Test – Castlevania: Belmont’s Curse sur PS5 : le retour d’une légende du jeu d’action gothique

Il y a des licences qui ont marqué l’histoire du jeu vidéo et Castlevania en fait incontestablement partie. Personnellement, j’ai toujours apprécié cette série pour son ambiance gothique, ses musiques et surtout son gameplay exigeant. Après plusieurs années durant lesquelles Konami s’est essentiellement concentré sur des compilations et des rééditions, voilà enfin un nouvel épisode qui revient aux fondamentaux. Avec Castlevania: Belmont’s Curse, développé par Evil Empire, nous retrouvons une aventure en 2D qui mélange action, plateformes et exploration. Direction le Paris médiéval, dans une capitale ravagée par les flammes et envahie par des créatures démoniaques. Sur PS5, ce nouvel opus affiche une direction artistique particulièrement séduisante et promet de renouer avec ce qui a fait le succès de la franchise. Mais dans un genre Metroidvania désormais très concurrentiel, Castlevania a-t-il encore les arguments pour faire la différence ?

Castlevania: Belmont’s Curse, direction Paris en 1499
Pour ce nouvel épisode, Konami a choisi de nous transporter dans un environnement assez inhabituel pour la série. Exit le traditionnel château de Dracula comme décor principal, puisque l’aventure se déroule cette fois à Paris, en 1499. La capitale française est plongée dans le chaos, avec des bâtiments en flammes, des rues envahies de monstres et une population confrontée à une véritable invasion démoniaque. Un contexte qui colle parfaitement à l’univers de Castlevania et qui permet surtout de renouveler les environnements.
L’histoire prend place plusieurs années après les événements de Castlevania III: Dracula’s Curse. Nous incarnons une nouvelle descendante de la famille Belmont, bien décidée à faire honneur à ses ancêtres. Armée du célèbre fouet, notre héroïne doit affronter les créatures qui ont pris possession de la ville et découvrir l’origine de cette catastrophe. L’intrigue reste assez classique pour la franchise, mais ce n’est finalement pas ce que je recherche en priorité dans un Castlevania. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de retrouver une ambiance particulière, des combats exigeants et cette envie permanente de découvrir ce qui se cache derrière le prochain écran.
Et sur ce point, le choix de Paris est une excellente idée. Entre les bâtiments gothiques, les ruelles médiévales, les souterrains et les imposantes constructions religieuses, les possibilités sont nombreuses. La cathédrale Notre-Dame occupe notamment une place importante dans l’identité visuelle du jeu. Avec ses deux tours qui dominent une ville dévastée, elle constitue un décor particulièrement impressionnant.

Un retour aux sources qui fait plaisir
Ce qui frappe immédiatement avec Castlevania: Belmont’s Curse, c’est sa volonté de renouer avec les épisodes traditionnels de la franchise. Nous sommes face à un jeu d’action et de plateformes en 2D, avec une progression qui repose sur l’exploration, les combats et la découverte de nouvelles capacités. Une formule qui rappelle forcément les grandes heures de Castlevania, notamment les épisodes sortis sur Game Boy Advance et Nintendo DS.
Le gameplay repose principalement sur le célèbre fouet des Belmont. Une arme emblématique qui permet d’attaquer les ennemis à distance, mais qui bénéficie ici de nouvelles possibilités. En effet, le fouet ne sert plus uniquement à combattre. Il devient également un véritable outil de déplacement, puisqu’il permet de s’accrocher à certains éléments du décor et de se balancer pour atteindre des plateformes éloignées.
J’aime beaucoup cette idée, car elle apporte une dimension supplémentaire aux phases de plateformes. Il ne suffit plus de sauter au bon moment, il faut également maîtriser la trajectoire du fouet et anticiper ses déplacements. Cela donne un côté beaucoup plus dynamique à l’exploration, avec des séquences qui demandent de la précision et un minimum de réflexion.
Les combats ne se limitent heureusement pas à cette seule arme. Plusieurs catégories d’équipements viennent enrichir les possibilités offensives, avec des armes qui permettent d’adapter son approche selon les adversaires rencontrés. Certaines privilégient la rapidité, tandis que d’autres misent davantage sur la puissance. Un système qui devrait permettre de varier les plaisirs et surtout d’éviter une trop grande répétitivité.

Une exploration qui demande de la patience
Comme tout bon Metroidvania, Castlevania: Belmont’s Curse repose sur une progression qui encourage l’exploration. Les environnements proposent plusieurs chemins, des passages secrets et des zones qui ne deviennent accessibles qu’après avoir obtenu certaines capacités. Il faut donc régulièrement revenir sur ses pas pour découvrir de nouveaux passages ou récupérer des équipements supplémentaires.
C’est un fonctionnement que j’apprécie particulièrement dans ce type de jeu. Il donne véritablement l’impression de découvrir un monde progressivement, plutôt que de simplement traverser une succession de niveaux. Chaque nouvelle capacité peut modifier notre façon d’aborder les environnements et ouvrir des possibilités jusque-là inaccessibles.
En revanche, ce principe possède également ses limites. Les nombreux allers-retours peuvent rapidement devenir fastidieux lorsque les déplacements rapides sont trop espacés. C’est d’ailleurs l’un des points sur lesquels je suis généralement assez exigeant dans les Metroidvania modernes. Revenir dans une ancienne zone pour découvrir un secret est intéressant, mais devoir traverser plusieurs fois les mêmes environnements peut finir par casser le rythme.
L’autre élément important concerne la difficulté. Castlevania n’a jamais été une franchise particulièrement tendre avec les joueurs et cet épisode conserve cette philosophie. Il faut apprendre à observer les ennemis, mémoriser leurs attaques et surtout éviter de foncer tête baissée. Les phases de plateformes demandent également une certaine précision, notamment lorsque le fouet intervient dans les déplacements. Toutefois, pour les joueurs qui rencontrent un mur a cause de la difficulté. Il y a des options permettant de vous faciliter la vie tels que l’augmentation de la santé maximale,. ou bien une quasi immortalité. Ainsi le joueur pourra découvrir le jeu dans son intégralité.



Des combats nerveux et des boss redoutables
Les affrontements constituent évidemment l’un des éléments centraux de Castlevania: Belmont’s Curse. La série a toujours proposé un bestiaire particulièrement riche, entre squelettes, chauves-souris, créatures démoniaques et monstres issus du folklore gothique. Ce nouvel épisode reprend cet héritage avec des ennemis variés qui demandent d’adapter régulièrement sa façon de jouer.
L’utilisation du fouet apporte une portée intéressante, mais il faut néanmoins faire attention au positionnement de notre héroïne. Certains ennemis attaquent rapidement, d’autres utilisent des projectiles et quelques-uns imposent de trouver une ouverture avant de pouvoir les toucher. Le système de combat encourage donc à alterner entre attaques, esquives et déplacements.
Une autre mécanique intéressante concerne les Arcanes. Ces capacités permettent d’exploiter certains pouvoirs récupérés au cours de l’aventure et viennent compléter les attaques traditionnelles. Elles apportent davantage de variété aux affrontements et offrent plusieurs possibilités pour adapter sa stratégie.
Les boss occupent naturellement une place importante. Dans Castlevania, ces rencontres ont toujours constitué des moments particulièrement marquants et Belmont’s Curse entend bien poursuivre cette tradition. Les adversaires imposants, les attaques spectaculaires et les différentes phases de combat participent à cette sensation de défi permanent.
C’est également dans ces affrontements que le gameplay prend toute son importance. Il faut comprendre les mouvements de son adversaire, choisir le bon moment pour attaquer et éviter de gaspiller inutilement ses ressources. Les joueurs habitués aux jeux d’action modernes pourraient trouver l’ensemble assez exigeant, mais cette difficulté fait aussi partie de l’identité de la franchise.


Une direction artistique absolument magnifique
S’il y a bien un domaine dans lequel Castlevania: Belmont’s Curse attire immédiatement l’attention, c’est sa direction artistique. Le jeu adopte un style graphique en 2D particulièrement travaillé, avec des personnages dessinés, des décors détaillés et une palette de couleurs qui donne une véritable personnalité à l’ensemble.
Personnellement, j’aime énormément ce choix artistique. Plutôt que de chercher à impressionner avec une réalisation entièrement en 3D, les développeurs ont préféré conserver l’identité visuelle des anciens Castlevania tout en profitant des possibilités techniques actuelles. Le résultat est très séduisant, notamment grâce aux arrière-plans qui donnent une belle impression de profondeur.
Les premières images de Paris sont d’ailleurs particulièrement impressionnantes. La ville est plongée dans une atmosphère apocalyptique, avec un ciel rouge vif, une immense lune écarlate et des bâtiments gothiques qui se découpent à l’horizon. Les flammes qui ravagent certains quartiers contrastent avec les zones plus sombres et renforcent cette ambiance inquiétante.
Le travail sur les couleurs mérite également d’être souligné. Les développeurs utilisent beaucoup de rouge, de violet et d’orange, avec des effets lumineux qui mettent en valeur les différents éléments du décor. Cette identité graphique donne au jeu un aspect presque pictural, comme si certaines séquences prenaient vie à partir d’une illustration.
Sur PS5, cette orientation artistique paraît parfaitement adaptée à une expérience en 2D. L’objectif n’est pas de multiplier les effets techniques, mais de proposer une animation fluide et une excellente lisibilité des actions. Deux éléments indispensables pour un jeu qui demande autant de précision dans les déplacements et les combats.



Une ambiance sonore qui doit faire honneur à la légende
Impossible d’évoquer Castlevania sans parler de sa bande-son. Depuis les premiers épisodes, la franchise s’est distinguée par des compositions devenues cultes. Je pense évidemment à Vampire Killer ou Bloody Tears, deux morceaux qui font immédiatement remonter de nombreux souvenirs aux joueurs ayant connu les anciens épisodes.
Pour Belmont’s Curse, l’ambiance musicale doit accompagner cette nouvelle aventure tout en conservant l’identité de la série. Les compositions gothiques, les passages plus rythmés et les sonorités inquiétantes font partie intégrante de l’expérience Castlevania. Toutefois, nous restons sur notre faim. La bande son peche un peu par rapport au reste de la réalisation
Les bruitages jouent également un rôle important. Le claquement du fouet, les impacts sur les ennemis et les différents effets sonores participent directement aux sensations de combat. Dans un jeu d’action en 2D, ce sont des détails qui peuvent faire une réelle différence, notamment lorsqu’il faut réagir rapidement aux attaques adverses.



Castlevania face à une concurrence devenue redoutable
Il faut également reconnaître que Castlevania: Belmont’s Curse arrive sur un marché qui a énormément évolué. Lorsque Symphony of the Night est sorti sur PlayStation, la formule proposée par Konami était particulièrement novatrice. Aujourd’hui, le genre Metroidvania compte des dizaines de productions de grande qualité.
Des jeux comme Hollow Knight, Blasphemous, Ori ou encore Dead Cells ont largement contribué à faire évoluer les attentes des joueurs. Certains misent sur une exploration particulièrement poussée, d’autres privilégient les combats ou la précision des déplacements. Il devient donc difficile pour un nouveau Castlevania de se démarquer uniquement grâce à son nom.
C’est justement pour cette raison que le choix d’Evil Empire me semble particulièrement intéressant. Le studio connaît bien les jeux d’action en 2D et possède une expérience précieuse dans ce domaine, notamment grâce à son travail sur Dead Cells. Cette collaboration avec Konami apparaît donc assez naturelle.
Belmont’s Curse ne cherche pas nécessairement à révolutionner le genre. Son objectif semble plutôt être de reprendre les fondamentaux de Castlevania et de les moderniser intelligemment. Le fouet utilisé pour les déplacements, les différentes armes et le système des Arcanes constituent des évolutions intéressantes, sans pour autant dénaturer l’identité de la franchise.
Et finalement, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Personnellement, je préfère retrouver un véritable Castlevania en 2D plutôt qu’un épisode qui chercherait à suivre toutes les tendances actuelles au risque de perdre son âme.



Conclusion : un retour qui donne envie de ressortir le fouet
Avec Castlevania: Belmont’s Curse, Konami remet enfin sa célèbre franchise sur le devant de la scène avec une aventure originale en 2D. Un retour particulièrement attendu, tant les amateurs de la série ont dû se contenter de compilations et de rééditions ces dernières années.
Ce nouvel épisode possède de sérieux arguments. Sa direction artistique est magnifique, son ambiance gothique semble parfaitement maîtrisée et les nouvelles possibilités offertes par le fouet apportent une évolution bienvenue au gameplay traditionnel. Le choix de Paris en 1499 constitue également une excellente idée, avec des environnements qui permettent de renouveler l’univers sans trahir l’esprit de Castlevania.
Tout n’est cependant pas forcément révolutionnaire. La formule Metroidvania est aujourd’hui largement exploitée et certains mécanismes de progression peuvent paraître classiques. Les nombreux retours en arrière et la difficulté risquent également de ne pas convenir à tous les joueurs.
Pour ma part, je trouve surtout rassurant de voir Konami revenir à une formule qui a largement contribué au succès de la franchise. Castlevania n’a pas besoin de devenir un jeu en monde ouvert ou une production spectaculaire en 3D pour séduire. Il lui suffit de proposer une aventure solide, une ambiance mémorable et un gameplay suffisamment exigeant pour donner envie de progresser.
Castlevania: Belmont’s Curse possède donc tous les ingrédients d’un retour réussi !
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Résumé
Castlevania: Belmont’s Curse marque le retour tant attendu de la célèbre franchise de Konami dans une aventure en 2D. Avec son Paris médiéval ravagé par les démons, sa magnifique direction artistique et son gameplay qui remet le fouet au centre de l’action, ce nouvel épisode a de sérieux arguments pour plaire aux fans de la saga et les nouveaux venus.
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Graphisme - 9/10
9/10
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Bande son - 6/10
6/10
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Jouabilité - 8/10
8/10
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Durée de vie - 7/10
7/10
Globalement
Pour
- Une direction artistique gothique magnifique, avec un Paris médiéval particulièrement impressionnant.
- Un gameplay qui modernise intelligemment le célèbre fouet des Belmont.
- Le retour d’un véritable Castlevania en 2D, fidèle à l’identité de la franchise.
Contre
- Une formule Metroidvania qui pourrait manquer d’originalité face à la concurrence.
- Des allers-retours potentiellement fastidieux lors de l’exploration..


