En revanche, dès qu’on sort de l’autoroute, la consommation redescend nettement.
Sur départementales, j’ai vu des moyennes autour de 3,7 L/100 km. Là, le système hybride montre tout son intérêt. On roule très souvent en électrique. Le thermique intervient pour optimiser l’efficience, pas pour tracter en permanence.
Les 1 000 km d’autonomie annoncés ne sont pas une promesse marketing irréaliste. Si vous ne faites pas uniquement de l’autoroute à 130 km/h, c’est crédible. Très crédible même.
Reste la question de la recharge. Avec une puissance limitée à 3,3 kW en courant alternatif, il faut plus de six heures pour recharger complètement la batterie de 18,3 kWh. Sur le papier, ça paraît lent. En pratique, si vous rechargez la nuit à domicile, cela suffit largement pour récupérer vos 80 à 100 km électriques quotidiens.
Et c’est là que le Sealion 5 DM-i prend tout son sens. Ce n’est pas une électrique. Ce n’est pas un diesel moderne. C’est un hybride intelligent qui vous permet de rouler quasi gratuitement en semaine, puis de partir loin le week-end sans planifier vos arrêts.
Conduite et confort : une voiture facile à vivre
Dès les premiers kilomètres, j’ai été frappé par la facilité de prise en main. Le volant tombe bien sous les mains. La direction est légère. Pas sportive, mais précise et rassurante.
En sortie de péage, on retrouve le caractère électrique. L’accélération est franche, immédiate. Les 212 ch sont largement suffisants pour doubler sereinement ou s’insérer sans stress. Ce n’est pas une sportive. Mais si on appuie, ça répond. Et c’est même plutôt fun sur les premiers mètres.
Sur autoroute, le confort est au rendez-vous. À 130 km/h, l’insonorisation est bonne pour cette gamme de prix. On entend le moteur thermique lorsqu’il recharge activement ou lorsqu’on sollicite fortement l’accélérateur, notamment en montée. Ce n’est jamais envahissant, mais on sait qu’il travaille. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un 1.5 litre de 98 ch. Ce n’est pas un six cylindres.
Les sièges m’ont agréablement surpris. Après trois heures de route d’affilée, je n’avais ni mal au dos ni envie urgente de sortir m’étirer. Pour un SUV de ce prix, c’est un vrai point positif.
Ce qui ressort surtout, c’est l’absence de défaut majeur. Rien ne m’a agacé. Rien ne m’a frustré. Le Sealion 5 DM-i ne cherche pas à être spectaculaire. Il cherche à être simple, confortable et efficace.
Et sur ces points, il remplit parfaitement sa mission.
Assistance à la conduite : simple, efficace, redoutable en embouteillage
Le BYD Sealion 5 DM-i ne prétend pas être autonome. Et c’est très bien ainsi. Ici, on est sur une assistance à la conduite classique, mais bien calibrée.
Le régulateur adaptatif gère la distance, l’accélération et le freinage. Le maintien dans la voie fonctionne proprement à 130 km/h. Sur autoroute, il suffit de poser les mains légèrement sur le volant et la voiture fait le reste. Ce n’est pas le système le plus fluide que j’ai testé. On ressent parfois de petits à-coups lors des phases d’accélération ou de freinage. Mais rien de dramatique.

Là où j’ai été réellement surpris, c’est dans les embouteillages.
Sur le périphérique parisien, j’ai activé l’assistance et laissé la voiture gérer. Elle s’arrête complètement si le trafic se fige. Puis elle redémarre seule quand la voiture devant repart. Sans intervention sur l’accélérateur. J’ai traversé plusieurs kilomètres comme ça, presque détendu, sans jouer en permanence avec les pédales.
Il n’y a pas d’assistance au changement de voie. Si vous déboîtez, vous devez reprendre le contrôle complet et attendre que le système se réactive. Mais je ne lui en tiens pas rigueur. On ne parle pas d’un SUV à 60 000 €. On parle d’un modèle à 30 000 € qui fait déjà très bien l’essentiel.
C’est un système basique, mais suffisant. Et dans la vraie vie, c’est exactement ce qu’on lui demande.
Vie à bord et multimédia : pertinent, pas démonstratif
À l’intérieur, le Sealion 5 DM-i ne cherche pas à impressionner. Il cherche à être logique.
L’écran central de 12,8 pouces est fluide. La connexion Apple CarPlay se fait automatiquement et rapidement. Je n’ai pas eu à batailler avec des menus obscurs ou des bugs. Tout est accessible en quelques pressions. Ce n’est pas révolutionnaire. Mais c’est propre, clair et efficace.
J’ai apprécié la présence de boutons physiques autour du levier de vitesse. Désactiver l’Auto Hold, activer les caméras 360°, gérer la climatisation ou désembuer le pare-brise se fait en un geste. On oublie trop souvent à quel point ces commandes sont pratiques au quotidien. Ici, pas besoin de plonger dans un sous-menu pendant que le pare-brise s’embue.
Le mode karaoké, plus anecdotique, apporte une touche décalée. Typiquement chinois. Pas indispensable, mais amusant à l’arrêt.

À l’arrière, l’espace est suffisant pour des enfants ou des adultes sur des trajets modérés. Ce n’est pas le SUV le plus spacieux du marché, mais il fait le travail. Le coffre, avec ses 463 litres, répond aux besoins d’une famille classique.
Ce qui ressort, encore une fois, c’est la cohérence. Rien d’extraordinaire. Mais rien de décevant non plus.





Conclusion : une voiture rationnelle qui pourrait bien faire mal
Je vais être clair. Le BYD Sealion 5 DM-i ne m’a procuré aucune émotion particulière. Il ne m’a pas donné envie de prendre un détour pour le plaisir de conduire. Ce n’est pas une voiture passion.
Mais ce n’est pas ce qu’on lui demande.
Après 1 200 km, je retiens une chose : il fait exactement ce qu’on attend de lui. Il transporte confortablement, consomme raisonnablement, permet de rouler en électrique au quotidien, traverse la France sans stress. Et surtout, il reste financièrement accessible. Je n’ai rien à lui reprocher.
Si je devais acheter une voiture aujourd’hui, je choisirais quelque chose de plus fun. Je n’ai pas d’enfants. Je n’ai pas besoin d’un SUV familial. Mais si j’étais père de famille, avec un budget maîtrisé et le besoin d’un véhicule polyvalent, je regarderais très sérieusement ce modèle. 30 000€ un SUV, ça se discute.
Le Sealion 5 DM-i n’est pas émotionnel. Il est intelligent. Et dans un marché automobile où les prix s’envolent, cette intelligence pourrait bien suffire à convaincre beaucoup d’acheteurs.
Essai BYD Sealion 5 DM-i : simple, efficace et surtout abordable 30990€
Résumé de notre essai du BYD Sealion 5 DM-i
Le BYD Sealion 5 DM-i n’est pas un SUV passion. C’est un SUV rationnel. Après 1 200 km, il prouve qu’il sait rouler souvent en électrique, consommer raisonnablement et traverser la France sans stress. À 30 000 €, il s’impose comme une alternative crédible aux modèles européens plus chers. Si vous cherchez une voiture logique et familiale, il mérite clairement votre attention.
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Conduite & agrément - 7.5/10
7.5/10
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Consommation & autonomie - 8.5/10
8.5/10
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Technologie & hybridation DM-i - 8/10
8/10
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Vie à bord & confort - 7/10
7/10
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Rapport prix / prestations - 9/10
9/10
Globalement
Pour
- Technologie Super Hybride DM-i intelligente et efficiente
- Consommation maîtrisée hors autoroute
- Autonomie réelle crédible autour de 1 000 km
- 212 ch suffisants et réactivité électrique agréable
- Excellent rapport prix / équipement
- Assistance à la conduite efficace en embouteillage
- Boutons physiques pratiques au quotidien
Contre
- Recharge limitée à 3,3 kW
- Consommation élevée à 130 km/h stabilisés
- Pas d’assistance au changement de voie
- Image de marque encore en construction en Europe
- Peu d’émotion au volant



