Batman V Superman : l’aube de la Justice – l’offensive DC

Cela fait déjà plusieurs années maintenant que les super-héros de chez Marvel dominent Hollywood, volant carrément la vedette à leurs rivaux de chez DC Comics. Il faut dire que la compagnie Warner, détenant les droits de ces derniers, n’a jamais vraiment compté sur eux pour assurer son box-office. Alors certes on garde en tête l’excellente trilogie Dark Knight de Christopher Nolan qui rendait hommage au chevalier noir Batman. On se souvient également de l’échec de Green Lantern, mais aussi des succès en demi teinte des pourtant très bon Watchmen et Man of Steel réalisés par Zack Snyder. Mais si Marvel a dévoilé ses cartouches jusqu’en 2020, Warner et DC Comics se sont enfin décidés à proposer leur propre line-up, incluant bien évidemment la célèbre Ligue des Justiciers. Batman V Superman a donc deux tâches : celle de proposer une suite plus ambitieuse à Man of Steel, mais aussi celle d’offrir aux fans un premier aperçu de ce à quoi ressemblera la Justice League. Alors pari réussi?

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Zack Snyder en est donc à sa troisième exploration de l’univers DC Comics, et pas des moindres puisque cette fois-ci il s’agit de faire intervenir deux des plus grandes icônes de l’univers des comics. Nous avons pu découvrir durant la communication du film deux autres super-héros présents : Wonder Woman, incarnée par Gal Gadot, et Aquaman, incarné par Jason Momoa (Khal Drogo pour les intimes). La première s’affiche avec beaucoup de prestance à travers une scène d’action très intense et on a clairement hâte de la revoir l’année prochaine dans son film solo. Le second en revanche se contente d’un simple caméo. D’autres super-héros font leur apparition, mais ce sera à vous de les découvrir. Il est d’ailleurs judicieux pour Snyder de ne pas leur avoir apporté davantage de visibilité dans le film, les stars sont ici Batman et Superman, Justice League attendra…

On passera rapidement sur l’aspect visuel puisque c’est pratiquement un sans-faute. Les scènes d’action sont accompagnées d’effets à la fois sombres et flamboyants dont seul Zack Snyder a le secret. Des ralentis, des poses iconiques, sans que ce ne soit jamais baveux et pompeux. Là-dessus l’Aube de la Justice se dévore des yeux, et le tout est sublimé par la bande son d’Hans Zimmer, toujours au top.

Comme à son habitude, en plus des ses talents indiscutables en matière d’effets spéciaux, le réalisateur de Man of Steel et de Watchmen sait mettre en avant la source d’un conflit avant de se lancer dans les déflagrations. Ici, ce sont les conséquences du combat entre Superman et le général Zod. Des gens sont morts à Métropolis, et personne ne sait réellement quelles sont les intentions du super-héros kryptonien. Bruce Wayne lui-même doute, et de ses doutes naît la peur d’un être trop puissant s’il venait à se retourner contre l’humanité. Ce sont d’ailleurs les rêves que fait Batman plusieurs fois dans le film qui lui mettent à la puce à l’oreille. Les concernant il y a de quoi être partagé, tantôt ça apporte de la profondeur au héros de Gotham City, mais ça a aussi parfois un côté poussif qui peut agacer le spectateur. Leur mise en scène est en tout cas suffisamment travaillée pour qu’on adhère un minimum. Notons que malgré les craintes que bon nombre de fans émettaient à l’annonce du projet, Ben Affleck s’en sort finalement plutôt bien dans le rôle du chevalier noir.

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Quand on réalise un film sur deux super-héros très imposants, il faut forcément à un moment donné que l’un prenne le pas sur l’autre. On aurait tendance à dire ici qu’il s’agit de Batman, mais Zack Snyder a su trouver un certain équilibre puisque Superman a aussi droit à des scènes plus intimes. Ce dernier est traité de manière assez particulière, son apparition relevant du quasi biblique, le film n’hésite d’ailleurs pas à faire le rapprochement avec un affrontement entre l’homme et Dieu. C’est assez cohérent puisque Snyder met en évidence l’apparition d’un être surhumain dans un monde qui n’est pas habitué à voir de telles choses. C’est d’autant plus accentué par les traits d’un Batman plus très jeune, et qui a déjà passé plus d’une vingtaine d’années à combattre le crime. C’est finalement comme si Bruce Wayne, mais aussi l’humanité, pensait avoir tout vu. Le chevalier noir a perdu beaucoup de ses illusions et est finalement plus sombre et plus brutal qu’il ne pouvait l’être dans la trilogie de Christopher Nolan.

A la manière de Marvel, l’objectif clairement assumé ici est de créer un univers étendu. Quand on connait les comics DC on sait qu’ils regorgent de personnages marquants et charismatiques, qui ne demandent qu’à apparaître sur grand écran. Lex Luthor, incarné par l’excellent Jesse Eisenberg, apparaît une nouvelle fois à l’écran pour une interprétation que chacun jugera à sa manière. Froid et calculateur, là on le reconnait bien, mais aussi clairement sociopathe, parfois trop, à la limite du délire propre au Joker. Dommage que Snyder ait un peu trop insisté sur ce dernier aspect. Jeremy Irons enfin incarne un Alfred convaincant mais au physique plus proche d’un certain commissaire Gordon, mais pas de quoi hurler à l’erreur de casting non plus.

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