[Chronique de Squill] Lethal League (ou le smash bros cocaïné)

Éditeur et développeur : Team Reptile
Sortie : 27 août 2014

Plusieurs axes s’offrent à moi pour ce premier article : le choix classique d’un test avec tout un tas d’objectivité ou un essai métaphysique sur le “qu’est ce qu’un bon jeu de combat”ou encore ma quête personnelle dans le jeu vidéo. Vu que je me sens d’humeur chevaleresque, nous allons partir sur ma quête personnelle. Je pense qu’il me faut replacer avant tout Lethal League dans un contexte qui m’est propre avant d’enchaîner sur le jeu en soi. Bien évidemment, un joueur possède ses goûts et ses couleurs et un jeu s’intègre dans une continuité des œuvres jusqu’ici appréciées ou non. En terme de possessions matérielles, je dois avoir du Dead or Alive 5 qui traîne avec Naruto Ultimate Ninja Storm 2 et c’est tout. Ici, ça sent le fun immédiat, et non le besoin d’un
investissement personnel long et quotidien. Pour les jeux de combat, je n’aime pas devoir passer un temps faramineux avant d’enfin maîtriser la bête (voir un seul de ses personnages). Je me penche vers un coté moins frustrant et plus convivial, plus amical, où n’importe quel pote pourra manier la chose aussi bien que moi voir mieux en une soirée. J’ai quand même mis mes pattes sur du BlazBlue, du Street Figther mais ils me procurent une trop grande frustration parce que je ne ressens de bout en bout que mon incompétence. Et si tes potes sont un poil énervé aussi, ils insultent ton jeu, pètent ta manette et t’engueulent.

Super Smash Bros est un cas un peu particulier. Le jeu à 4 combattants, ça le connait. Mais personnellement j’ai trouvé, le dernier sur Wii U, mou et finalement, assez dépassé. Ça sent la tradition, comme tout ce qui sort de chez Nintendo. Ce coté sans risque, même pas un orteil dans l’eau froide, j’apprécie pas. Ça ne met pas la fierté de créateur sur la table, ça ne te dit pas “Aime ou n’aime pas, je m’en balance”. SSB Wii U a été standardisé. Lethal League, non.

Je me suis procuré Lethal League il y a quelque mois, je commençais alors ma passion pour Counter Strike et le Kaldin de ce site m’avait présenté quelques uns de ses potes de jeux. De discussions en discussions, le quota sympathie montant et CS ne pouvant durer toute une journée, il a fallu trouver d’autres genres de confrontations. Et c’est là que Lethal League arrive, si vous avez bien suivi. Après s’être usé les cordes vocales, les doigts et les yeux à fusiller du bonhomme avec la plus grandes concentration, il est bon d’enchainer sur du combat en 2D funky et sans frustration, où l’erreur est humaine et personnelle. C’est la décontraction du slip, proche du craquage à force de jour à CS.
Bref, Lethal League, c’est un casting de 6 personnages à fortes personnalités et à compétences diverses qui frappent dans une balle de baseball (“anti gravity ball”, elle ne répond pas aux forces communes de la gravité, ça serait comme se bouffer une botte d’un mec de BulletStorm) pour qu’elle atteigne des vitesses faramineuses et explosent les autres joueurs. Ici, on ne se frappe pas, on frappe la balle pour qu’elle frappe l’autre. Le background ne nous est pas offert, et donc laisse libre cours à l’imagination. Il semble que l’ensemble a une histoire à raconter, mais les relations entre personnages n’existent pas, en soit, on s’en contentera. C’est quand même un peu frustrant qu’un travail soit effectué avec minutie, des petits détails apportés et la possibilité de les comprendre n’est pas vraiment offerte. De plus, le jeu est recouvert d’une petite touche comics délirante, accompagnant le ton décalé. Pas d’histoire, uniquement de l’ambiance.

Tout est cohérent et ça fait du bien. Les arènes sont associées à l’univers des personnages ainsi que les musiques, de la techno particulièrement attrayante. Tout ce beau monde se chamaille sur des terrains fermés ce qui permet à la balle de rester dans le champ de vision, de se transformer en trajectoire et à l’instinct de prendre le relais. Quand je parle de cohérence, j’entends que chaque élément du jeu est au service du jeu et du joueur et qu’on ne se pose pas de questions. Les mécaniques viennent rapidement : tu te déplaces, tu tapes, tu sautes, tu smashes. Le smash entraine une charge de la balle au fur et à mesure de la prise de vitesse, allant jusqu’à altérer l’image pour les plus grandes vitesses. Ainsi tu tâtes à la particularité de ton personnage : celui ci peut rester accrocher au mur, celui là peut rouler sur tout le décor, ce dernier saute haut et un autre saute deux fois. ET ENCORE APRÈS, tu découvres les attaques spéciales, elles aussi uniques et propres au personnage sélectionné (changement de trajectoire, possibilité de la modifier 3 fois, pas de latence pour le smash…) Du coup, avec toutes ces mécaniques, tu cherches à rendre fou le gars en face, à jouer avec l’esprit. Et c’est là qu’intervient finalement ma quête personnelle. Le jeu impressionne, emporte et provoque de sacrées doses d’adrénaline. Tu te retrouves à claquer la main de ton pote alors qu’il vient de te défoncer parce que bordel, l’échange a duré un moment, la balle a fait du 5325 km/h, t’as perdu ta tête dans la bataille. Et ça, j’aime. Je me fais pas cracher à la gueule par des combos compliqués, par des blocages contre le mur et des enchaînements infinis. Ça peut se jouer à 4 en local (ou/et en ligne). Et la prise en main est immédiate. Ça nourrit une soirée, ça crée des liens, et tes potes restent tes potes. C’est quand même une bonne finalité.

Informations pratiques : http://www.lethalleague.com/, voilà le site. Il s’achète pour 12 euros et comme souvent sur steam, il est susceptible d’être en solde. Plateforme : PC

Rédacteur qui n'est plus présent sur le site depuis un certains temps, son compte a donc été supprimé.

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