Test – Console portable MSI Claw 8 EX AI+ : Intel montre les crocs

Les consoles portables se multiplient, et entre Steam Deck, ROG Ally et Legion Go, le rayon déborde de modèles sous AMD. Intel, lui, faisait plutôt de la figuration, avec des puces vite dépassées par la concurrence. Cette fois, le fondeur revient avec les crocs. La MSI Claw 8 EX AI+ embarque sa nouvelle puce Intel Arc G3 Extreme, une plateforme entièrement pensée pour le jeu nomade. J’avais déjà pris la bête en main à Cologne, lors des IEM avec Intel. Restait à la vivre au quotidien, dans le train comme dans le canapé. Alors, Intel tient-il enfin son rang face à AMD ?
Notre avis en bref sur la MSI Claw 8 EX AI+
La MSI Claw 8 EX AI+ est une excellente console portable. La prise en main est un régal : grande, mais jamais lourde. Les performances impressionnent, et la puce Intel Arc G3 Extreme fait vraiment le travail. L’autonomie tient des heures, même sur de longs trajets. L’écran 120 Hz se montre agréable et bien calibré, et le build MSI passe clairement devant celui de la Predator. Restent l’interface, encore brouillonne, et une dalle un peu trop brillante. À 1 599,99 €, le ticket pique, mais la copie reste très solide. Je lui mets un joli 8,5/10.
- Processeur Intel Arc G3 Extreme pour des performances améliorées de 50 % par rapport aux processeurs Lunar Lak, pour un jeu plus fluide tout en maintenant une excellente efficacité énergétique.
- Technologie de refroidissement CoolerBoost HyperFlowavec 2 ventilateurs et 2 caloducs pour garder la console et vos mains à bonne température même en utilisation intense.
Prise en main : grande, mais jamais lourde
La première bonne surprise se joue dans les mains. On tient un grand huit pouces, et pourtant le poids reste étonnamment contenu. À 786 grammes, la console se pose partout sans jamais peser. Je l’ai utilisée dans le lit, dans le canapé, puis assis dans le train. À chaque fois, elle se tient sans le moindre effort. Les poignées tombent bien sous les doigts, et le grip texturé accroche juste ce qu’il faut, même quand la partie s’emballe. On oublie vite qu’on serre un PC complet entre ses mains.

Le contraste avec d’autres modèles saute aux yeux. J’ai déjà testé des Lenovo Legion Go bien trop lourdes pour jouer au lit. Au bout de dix minutes, les poignets commençaient déjà à tirer. Ici, rien de tel : le format reste raisonnable, l’équilibre est bon, et la Claw ne fatigue pas sur la durée. On enchaîne alors les parties sans se contorsionner. Pour une machine de ce gabarit, c’est déjà une vraie réussite.
Design et finition : le build MSI prend l’avantage
MSI soigne vraiment sa copie côté fabrication. Face à l’Acer Predator, sortie sur la même puce Intel, la Claw affiche un assemblage plus soigné et plus rassurant. Je l’avais déjà relevé à Cologne, et ça se confirme jour après jour à l’usage. Les matériaux inspirent confiance, les ajustements sont nets. Les joysticks passent à l’effet Hall, sans contact physique, si bien qu’ils ne devraient pas dériver avec le temps. Les boutons façon manette Xbox répondent au quart de tour, et la croix directionnelle reste précise.



Un détail me chiffonne quand même. La console n’existe pour l’instant qu’en violet, un parti pris franchement assumé. Le rendu est beau, mais tout le monde n’accrochera pas forcément à cette teinte. Mon exemplaire est un modèle d’ingénierie, marqué « engineering sample » au dos, donc la version commerciale peut encore bouger. Le dos, lui, respire le gaming avec son grand dragon MSI. Les larges grilles d’aération annoncent d’emblée la couleur côté refroidissement.
La connectique va à l’essentiel, mais elle reste bien pensée. On trouve deux ports USB-C, tous les deux compatibles Thunderbolt 4, de quoi brancher un écran, un dock ou un chargeur costaud. La prise casque 3,5 mm reste de la partie, un vrai plus en déplacement. Un lecteur microSD Express complète le tableau, bien pratique pour étendre le stockage. On ne se sent jamais à l’étroit au moment de tout relier.


Le sans-fil suit la même logique moderne. La Claw embarque le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6, ce qui fait filer les téléchargements Game Pass sur une bonne connexion. On appaire une manette ou un casque sans latence gênante. Pour une console nomade, ce trousseau couvre tous les usages courants. Difficile de lui reprocher quoi que ce soit sur ce terrain.
L’écran : grand, bien calibré, un peu miroir
L’écran est un vrai point fort au quotidien. C’est une dalle IPS de huit pouces, en 1920 x 1200 et au format 16:10. Elle grimpe à 120 Hz et profite de l’Adaptive Sync, qui lisse l’image dès que le framerate se met à bouger. La calibration est soignée, les couleurs tombent juste. La luminosité de 500 nits suffit largement en intérieur. Sur Enter the Gungeon, la fluidité saute aux yeux et chaque image paraît nette.

Un défaut vient toutefois gâcher la fête. La surface est brillante, franchement même. Dès qu’un rayon de soleil pointe, on se voit aussitôt en reflet dans la dalle. En extérieur, dans le train près de la vitre, ça devient vite agaçant, surtout quand le soleil tape fort. Je me demande même ce que ça donnerait en avion, hublot ouvert. Une finition mate aurait tout changé, mais dehors, il faut composer avec ces reflets.
Performances : l’Intel Arc G3 Extreme tient ses promesses
Voilà le cœur du sujet, et la bonne nouvelle tombe vite. Je n’ai pas sorti les benchmarks, ce genre d’exercice m’ennuie profondément sur ce format. J’ai préféré juger au ressenti, manette en main. Enter the Gungeon tourne à plus de 120 images par seconde, sans le moindre accroc. Hogwarts Legacy passe très bien lui aussi, y compris en pleine partie lancée sur un TGV, sans ralentir. J’ai même lancé Pragmata, un gros jeu récent et exigeant, et là encore, ça tourne proprement sans la moindre mauvaise surprise.


Attention toutefois à ne pas rêver non plus. Ce n’est pas un PC de course qui crache du 4K à 100 images par seconde. La console ne l’affiche pas, et ce n’est de toute façon pas son but. Sur les jeux les plus lourds, on vise plutôt un bon 30 à 60 images par seconde, ce qui suffit largement. On ajuste alors la qualité dans le jeu, ou la puissance côté console. Un mode Endurance ménage la batterie, tandis qu’un mode manuel règle le wattage au watt près. Mon frère, lui, s’est éclaté sur The Binding of Isaac : petit jeu, mais grand plaisir nomade.
Autonomie : des heures de rail sans trembler
L’autonomie m’a tout simplement bluffé. La batterie de 80 Wh voit venir les longs trajets sans jamais stresser. Je suis descendu à Montpellier pour voir L’Odyssée en IMAX, et j’ai joué presque tout le trajet sans surveiller la jauge. À l’arrivée, il me restait encore de la marge, et sur un petit jeu comme Enter the Gungeon, elle tient un temps fou. Pour une portable de cette puissance, c’est loin d’être évident.

Bien sûr, tout dépend de ce qu’on lance à l’écran. Un gros titre en pleine puissance vide la batterie bien plus vite. C’est la règle sur toutes les consoles de ce genre. Mais le mode Endurance change vraiment la donne, en échangeant un peu de fluidité contre des heures de jeu en plus. Sur mon aller-retour Paris-Poitiers, Hogwarts Legacy a tenu sans le moindre souci. Cette souplesse fait toute la différence en déplacement.
L’interface, le vrai point faible
Voilà ce qui coince encore, et ça compte vraiment. La console reprend l’interface Xbox, désormais ouverte au-delà des seules machines Microsoft. Par-dessus, MSI ajoute sa propre surcouche, le MSI Center M, ce qui crée un deuxième point d’entrée un peu confus. Et parfois, il faut encore filer dans les réglages Windows pour ouvrir l’app Intel. Trois endroits pour piloter une seule machine, ça fait clairement beaucoup. Je m’y suis emmêlé les pinceaux deux ou trois fois.


Le pire, c’est quand un jeu refuse de se lancer comme prévu. Un jour, la console avait basculé toute seule en mode bureau, si bien que les joysticks servaient de curseur de souris. J’ai dû forcer le mode console pour retrouver mes réflexes de joueur. Autre exemple : The Binding of Isaac réclamait les Steam Input, pas les entrées Xbox. Une fois réglé, plus aucun souci, mais il faut le savoir. Ces petits couacs peuvent clairement rebuter certains joueurs. Bonne nouvelle : tout se corrige par mise à jour, contrairement au matériel. MSI travaille d’ailleurs déjà à tout remonter dans une seule interface.
Conclusion : que vaut la MSI Claw 8 EX AI+ ?
La MSI Claw 8 EX AI+ marque un vrai tournant pour Intel. Le fondeur signe enfin une puce taillée pour le jeu nomade. Les performances suivent, l’autonomie impressionne, et la prise en main reste un plaisir constant, même sur un long trajet. Le build dépasse celui de la Predator, son unique rivale sous Arc G3. Pour jouer partout, dans le train comme dans le canapé, elle fait le job sans broncher.
Restent deux bémols à garder en tête avant l’achat. L’interface demande encore du rodage, et la dalle brille beaucoup trop en extérieur. À 1 599,99 €, la note grimpe vite, comme souvent sur ce segment, et on vise donc le joueur nomade exigeant. Prêt à mettre le prix, il trouvera une console qui coche presque toutes les cases. Et le logiciel, lui, ne fera que s’améliorer avec le temps.
- Processeur Intel Arc G3 Extreme pour des performances améliorées de 50 % par rapport aux processeurs Lunar Lak, pour un jeu plus fluide tout en maintenant une excellente efficacité énergétique.
- Technologie de refroidissement CoolerBoost HyperFlowavec 2 ventilateurs et 2 caloducs pour garder la console et vos mains à bonne température même en utilisation intense.
Test de la MSI Claw 8 EX AI+ 1 599,99 €
L'avis de la rédaction
La MSI Claw 8 EX AI+ prouve qu’Intel a repris pied dans le jeu nomade. Sa puce Arc G3 Extreme envoie du lourd, l’autonomie tient les longs trajets et la prise en main est superbe. Le build dépasse celui de la Predator, sa seule vraie rivale du moment. Restent une interface encore brouillonne et une dalle trop brillante dès qu’on sort dehors. À 1 599,99 €, elle vise le joueur nomade exigeant, mais elle le régale vraiment.
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Design et prise en main - 9/10
9/10
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Performances - 9/10
9/10
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Autonomie - 8.5/10
8.5/10
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Écran - 7.5/10
7.5/10
Globalement
Pour
- Prise en main grande et légère
- Performances Intel Arc G3 solides
- Autonomie de plusieurs heures
- Écran 120 Hz bien calibré
- Build supérieur à la Predator
Contre
- Interface encore brouillonne
- Dalle brillante, reflets dehors
- Tarif élevé (1 600 €)
- Coloris violet uniquement


