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Test – The Sinking City 2 sur PS5 : Arkham nous engloutit dans l’horreur

Sept ans après un premier épisode aussi fascinant qu’imparfait, Frogwares revient avec The Sinking City 2. Et autant le dire immédiatement : le studio ukrainien ne s’est pas contenté de reprendre la formule de 2019 en améliorant quelques mécaniques. Cette suite change profondément d’orientation. Les longues enquêtes et le monde ouvert laissent en grande partie leur place à un véritable survival horror, beaucoup plus proche dans sa construction d’un Resident Evil ou d’un Silent Hill. Un changement qui pouvait faire peur, car l’aspect enquête faisait justement partie de l’identité du premier volet. Après avoir parcouru les rues détrempées d’Arkham sur PS5, je dois pourtant reconnaître que cette nouvelle direction fonctionne particulièrement bien.

The Sinking City 2 conserve évidemment ce qui faisait tout le charme de son prédécesseur : son univers directement inspiré des écrits de H. P. Lovecraft. Créatures indicibles, bâtiments délabrés, eau omniprésente, cultes étranges et sensation permanente que quelque chose ne tourne vraiment pas rond… Frogwares maîtrise son sujet. Mais cette fois, il ne suffit plus de réfléchir. Il faut surtout survivre.

Bienvenue à Arkham

Contrairement au premier The Sinking City, qui nous faisait découvrir Oakmont, cette suite nous transporte dans une Arkham ravagée par les eaux. Nous sommes en 1929 et la ville est devenue un endroit particulièrement peu accueillant. Les rues sont partiellement englouties, les bâtiments tombent en ruine et des créatures cauchemardesques se promènent un peu partout.

Nous incarnons Calvin Rafferty, entraîné dans une histoire mêlant occultisme, phénomènes surnaturels et une mystérieuse dimension connue sous le nom de Dreamlands. Faye Bennett occupe également une place centrale dans l’aventure. Je préfère volontairement rester vague concernant le scénario, car une partie du plaisir vient justement de la découverte progressive de cette histoire.

Un point mérite toutefois d’être précisé : il n’est pas nécessaire d’avoir terminé le premier épisode pour profiter de The Sinking City 2. Frogwares a construit cette aventure comme une histoire largement indépendante. C’est une excellente décision qui permet aux nouveaux venus de découvrir cet univers sans avoir l’impression d’arriver au milieu d’une conversation commencée sept ans plus tôt.

Dès les premières minutes, j’ai surtout retrouvé cette ambiance si particulière que j’avais appréciée dans le premier jeu. Arkham est poisseuse, humide, sombre et profondément malsaine. Chaque bâtiment semble cacher quelque chose. Même lorsqu’aucun monstre n’est visible, le jeu réussit à maintenir une certaine tension.

Un vrai survival horror

C’est probablement le changement le plus important de cette suite. The Sinking City 2 est désormais un survival horror à part entière.

Frogwares assume clairement ce changement. L’exploration, la gestion des ressources et les affrontements occupent désormais une place centrale. Les zones sont également beaucoup plus construites et dirigées que dans le premier épisode.

Personnellement, je trouve que cela profite énormément au rythme de l’aventure.

Au lieu de traverser de grandes portions d’une ville parfois assez vide, je me suis retrouvé dans des environnements plus compacts, mais également beaucoup plus intéressants à explorer. Un hôtel inquiétant, un hôpital abandonné ou encore différents quartiers submergés deviennent de véritables terrains de jeu.

On avance doucement, on inspecte les pièces et on cherche constamment des ressources.

Quelques cartouches peuvent parfois faire toute la différence.

Et c’est exactement ce que j’attends d’un bon survival horror.

Fouiller devient indispensable

L’exploration est donc au cœur de l’expérience. Ouvrir une porte ou fouiller une pièce n’est jamais totalement anodin. On espère évidemment trouver des munitions ou de quoi se soigner, mais il faut également rester attentif aux créatures pouvant surgir.

Le jeu récompense clairement les joueurs curieux.

Des passages secondaires permettent de récupérer des ressources supplémentaires, tandis que certaines investigations facultatives peuvent même offrir des améliorations ou ouvrir des itinéraires plus sûrs. Frogwares n’a donc pas complètement abandonné son ADN d’enquêteur. Il l’a simplement intégré différemment à la progression.

J’ai beaucoup aimé cette approche.

Je ne me suis jamais senti obligé d’examiner absolument chaque recoin, mais j’avais constamment envie de le faire. Et lorsqu’un jeu réussit à me faire hésiter entre conserver trois cartouches ou les utiliser pour aller voir ce qui se trouve derrière une porte particulièrement inquiétante, c’est généralement bon signe.

Des combats beaucoup plus présents

Autre évolution majeure : les affrontements.

Le premier The Sinking City possédait déjà des combats, mais ils étaient clairement l’un de ses points faibles. Cette fois, Frogwares en fait une composante essentielle du gameplay.

Calvin dispose progressivement de plusieurs armes permettant de répondre aux différentes situations. Pistolet, fusil à pompe et autres armes à feu deviennent rapidement nos meilleurs amis lorsque les créatures commencent à envahir les lieux.

Les munitions ne sont évidemment pas infinies.

Il faut donc apprendre à viser correctement et surtout éviter de vider son chargeur sous l’effet de la panique. Certaines créatures possèdent également des particularités qui obligent à adapter légèrement son approche.

Sur PS5, j’ai néanmoins trouvé la visée parfois un peu rigide. Le système fonctionne correctement, mais il manque encore cette précision et cette souplesse que l’on retrouve chez les références du genre. Dans certaines situations très rapprochées, lorsque plusieurs ennemis arrivent simultanément, la caméra et la visée peuvent également devenir un peu pénibles.

Rien de catastrophique, mais cela se ressent.

En revanche, les combats participent efficacement au stress général. Lorsque les munitions commencent à manquer, chaque rencontre devient immédiatement plus inquiétante.

L’ambiance, véritable star du jeu

Si je devais retenir un seul élément de The Sinking City 2, ce serait probablement son ambiance.

Frogwares connaît parfaitement l’univers lovecraftien et cela se ressent constamment. Le studio ne cherche pas seulement à nous montrer des monstres gigantesques ou des tentacules pour nous rappeler Lovecraft. L’horreur passe surtout par l’environnement.

Une pièce abandonnée.

Une porte entrouverte.

Un bruit étrange derrière un mur.

Une silhouette aperçue quelques secondes au bout d’un couloir.

Le jeu sait parfaitement installer le doute.

Le sound design joue évidemment un rôle énorme. Avec un bon casque ou un système audio correctement réglé, les bruits environnants deviennent rapidement une source de paranoïa. Craquements, bruits de pas, ruissellement de l’eau ou sons difficiles à identifier accompagnent constamment l’exploration.

Sur PS5, l’Audio 3D renforce encore cet aspect.

J’ai plusieurs fois arrêté mon personnage simplement pour essayer de déterminer d’où venait un bruit. Et lorsque l’on commence à faire cela dans un survival horror, c’est généralement que l’ambiance fonctionne.

Une Arkham magnifique… à sa manière

The Sinking City 2 n’est évidemment pas un jeu que l’on qualifiera de magnifique au sens traditionnel du terme. Arkham est sale, humide et souvent répugnante.

Mais artistiquement, le résultat fonctionne extrêmement bien.

Les environnements possèdent énormément de personnalité. Frogwares joue beaucoup avec l’éclairage, la brume, l’eau et les architectures délabrées. Certaines scènes sont particulièrement réussies et donnent vraiment l’impression d’évoluer dans un cauchemar dont on ne comprend pas encore les règles.

Les intérieurs sont également plus travaillés que dans le premier épisode. Ils racontent souvent une histoire simplement grâce à leur décoration et aux objets abandonnés.

Techniquement, tout n’est pas parfait.

J’ai remarqué quelques animations assez rigides, certains visages moins convaincants et quelques petits défauts visuels. Rien qui m’ait empêché de profiter de l’aventure, mais The Sinking City 2 n’atteint évidemment pas le niveau de finition d’un énorme AAA.

Sur PS5, je conseille surtout de privilégier le mode Performance. La fluidité supplémentaire apporte énormément lors des combats et des déplacements. Frogwares a d’ailleurs déjà publié un patch 1.0.1 sur consoles afin d’améliorer les performances, l’optimisation et de corriger plusieurs problèmes de stabilité et de gameplay.

La DualSense apporte un petit plus

La version PS5 profite naturellement des fonctionnalités de la DualSense.

Les vibrations et les gâchettes adaptatives sont prises en charge. Cela ne transforme pas complètement l’expérience, mais contribue à renforcer les sensations pendant les affrontements.

J’aurais peut-être aimé une utilisation encore plus poussée du retour haptique, notamment avec la pluie ou les déplacements dans les zones inondées. L’univers du jeu se prêtait parfaitement à ce type d’effets.

Cela reste néanmoins appréciable.

La console propose également différentes options d’accessibilité, avec notamment la possibilité de désactiver vibrations et gâchettes adaptatives ou de modifier la sensibilité des sticks.

L’enquête n’a pas complètement disparu

Lorsque Frogwares avait annoncé vouloir transformer The Sinking City 2 en véritable survival horror, ma principale inquiétude concernait les enquêtes.

Après tout, il s’agit quand même du domaine dans lequel le studio excelle depuis des années avec ses différents Sherlock Holmes.

Heureusement, cet aspect n’a pas totalement disparu.

Il est simplement moins central.

On trouve régulièrement des documents, des indices ou des situations demandant un minimum d’observation. Certaines enquêtes secondaires permettent également d’obtenir des ressources ou des avantages.

En revanche, ceux qui espéraient retrouver exactement les mécaniques du premier épisode risquent d’être déçus. The Sinking City 2 privilégie clairement l’action, l’exploration et les énigmes.

Personnellement, ce changement ne m’a pas dérangé.

Il donne même davantage de cohérence au jeu.

Une progression qui pousse à explorer

La progression fonctionne également grâce à différents systèmes d’amélioration.

Explorer permet de récupérer des ressources utiles et de renforcer progressivement Calvin. Cela crée une boucle de gameplay assez efficace : exploration, récupération de ressources, amélioration, puis nouvelle zone plus dangereuse.

On retrouve encore une fois une philosophie très proche des survival horror modernes.

Mais The Sinking City 2 conserve suffisamment de personnalité pour ne jamais donner l’impression d’être une simple copie de Resident Evil.

Son univers fait toute la différence.

Là où Resident Evil mise souvent sur une horreur biologique spectaculaire, Frogwares préfère quelque chose de plus étrange et parfois beaucoup plus abstrait. On ne comprend pas toujours immédiatement ce que l’on regarde.

Et c’est justement ce qui rend certaines séquences particulièrement efficaces.

Une difficulté plutôt bien équilibrée

J’ai également apprécié la gestion de la difficulté.

Les ressources sont suffisamment limitées pour nous obliger à rester prudent, mais je n’ai jamais eu l’impression que le jeu cherchait artificiellement à me bloquer.

En explorant correctement, on trouve généralement de quoi continuer.

Cela n’empêche pas certaines situations de devenir tendues. Arriver dans une nouvelle zone avec seulement quelques balles et une santé déjà entamée transforme immédiatement notre façon de jouer.

On évite alors certains ennemis.

On cherche une autre route.

On inspecte chaque tiroir.

Bref, on survit.

Et c’est précisément là que The Sinking City 2 est le meilleur.

Quelques imperfections persistent

Tout n’est cependant pas parfait.

Le premier défaut concerne donc la visée à la manette, qui manque parfois de précision. Certains affrontements deviennent plus brouillons qu’ils ne devraient l’être.

Les animations restent également inégales. Les environnements sont souvent très réussis, mais les personnages peuvent parfois sembler beaucoup plus rigides.

Enfin, le changement d’orientation pourra diviser les joueurs du premier épisode.

The Sinking City 2 est beaucoup plus linéaire et davantage tourné vers l’action. Les choix et les longues phases de déduction ne constituent plus le cœur de l’expérience.

Il faut vraiment l’aborder comme un nouveau départ.

Conclusion : Frogwares trouve enfin sa formule ?

The Sinking City 2 est une excellente surprise.

J’avais apprécié le premier épisode malgré ses nombreux défauts, principalement grâce à son univers et à son ambiance. Cette suite conserve justement ces qualités tout en proposant une structure beaucoup plus efficace.

Le passage au survival horror fonctionne.

L’exploration est intéressante, la gestion des ressources crée une vraie tension et Arkham constitue un formidable terrain de jeu pour Frogwares. Surtout, le studio réussit à construire une ambiance lovecraftienne sans tomber constamment dans les clichés.

Mais j’ai largement préféré cette formule.

The Sinking City 2 possède désormais une véritable identité de survival horror et parvient régulièrement à installer cette petite boule au ventre qui donne envie d’avancer tout en redoutant ce qui se trouve derrière la prochaine porte.

Pour les amateurs de Resident Evil, Silent Hill et surtout de l’univers de Lovecraft, le voyage à Arkham mérite clairement le détour.

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Résumé

The Sinking City 2 délaisse en partie les enquêtes de son prédécesseur pour embrasser pleinement le survival horror. Avec son Arkham engloutie, son ambiance lovecraftienne oppressante et une exploration où chaque munition compte, Frogwares signe une suite plus intense et mieux rythmée. Malgré quelques rigidités dans les combats, l’aventure se révèle particulièrement immersive et inquiétante.

  • Graphisme - 8/10
    8/10
  • Bande son - 8/10
    8/10
  • Jouabilité - 7/10
    7/10
  • Durée de vie - 7/10
    7/10
Globalement
7.5/10
7.5/10

Pour

  • Une ambiance lovecraftienne particulièrement réussie
  • Une vraie orientation survival horror qui fonctionne parfaitement
  • Arkham, inquiétante et passionnante à explorer

Contre

  • Une visée parfois imprécise à la manette
  • Quelques animations et imperfections techniques
  • Beaucoup moins d’enquêtes que dans le premier épisode
Photo de Michael

Michael

Responsable Pôle JV - Jeune Quarantenaire qui a connu les début de la micro informatique, les vinyles et les walkman auto reverse Bass Boost. Passionné des nouvelles tech, les ordinosaures, le JV, les mangas, les animés. Un peu de nerd, un peu de nolife, un peu d'otaku = 100% moi

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