Le robot pompier de Hyundai Rotem : il sort déjà du feu, et l’Europe le veut

Sur un salon, les robots sont souvent des promesses. Celui-là revient du feu.
Sur le stand de Hyundai Rotem, au FIX 2026 de Daegu, en Corée du Sud, le robot pompier sans pilote se tient sous un panneau « A Safer Way Home ». Six grosses roues, un canon à eau à l’avant. Sur l’écran derrière lui, pas d’images de synthèse : des photos d’incendies réels où il est intervenu.
C’est ce qui le distingue de la plupart des machines exposées cette semaine. Il est déjà en service chez les pompiers coréens. Et des pays européens le demandent.

Un robot pompier né d’un véhicule militaire
Hyundai Rotem est la branche défense du groupe Hyundai, celle qui fabrique le char K2. Son robot pompier part du HR-Sherpa, un véhicule terrestre sans pilote électrique pensé pour l’armée. Les pneus résistants à la chaleur viennent de là.
La commande est venue du gouvernement coréen et des pompiers. Au départ, pour les feux de voitures électriques, si difficiles à éteindre, dans des parkings souterrains très nombreux en Corée. Puis le cahier des charges s’est élargi : « tous les feux », m’a résumé Lucy, qui présentait la machine.
Piloté à distance, pas autonome
« Sans pilote » ne veut pas dire autonome. Un pompier le conduit à distance, par radio, en regardant ce que filment ses caméras, dont une caméra thermique à l’avant pour voir à travers la fumée.
Son canon projette 650 litres d’eau par minute, « une dizaine de baignoires » selon le stand. Pour ne pas cuire, il s’asperge lui-même : le constructeur annonce une machine maintenue entre 50 et 60 °C dans un environnement à 800 °C. Sur le stand, on m’a parlé de 900 °C. Je m’en tiens au chiffre officiel.
Le robot pompier entre en premier
Il a été conçu pour aller là où personne ne peut entrer. Dans les faits, les pompiers l’envoient désormais devant, avant d’engager des hommes. En dix ans, 1 802 pompiers ont été blessés ou tués en service en Corée, selon l’agence nationale des pompiers.
Le groupe Hyundai en a offert quatre aux pompiers coréens en février, dont deux étaient déjà en intervention. Le stand en annonce six aujourd’hui, avec des sorties sur des incendies d’usine et des feux de forêt, comme dans la région montagneuse de Taebaek.
L’Europe frappe à la porte
Des demandes sont arrivées de Pologne, de Roumanie et du Pérou. Face aux industriels européens comme KNDS, qui fabrique le Leopard, Hyundai Rotem ne conteste pas la qualité. Son argument est ailleurs : « nous développons et nous livrons en très peu de temps ». La Pologne, qui a déjà acheté des chars K2 en partie pour cette raison, connaît la chanson.
Chez nous, l’usage le plus évident serait les feux de forêt, qui reviennent chaque été dans le sud de l’Europe. Les parkings souterrains pleins de voitures électriques, eux, sont un problème plus coréen qu’européen.
Reste beaucoup d’inconnues. Ni prix, ni calendrier, ni distributeur en Europe. Et l’autonomie complète n’est encore qu’un projet, mené avec les pompiers coréens selon la presse locale. J’ai laissé ma carte au stand pour être prévenu s’il arrive chez nous.
Sur un salon rempli de prototypes, c’est un des rares robots dont le CV contient déjà de vrais incendies.
Ajoutez Le Café Du Geek à vos sources préférées : nos articles remonteront en priorité dans « À la une ».
Ajouter Le Café Du Geek sur Google


