Free et sa promesse « ça bouge pas » : ce qui a vraiment augmenté en 2026

Free affiche une promesse sur son site, et elle a un nom : « ça bouge pas ». L’opérateur s’engage à ne pas augmenter deux de ses forfaits jusqu’en 2027. Nous relayions déjà cet engagement en 2022.
Quatre ans plus tard, la promesse tient. Elle tient même à la lettre. Pourtant, en 2026, plusieurs tarifs ont bel et bien bougé chez Free. Simplement, ce ne sont pas ceux-là.
Ce que Free a promis, exactement
L’engagement est écrit noir sur blanc. Free dit vouloir « ne pas augmenter les prix de ses 2 forfaits mobiles » jusqu’en 2027. L’opérateur invoque l’inflation et la volonté de « protéger le pouvoir d’achat de ses abonnés ». La promesse date de 2022, l’année de ses dix ans.
Le mot important est deux. L’engagement couvre le forfait 2 € et le Forfait Free 5G+ à 19,99 €. Pas la gamme, pas les options, pas les séries promotionnelles. Free précise qu’il vaut « aussi bien aux abonnés existants qu’aux nouveaux abonnés ». Ce n’est pas rien.
Ce périmètre n’est pas une interprétation de notre part. Free l’écrit en bas de sa propre page : l’engagement vaut « hors communications au-delà/hors forfait, services et options ». Tout est là, en petits caractères.
Sur ce périmètre, l’opérateur est irréprochable. Mon père a le forfait 2 € depuis dix ans et n’a jamais vu la moindre augmentation. C’est aussi ce forfait que j’avais pris quand je vivais en Chine, pour garder mon numéro français actif. Deux euros par mois pour ne pas perdre sa ligne. Le forfait avait même été enrichi en data au fil des années.
Prix forfait Free : ce qui a bougé en 2026
La Série Free, l’offre promotionnelle de l’opérateur, a changé de tarif quatre fois en sept mois. Le Booster du forfait 2 €, lui, a été augmenté puis entièrement refondu. Aucune de ces deux offres n’entre dans le périmètre de l’engagement.
Voici l’historique, tel qu’il ressort des documents tarifaires de Free.
| Date | Offre concernée | Avant | Après |
|---|---|---|---|
| Février 2026 | Série Free | 8,99 € | 9,99 € |
| Mars 2026 | Série Free (passe à 150 Go) | 9,99 € | 10,99 € |
| Printemps 2026 | Série Free, retour en arrière | 10,99 € | 9,99 € |
| Juin 2026 | Option Booster du forfait 2 € | 4,99 € | 5,99 € |
| 9 juillet 2026 | Série Free | 9,99 € | 12,99 € |
| 9 juillet 2026 | Boosters refondus | Booster 5 Go | 1 Go à 0 € ou 20 Go à 7,99 € |
De 8,99 € en début d’année à 12,99 € aujourd’hui, la Série Free a pris quatre euros en sept mois. Le forfait 2 €, lui, coûte toujours deux euros.
La hausse qui ne se voit pas
Le mouvement du 9 juillet mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est d’une autre nature. Ce jour-là, Free n’a pas seulement porté la Série Free à 12,99 €. L’opérateur a aussi réduit son enveloppe de données de 160 à 110 Go, soit cinquante gigaoctets en moins.
Le prix affiché et la valeur réelle sont deux choses différentes. Retirer un tiers de la data sans toucher au tarif produit le même effet qu’une augmentation. Sauf qu’aucun chiffre ne bouge sur la page. C’est la forme la plus discrète d’un ajustement, et c’est parfaitement légal.
Le contraste avec le discours de l’opérateur est net. Sur sa page d’engagement, Free rappelle être passé « de 3 Go à 350 Go » sur son forfait historique. La Série Free, elle, vient d’en perdre cinquante.
Ce cas montre pourquoi le prix forfait Free ne suffit pas à juger une offre. Il faut regarder ce qu’il y a en face.
Pour un abonné, la conséquence est concrète. À prix constant, il faut désormais surveiller sa consommation là où l’enveloppe était confortable.
Pourquoi Free protège ses deux vitrines
La logique est simple à comprendre. Le prix forfait Free est un argument de marque avant d’être une ligne de facture. Le 2 € et le 19,99 € sont les deux offres qui font cette image depuis 2012. Elles sont citées partout, comparées partout, et ce sont elles qui ancrent la réputation de l’opérateur le moins cher. Y toucher coûterait bien plus que le gain espéré.
Le revenu, lui, se joue ailleurs. En télécoms, on suit le revenu moyen par abonné. Il monte dès qu’un client ajoute une option ou passe sur une série mieux margée. Augmenter un Booster à 7,99 € passe inaperçu dans le débat public. Augmenter le forfait 2 € ferait la une.
Un détail vérifiable illustre cette frontière. La brochure tarifaire officielle de Free compte trente-huit pages et détaille chaque forfait, avec sa date de version. Les Boosters, eux, n’y figurent pas : ils vivent sur le site, dans un espace commercial plus souple. Les offres protégées sont encadrées par un document contractuel, celles qui bougent le sont moins.
Comment savoir si vous êtes concerné
Le prix forfait Free que vous payez dépend d’abord de votre situation. L’engagement sur les deux forfaits vaut pour tout le monde, anciens comme nouveaux. Les changements de Série Free et de Booster visent les nouvelles souscriptions. Un abonné déjà en place conserve les conditions de son contrat.
Le vrai piège n’est pas là. Il est dans les réductions, et je l’ai vécu. J’ai une Freebox Pop S et je suis passé au Forfait Free Max. Il est facturé 29,99 €, ramené à 19,99 € par la remise abonné Freebox. Je n’ai donc pas le forfait 2 € offert. La brochure l’écrit noir sur blanc. Cette gratuité n’est « pas cumulable avec les réductions sur le Forfait Free et le Forfait Free Max ». Une seule remise à la fois.
Et la Pop S ajoute une subtilité que peu de gens ont en tête. La remise qui fait tomber le Free 5G+ à 9,99 € exclut explicitement cette série spéciale. Un abonné Pop S paierait 9,99 € la première année, puis 15,99 € pour 350 Go. Le Free Max, lui, reste à 19,99 € sans dégressivité, avec la data illimitée. Quatre euros de plus pour l’illimité, et une remise qui ne fond pas.
Faut-il s’en inquiéter ?
Free tient sa parole. Je ne vais pas écrire le contraire, et mes propres offres n’ont pas augmenté d’un centime. Sur le prix forfait Free le plus emblématique, celui à deux euros, dix ans de stabilité parlent d’eux-mêmes.
Mais la promesse est étroite, et c’est tout l’enjeu. Elle protège deux références et laisse le reste de la gamme respirer au rythme du marché. Ce n’est pas un mensonge, c’est une stratégie, et elle se lit dans les conditions plutôt que dans les slogans.
Le réflexe utile tient en une ligne. Regardez la ligne « option » de votre facture avant de regarder le prix de votre forfait. C’est là que ça bouge.


