Test – Kiwi Ears Cadenza II : la montée en gamme maîtrisée d’un incontournable audiophile

Avec les Cadenza II, Kiwi Ears revient sur le devant de la scène des écouteurs intra-auriculaires filaires abordables. C’est un segment que la marque connaît parfaitement et qu’elle affectionne tout particulièrement. J’avais beaucoup apprécié les Cadenza première génération, pour leur musicalité immédiate, leur accessibilité tarifaire et leur capacité à plaire aussi bien aux néophytes qu’aux amateurs éclairés. Autant dire que l’arrivée de cette version II a immédiatement éveillé ma curiosité. Est-ce une simple itération cosmétique ou une vraie montée en gamme ? Après plusieurs jours d’écoute intensive, je peux déjà l’affirmer : les Cadenza II sont bien plus qu’une mise à jour mineure.

Une promesse claire : faire mieux sans renier l’ADN
Dès l’annonce, Kiwi Ears a été très clair sur son intention : conserver l’esprit des Cadenza originaux tout en corrigeant leurs limites. Cela passe par une construction plus sérieuse, un travail acoustique approfondi et un nouveau transducteur dynamique censé apporter plus de précision et de maturité. En théorie, la promesse est séduisante. Elle vise à offrir une restitution plus raffinée, sans exploser les prix ni tomber dans une signature trop élitiste.
Ce positionnement, je le trouve particulièrement pertinent. Le marché des IEM “budget” est aujourd’hui saturé. On trouve des dizaines de références qui se battent à coups de fiches techniques impressionnantes mais parfois creuses. Kiwi Ears, de son côté, semble vouloir jouer une autre carte : celle de la cohérence globale et de l’équilibre.


La première évolution notable se situe du côté du design et de la fabrication. Là où les Cadenza première génération affichaient un look très simple, presque brut, les Cadenza II adoptent une esthétique plus travaillée. Les coques sont désormais conçues en polycarbonate composite. En outre, elles disposent d’une face avant en aluminium usiné CNC. Le rendu est nettement plus valorisant en main. On constate une sensation de solidité accrue et une finition plus sérieuse.
Personnellement, j’aime beaucoup ce choix. On reste sur quelque chose de discret, sans fioritures excessives, mais on sent clairement que Kiwi Ears a voulu franchir un cap. Les écouteurs inspirent confiance, ne grincent pas, et semblent capables d’encaisser une utilisation quotidienne sans sourciller. L’ergonomie est également très réussie : les coques épousent bien l’oreille, le port est naturel et l’isolation passive, sans être exceptionnelle, se montre tout à fait correcte pour des intra-auriculaires de ce type.
Confort : une réussite sur la durée
Le confort est un point essentiel pour moi, surtout lorsque je teste des écouteurs destinés à de longues sessions d’écoute. Bonne nouvelle : les Cadenza II s’en sortent très bien sur ce terrain. Leur poids est bien réparti, la forme ne crée pas de point de pression particulier, et même après plusieurs heures, je n’ai ressenti ni gêne ni fatigue.
Les embouts fournis font le travail, même si, comme souvent, un changement d’embouts peut encore améliorer l’expérience selon la morphologie de chacun. Pour ma part, j’ai alterné entre les embouts d’origine et des modèles en mousse. Dans les deux cas, les options fonctionnent parfaitement avec ces IEM.
Un câble correct, sans surprise
Le câble détachable en 2-broches 0,78 mm est dans la continuité de ce que propose Kiwi Ears habituellement. Il est souple, ne s’emmêle pas trop facilement et ne transmet pas excessivement les bruits de frottement. On est clairement sur un câble fonctionnel plutôt que luxueux, mais à ce niveau de prix, c’est parfaitement acceptable.
L’intérêt principal reste la compatibilité. Ceux qui aiment upgrader leur câble ou passer sur un module Bluetooth pourront le faire sans difficulté. C’est un détail, mais un détail appréciable pour les utilisateurs un peu plus exigeants.


Un nouveau driver dynamique au cœur du système
Là où les choses deviennent vraiment intéressantes, c’est à l’intérieur. Les Cadenza II embarquent un nouveau driver dynamique de 10 mm, avec une membrane recouverte de titane. Ce choix technique vise à améliorer la rapidité de réponse, la définition et la maîtrise globale du spectre sonore. À cela s’ajoute une évolution du système acoustique maison, baptisée KARS 2.0 (Kiwi Acoustic Resonance System).
Sur le plan théorique, cette combinaison doit permettre une meilleure gestion des basses. Elle doit aussi conserver des médiums propres et des aigus plus lisibles. Mais qu’en est-il à l’écoute ?
Une signature sonore équilibrée et très musicale
Dès les premières minutes, j’ai retrouvé ce qui fait, selon moi, la force des produits Kiwi Ears : une signature sonore immédiatement plaisante, mais jamais simpliste. Les Cadenza II ne cherchent pas à impressionner artificiellement. En revanche, ils misent sur l’équilibre et la cohérence.
Les basses sont présentes, mais maîtrisées. Le sub-bass descend suffisamment bas pour apporter de la profondeur et du corps aux morceaux, sans jamais devenir envahissant. Sur des titres électroniques ou hip-hop, on profite d’une assise solide, avec un impact bien dosé. Ce n’est pas une signature ultra-basseuse, mais clairement une restitution chaleureuse et engageante.
Les médiums sont, à mon sens, l’un des points forts de ces écouteurs. Les voix sont naturelles, bien centrées, avec une belle texture. Les guitares, pianos et instruments acoustiques bénéficient d’un rendu crédible et vivant. Je n’ai jamais eu l’impression que le médium était creusé ou artificiellement mis en avant : tout est à sa place, sans excès.
Des aigus plus sages, mais mieux contrôlés
Du côté des aigus, Kiwi Ears a clairement fait le choix de la douceur plutôt que de la démonstration. Les hautes fréquences sont suffisamment détaillées pour éviter toute sensation d’étouffement, mais elles ne cherchent jamais à briller artificiellement. Résultat : aucune sibilance gênante, même sur des enregistrements un peu agressifs.
C’est un parti pris que j’apprécie beaucoup, surtout pour des écouteurs destinés à une écoute prolongée. Les Cadenza II ne fatiguent pas l’oreille, même après plusieurs albums d’affilée. Certains leur reprocheront peut-être un manque de brillance ou d’aération extrême, mais pour moi, c’est un compromis intelligent et cohérent avec leur positionnement.


Une scène sonore plus large que prévu
Autre bonne surprise : la scène sonore. Pour des IEM de cette gamme de prix, les Cadenza II offrent une spatialisation très honorable. La scène n’est pas gigantesque, mais elle est bien structurée. On retrouve une séparation correcte des instruments et une sensation d’espace appréciable.
Sur des morceaux bien produits, on distingue facilement les différents plans sonores, sans que tout ne s’écrase au centre. Là encore, Kiwi Ears semble avoir privilégié la lisibilité et la cohérence plutôt que l’effet “waouh” artificiel.
Polyvalence : un vrai point fort
Ce qui m’a particulièrement marqué avec les Cadenza II, c’est leur polyvalence. J’ai enchaîné les styles musicaux : rock, pop, électro, jazz, bandes originales, et même un peu de classique. À aucun moment je n’ai eu l’impression que ces écouteurs étaient hors de leur zone de confort.
Ils ne sont pas spécialisés dans un genre précis, et c’est précisément ce qui fait leur force. Que ce soit pour une écoute détendue, du travail, ou même un usage nomade quotidien, ils s’adaptent sans broncher. Avec un bon DAC portable, ils montent encore d’un cran et révèlent une belle marge de progression.

Comparaison avec les Cadenza première génération
Forcément, la comparaison avec les Cadenza originaux est inévitable. Et la différence est bien réelle. Les Cadenza II offrent un son plus mature, plus propre, avec une meilleure séparation et une signature légèrement plus équilibrée. Les basses sont mieux tenues, les médiums gagnent en clarté, et les aigus sont plus doux.
Ceux qui possèdent déjà la première version ne sont pas obligés de se précipiter. Toutefois, si vous découvrez la gamme aujourd’hui, les Cadenza II représentent clairement le choix le plus abouti.
Rapport qualité-prix : toujours aussi redoutable
Proposés autour de 50 €, les Cadenza II se positionnent dans une zone extrêmement concurrentielle. Pourtant, ils parviennent à se démarquer par leur cohérence globale. Rien n’est exceptionnel pris individuellement, mais l’ensemble fonctionne remarquablement bien.
À ce tarif, difficile de leur trouver de véritables défauts. Ils sont bien construits, confortables, polyvalents et musicalement très convaincants. Pour moi, ils incarnent parfaitement ce que devrait être un bon IEM accessible. C’est un produit qui donne envie d’écouter de la musique, encore et encore.
Conclusion sur les Cadenza II
Avec les Kiwi Ears Cadenza II, la marque signe une évolution intelligente et maîtrisée. Ce n’est pas une révolution, mais une vraie montée en gamme, pensée pour corriger les faiblesses du modèle original tout en conservant ce qui faisait son charme. J’y ai trouvé une signature sonore équilibrée, un confort exemplaire et une polyvalence rare à ce niveau de prix.
Si vous cherchez des écouteurs intra-auriculaires filaires capables de tout faire, sans prise de tête, et avec une vraie personnalité sonore, les Cadenza II sont clairement une valeur sûre. Pour ma part, ils font partie de ces produits que je peux recommander les yeux fermés, aussi bien aux curieux qu’aux audiophiles plus aguerris.


Revue des écouteurs Cadenza II 50€
Résumé
Avec les Kiwi Ears Cadenza II, j’ai retrouvé tout ce qui faisait le charme du modèle original, mais avec une vraie sensation de maturité en plus. La construction est plus sérieuse, le confort toujours aussi bon, et surtout la signature sonore gagne en équilibre et en cohérence. Les basses sont mieux maîtrisées, les médiums très naturels et les aigus plus doux, ce qui en fait des écouteurs faciles à vivre, polyvalents et agréables sur la durée. À ce niveau de prix, ils s’imposent comme une valeur sûre pour qui cherche des IEM musicaux sans prise de tête.
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Design - 9/10
9/10
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Confort - 8/10
8/10
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Qualité son - 8/10
8/10
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Rapport qualité-prix - 9/10
9/10
Globalement
Pour
- Son équilibré et très musical, agréable même sur de longues sessions
- Confort et ergonomie réussis, adaptés à un usage quotidien
- Excellent rapport qualité-prix dans la catégorie des IEM filaires abordables
Contre
- Aigus sages qui pourront manquer de brillance pour certains
- Câble correct mais sans finition vraiment premium
- Peu de “wow effect” pour ceux qui recherchent une signature très marquée



