FIX 2026 ouvre à Daegu : un taxi volant, un robot pompier et une ville qui se cherche un avenir

Le 21 octobre au matin, la salle de l’EXCO de Daegu était pleine. Je suis resté debout, loin derrière, à suivre le maire sur les écrans géants. Une centaine d’invités s’étaient déplacés pour l’ouverture du Future Innovation Tech Expo, le FIX 2026, dans cette ville du sud de la Corée du Sud.
Le salon en est à sa troisième édition et il grossit vite. Ils sont 588 exposants cette année, contre 500 l’an dernier, une édition que nous avions déjà couverte sur place. La part d’entreprises internationales passe de 17 à 28 %.
Le thème de l’année tient en une phrase. L’IA, au-delà de la technologie, dans le quotidien. Autrement dit, moins de promesses et plus de machines censées fonctionner devant vous. Restait à voir ce que Daegu allait montrer en premier.
Ce que FIX 2026 montre en premier : un taxi volant, puis un robot pompier
Après la cérémonie, la ville a emmené ses invités faire le tour des stands. Le parcours était arrêté à l’avance, et son ordre en dit long.

Première étape, le pavillon consacré à la mobilité aérienne urbaine, avec la cellule du Volocopter allemand. J’y suis repassé deux jours plus tard. L’appareil est plus petit qu’on ne l’imagine, et on y monte comme dans une voiture un peu haute.
Deuxième étape, le groupe Hyundai, avec sa technologie de conduite autonome ATRIA AI et le robot pompier sans pilote de Hyundai Rotem, sa branche défense. L’engin est rouge, massif, monté sur de grosses roues. Personne ne le prend pour une maquette.

Troisième étape, NT1, le partenaire coréen du chinois Neolix, et son RoboVan de livraison autonome. Viennent ensuite les robots bi-bras de HD Hyundai Robotics, puis le Scan&Go de Doosan Robotics, distingué par un Best of Innovation Award au CES 2026. Le parcours se termine chez MegazoneCloud, présenté comme le premier gestionnaire de services cloud d’Asie.
Mobilité aérienne, sécurité civile, livraison autonome, robotique industrielle, cloud. Daegu a fait défiler sa feuille de route dans l’ordre, et la robotique occupe trois arrêts sur six.
Qui s’est déplacé pour l’ouverture de FIX 2026
Une liste d’invités se lit comme un thermomètre. Celle du 21 octobre vaut le détour.

Le maire Choo Kyung-ho ouvrait la séance. Également présent, Ha Jung-woo, vice-président du comité national de stratégie sur l’intelligence artificielle. La présence de l’échelon national dans un salon régional n’a rien d’automatique.
Le reste de la liste était industriel. Cho Seok, vice-président de HD Hyundai, et Kim Wan-soo, PDG de HD Hyundai Robotics, avaient fait le déplacement. Même chose pour Kwon Young-min, PDG de Doosan Robotics, et Lee Hang-soo, vice-président de Hyundai Motor Group. Brian McMurray, président de GM Technical Center Korea, complétait le tableau.
Deux patrons de la robotique coréenne dans la même salle, ce n’est pas un détail. Leurs deux entreprises exposent à FIX pour la première fois cette année. Elles n’ont pas envoyé qu’un stand, elles ont envoyé leur dirigeant.
Le monde académique était représenté par Cho Kyu-jin, professeur à l’université nationale de Séoul, qui ouvrait les conférences l’après-midi. L’éducation l’était aussi, avec la rectrice de l’académie de Daegu. Pour un salon né en 2024, le plateau est inhabituel.
« Physical AI », l’expression qui revient partout
L’après-midi, place aux conférences. Elles courent sur trois jours et réunissent 60 intervenants venus de 17 pays.
La première revient à Cho Kyu-jin, de l’université nationale de Séoul, un nom qui compte en robotique. Son sujet, « l’ère des grandes découvertes pour les robots de la Physical AI », donne le ton de l’édition. L’expression désigne une IA qui agit sur le monde physique, et pas seulement sur du texte.
Suivaient Brian McMurray, président de GM Technical Center Korea, puis Xiaoxiao Li, professeure au Vector Institute et spécialiste de l’IA multimodale. Francesco Ferro, patron de l’espagnol PAL Robotics, fermait la série.
Un choix de programmation mérite d’être signalé. Le volet jeunesse est confié à Kim Jae-hyeok, professeur associé au DGIST et créateur de la chaîne YouTube UnrealScience. Faire monter un vulgarisateur sur scène à côté de patrons de la robotique, peu de salons européens y pensent.
Ce que FIX 2026 propose aux visiteurs
Le salon n’est pas réservé aux acheteurs. On peut embarquer dans le Volocopter, piloter un drone, ou passer par la KT AI Station et son studio d’IA générative. Des essais de véhicules électriques sont aussi proposés.

Le robot à glaces m’a arrêté plus longtemps que prévu. Il tourne sous la marque Young Hyun Robotics, et le stand affiche un partenariat avec les Hyundai Premium Outlets. Ce n’est donc pas une démo de salon, c’est une machine qui travaille déjà quelque part.
La ville pousse aussi trois usages moins spectaculaires. Une supérette robotisée sans personnel, une plateforme IA de traitement des odeurs, une navigation robotisée pour la chirurgie des fractures. C’est là que se joue vraiment la promesse d’une IA du quotidien.
Une vitrine, et surtout un outil d’export
Le vice-maire Kim Jung-ki a donné le chiffre qui résume l’enjeu. Les rendez-vous d’affaires de l’édition précédente ont représenté plus de 2,1 milliards de dollars de négociations à l’export, des discussions engagées et pas des contrats signés.

C’est la vraie fonction de FIX 2026, une rampe de lancement vers l’étranger pour les entreprises coréennes. Restait à vérifier, pendant quatre jours, lesquelles de ces machines tiennent debout une fois sorties de leur stand.
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