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Avec RTX Spark, Asus veut faire tourner l’IA à la maison sans passer par le cloud

À l’IFA 2026, Asus a consacré l’essentiel de sa conférence créateurs à un seul sujet : l’intelligence artificielle qui tourne en local, sur sa propre machine, sans dépendre d’un abonnement cloud. Le constructeur s’appuie pour cela sur une nouvelle plateforme signée NVIDIA, baptisée RTX Spark, qu’il décline à la fois en mini-PC, en station pour développeurs et en ordinateurs portables ProArt.

L’objectif est assez clair : faire de l’IA générative une brique du quotidien créatif, tout en gardant ses fichiers et son contexte chez soi. Un discours à la fois technique et stratégique, qui vise autant les professionnels de la création que les développeurs d’agents. Voici ce qu’Asus a présenté.

RTX Spark, le cœur du dispositif

Premièrement, derrière le nom RTX Spark se cache la puce NVIDIA GB10, qui associe un processeur Grace et un GPU Blackwell sur une même base. Asus annonce jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, une puissance de 1 PetaFLOP en FP4 et la capacité à faire tourner en local des modèles de langage allant jusqu’à 120 milliards de paramètres. Sur le papier, de quoi générer de la vidéo en 4K, éditer des flux très lourds ou manipuler de gros modèles 3D directement sur la machine.

Puce NVIDIA GB10 RTX Spark du ProArt GR1X
La superpuce NVIDIA GB10 au coeur de la plateforme RTX Spark.

Ainsi, l’argument massue reste la localité. Pas de limite d’usage imposée par un service en ligne, pas de facture qui grimpe avec les requêtes, et surtout des données qui ne quittent pas l’ordinateur. Asus insiste : pour qu’un agent gère votre agenda ou vos e-mails, il lui faut votre contexte personnel, et ce contexte a tout intérêt à rester en local. La plateforme et ses logiciels sont annoncés prêts dès le 1er octobre.

ProArt GR1X : le mini-PC IA sous Windows

Premier produit de la gamme, le ProArt GR1X tient dans à peu près un litre. C’est un mini-PC sous Windows 11, pensé pour faire tourner un agent IA en continu. Ainsi, son slogan résume l’intention : votre agent est toujours là. Asus le décrit comme capable de fonctionner à pleine puissance, 140 W, jour et nuit, même par 35 °C ambiants.

Mini-PC Asus ProArt GR1X sous Windows
Le ProArt GR1X, mini-PC IA d’environ un litre sous Windows 11.

Par ailleurs, pour tenir ce régime, la marque affirme avoir repensé le châssis et le refroidissement de zéro, avec un flux d’air qui ne vient plus seulement du dessous mais aussi de l’arrière et de l’avant. Résultat annoncé : un fonctionnement à 31-32 dB, assez discret pour laisser la machine tourner dans une chambre. Deux coloris étaient présentés, un noir mat et un jaune très clair.

Ascent GX10 : la version Linux pour les développeurs

Aussi, à côté du GR1X, Asus maintient au catalogue l’Ascent GX10, une machine à la vocation différente. Là où le GR1X vise Windows et les usages grand public, le GX10 tourne sous Ubuntu et s’adresse aux développeurs. Il peut être associé à plusieurs unités, jusqu’à quatre, pour former une station ou un petit serveur de calcul.

Asus a tenu à couper court à une confusion fréquente : GR1X et GX10 ne sont pas le même appareil avec deux systèmes. Le constructeur assure avoir redessiné le châssis, la carte mère et tout le système de refroidissement du GR1X. Deux produits distincts, donc, pour deux publics.

ProArt P16 et P14 : l’IA locale en portable

Pour ceux qui veulent emporter cette puissance, Asus a présenté deux ordinateurs portables créateurs, les ProArt P16 et P14, eux aussi équipés de RTX Spark. Le P16 devient, selon la marque, le ProArt 16 pouces le plus fin jamais produit, à 12,9 mm pour 1,77 kg. Il embarque une dalle Asus Lumina Pro OLED 4K, jusqu’à 1600 nits, calibrée sous le seuil du Delta E inférieur à 1, avec un rafraîchissement variable à 120 Hz et un traitement anti-reflet.

Ordinateur portable createur Asus ProArt P16 H7607
Le ProArt P16, portable createur le plus fin jamais fait par la marque.

Le P14 reprend la même recette dans un format plus compact, avec une dalle 3K tactile et un poids ramené à 1,48 kg. Les deux misent sur une connectique complète et un double emplacement SSD au format PCIe Gen 5, un détail qui compte pour les créateurs manipulant de gros fichiers. On complétera volontiers l’ensemble avec l’écran ProArt Display 6K PA32QCV présenté sur le stand.

Des logiciels pour exploiter la puce

Le matériel ne servirait à rien sans les outils qui vont avec. Asus a donc mis en avant sa suite maison. MuseTree génère images et vidéos en local, et passe au modèle Flux 2.0 pour l’image et WAN 2.2 pour la vidéo, le tout sans surcoût. StoryCube indexe et retrouve les fichiers, tandis que le Creator Hub sert de tableau de bord. Un mode Zeny Cloud permet de répartir les tâches entre la machine et le cloud selon les besoins.

Demonstration de generation d'images en local sur un ProArt
Demo de generation d’images en local (ComfyUI) sur une machine ProArt RTX Spark.

La marque a aussi listé quelques bundles : Adobe Creative Cloud pendant 90 jours, désormais accompagné de Substance 3D, ainsi que Google AI Pro pour trois mois avec 5 To de stockage. De quoi démarrer sans avoir à tout acheter le premier jour.

Le pari de l’agent

Au-delà des fiches techniques, Asus a livré une vision. Demain, selon le constructeur, on ne cliquera plus dans les menus : on dira à un agent ce qu’on veut, et il pilotera les applications à notre place. La marque a pris soin de désamorcer l’inquiétude, en promettant des garde-fous configurables et un contrôle manuel toujours accessible. On peut même cloisonner plusieurs agents pour qu’ils ne partagent pas tout entre eux.

Le propos rejoint celui de NVIDIA, cité à plusieurs reprises. C’est une lecture cohérente de l’époque, et elle a le mérite d’être assumée. Reste qu’entre la démonstration bien huilée d’un salon et l’usage réel au quotidien, il y a souvent un monde.

Ce qu’il faut retenir

Asus aligne une gamme complète autour de l’IA locale, du mini-PC accessible à la station pour développeurs, en passant par deux portables créateurs. Le pari est clair : convaincre que l’IA générative a plus d’intérêt sur sa propre machine que dans le cloud.

ProduitTypePoints clés
ProArt GR1XMini-PC WindowsRTX Spark, 140 W en continu, ~1 litre, 31-32 dB
Ascent GX10Station LinuxUbuntu, associable jusqu’à x4, pour développeurs
ProArt P16Portable 16″12,9 mm / 1,77 kg, OLED 4K 1600 nits, double SSD Gen 5
ProArt P14Portable 14″3K tactile, 1,48 kg

Reste maintenant à voir les prix et les disponibilités françaises, absents des annonces, et surtout si cette IA locale tiendra ses promesses hors du cadre très maîtrisé d’une démo de salon.

Photo de Maximilien

Maximilien

Passionné de nouvelles technologies, du côté développement informatique comme du côté grand-public, je suis rédacteur pour partager des connaissances à travers des tests et autres articles !

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