[Actu] Des avions sans pilotes, c’est pour bientôt ?

Depuis l’affaire Germanwings, il est clair que le débat va bon train à propos de l’amélioration de la visibilité des tableaux de bords pour les membres d’équipage ainsi que le moyen de s’assurer qu’aucune personne ne quitte le cockpit. Mais parmi les experts en aviation, la discussion a pris un tout autre tournant : Combien de pilotes sont vraiment nécessaires à bord d’un avion ?

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Deux ? Trois ? Ou plus encore ? Ou moins justement ? Les avancées dans la technologie sensorielle, l’informatique et l’intelligence artificielle font que les pilotes (humains) deviennent moins utiles qu’auparavant dans les cockpit. A l’heure actuelle, les agences gouvernementales américaines expérimentent le remplacement du co-pilote, voir même du pilote dans certains avions-cargo par des robots ou des opérateurs isolés.

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En 2014, les compagnies aériennes ont transportées plus de 838.4 millions de passagers sur plus de 8.5 millions de vols. L’aviation est déjà lourdement automatisée. En général, les avions volent grâce à un ordinateur utilisant l’auto-pilotage qui trace son chemin en usant des capteurs de position et des estimations, corrigés si c’est nécessaire par un GPS. Des systèmes de logistiques ont déjà été utilisé pour faire atterrir des avions.

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Dans une récente enquête (sur des pilotes américains), ceux opérant sur des Boeing 777 avouent ne passer que sept minutes à conduire manuellement l’avion. Ceux étant aux commandes d’un Airbus en font la moitié. Et les avions deviennent de plus en plus intelligent : » Un avion de ligne Airbus en sait assez pour ne pas foncer droit dans une montagne » dit David Mindell, professeur d’aéronautique et d’astronautique à l’institut technologique du Massachusetts. « Il y a une alarme qui avertit le pilote mais ce dernier ne prend pas les commandes ». Cependant un tel système devrait prendre le contrôle de l’appareil (je m’explique, si le pilote se dirige droit vers des montagnes, ce n’est pas une alarme qui va lui permettre de se rendre compte de ce qu’il fait).

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Le Pentagone a déjà déployé des logiciels de pilotage automatique dans des F-16 (des avions de combat). L’un de ces logiciels (le système d’esquive automatique de collision au sol) a déjà sauvé un pilote et son avion durant une mission contre les forces de l’État Islamique. Le Pentagone à lourdement investi dans le domaine de la robotique aérienne, preuve à l’appui, en 2013 il y avait plus de 11000 drone dans l’arsenal militaire américain. Cependant ces drones sont presque toujours pilotés à distance. En effet plus de 150 personnes sont impliquées dans les missions effectuées par les drones. Cet été, l’agence de recherche de projet sur l’avancée de la défense (Defense Advanced Research Projects Agency) une organisation du Pentagone fera un pas de plus dans l’automatisation des avions avec l’Alias (Aircrew Labor In-Cockpit Automation System, pour les francophones le système automatique d’équipage travaillant dans le cockpit … oui ça ne veut rien dire mais je ne pense pas que les Américains se sont vraiment souciés d’une possible traduction). Dans l’année, l’agence va commencer à tester des robots qui peuvent rapidement être opérationnel au poste de co-pilote. Ces petits robots seront capable de parler, d’écouter, de lire les instruments de mesure et d’utiliser les commandes (donc de piloter). Si vous vous demandez ce que cela va donner, imaginez un R2D2 avec les compétences d’un pilote humain (et même celui de passer en mode pilotage automatique … oui on construit des robots qui ne foutent rien … merveilleuse époque non ?) Mais sinon, ils seront capable de faire décoller et atterrir l’avion ainsi que de prendre les choses en mains lors des situations d’urgences.
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Nombreuses sont les compagnies et universités travaillant avec Darpa (l’anagramme de la Defense Advanced Research Projects Agency) pour développer ce robot. Les plans pour ce robot font qu’il doit être « visuellement attentif » dans le cockpit pour pouvoir contrôler l’avion en utilisant les commandes conçues pour des mains humaines. Donc le robot devra être adapté à la tâche pour les boutons, leviers, pédales et autres commandes ! Dans l’idéal, ce robot comptera sur la reconnaissance vocale et une voie artificielle (à la manière de S Voice ou Siri) pour communiquer avec le pilote et les contrôleurs de vol.

Automatiser ce job de co-pilote pourrait permettre d’économiser beaucoup d’argent, seulement voila, est ce que les passagers prendront l’avion si ce dernier est conduit par un robot ? Ou encore s’il est piloté à distance par un homme situé à des milliers de kilomètres du cockpit ?

Dans une déclaration soumise au Sénat (américain) le mois dernier, l’association des pilotes de ligne avertit les représentants « C’est capital de souligner que la technologie ne mène pas à une complète sécurité des avions et des opérations » elle défend ensuite le seul talent qu’un pilote humain possède (et que ne peut avoir une machine) « Un pilote de bord peut voir, ressentir, sentir ou entendre plusieurs indications provenant d’un problème imminent et commencer à effectuer les démarches adéquates avant même que le plus sophistiqué des capteurs ne donne des signes du problème ».

« Si vous mettez plus de technologie dans le cockpit, vous avez plus de technologie qui peuvent tomber en panne » dit Amy Pritchett, un professeur d’aérospatial dans l’institut de technologie en Géorgie.

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20 ans, féru de jeux-vidéos ainsi que de la pop culture japonaise

One Comment

  1. Nic727 Reply

    Mdr… Qu’est-ce qui arrive si quelqu’un pirate le robot?

    J’aime bien l’image avec les smileys 🙂

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