Greneta, le moteur 3D coréen pour l’industrie croisé à VivaTech 2026

VivaTech, c’est le plus grand salon de startups d’Europe. Chaque année, Paris attire des jeunes pousses venues du monde entier. En 2026, j’y étais, badge presse Le Café Du Geek autour du cou. Avec nos confrères d’AVING News, je suis allé à la rencontre des startups coréennes, très présentes cette année. L’une d’elles, Greneta (voir notre article de présentation), travaille sur un terrain pointu, la copie numérique en 3D des usines et des chantiers.
J’ai rencontré Greneta sur le pavillon Nautilus de VivaTech 2026, à Paris. J’ai interviewé la marque sur place, caméra au poing, avec nos confrères d’AVING News.
VivaTech 2026, rampe de lancement pour la Corée
VivaTech se tient chaque année à Paris, Porte de Versailles. En 2026, l’édition court du 17 au 20 juin. C’est la plus grosse vitrine startup et tech d’Europe. La Corée du Sud y est venue en nombre, répartie sur plusieurs pavillons nationaux.
Greneta exposait dans le pavillon K-Startup. La startup y était soutenue par le KISED (Korea Institute of Startup and Entrepreneurship Development) et par Nautilus Investment. L’intention de la marque est claire. Elle vient chercher des partenaires industriels et des investisseurs côté européen. Pour une jeune pousse coréenne, ce genre de salon sert de tête de pont vers le marché occidental.
Greneta, des experts venus de la 3D et du cloud
Greneta Corp est une startup deep tech basée à Séoul, dirigée par son CEO TaeWoong Kim. Elle se range dans la catégorie de la « spatial intelligence ». Derrière ce terme, il y a une promesse précise. Faire correspondre exactement le monde réel d’une usine et sa copie virtuelle.
La société réunit des profils venus de la modélisation 3D, du cloud distribué et des algorithmes d’IA. Selon la marque, son moteur est développé en interne, pas assemblé à partir de briques open source. Greneta a déjà été retenue par le programme NVIDIA Inception et a exposé au salon NVIDIA GTC 2026. Elle figure aussi au N-UP Program du ministère coréen des PME et des startups.
Ce que Greneta montre au salon

Au stand, Greneta présente le Greneta 3D Engine, son moteur de jumeau numérique pour l’industrie. Le problème visé est connu des usines connectées. La copie virtuelle d’un site colle mal au réel, et les robots se trompent de trajectoire.
Pour corriger ce décalage, le moteur combine deux couches de données. Une couche visuelle photoréaliste pour les opérateurs humains, en 3D Gaussian Splatting. Et une couche géométrique très précise pour les robots, issue du LiDAR. La marque dit fusionner les deux dans un même repère, à partir de données SLAM.
La marque met en avant deux chiffres techniques. Selon elle, son moteur atteint une précision de collision au-dessous de 2 mm. Et il compresse les données spatiales jusqu’à 99,6 %, sans perte, pour une moyenne annoncée de 95,2 %. D’après l’entreprise, la maquette 3D d’une grande usine tourne alors sur un simple portable de 32 Go de RAM. Plus besoin de serveur coûteux. Le moteur reste compatible avec NVIDIA Omniverse et Isaac Sim.
Pourquoi la France et l’Europe intéressent Greneta
Si Greneta vient à Paris, c’est pour rencontrer des industriels et des intégrateurs européens. La marque vise les grandes usines, les chantiers navals et les flottes de robots autonomes, les AGV et AMR. Elle dit cibler en priorité la France et l’Allemagne, deux pays à forte industrie lourde.
Au salon, la marque dit s’adresser à un public précis. Des responsables de transformation numérique, des ingénieurs de flottes robotisées et des chefs de la sécurité industrielle. C’est un discours très B2B, loin du grand public.
L’entreprise met aussi en avant un argument réglementaire. Selon elle, son moteur s’installe soit 100 % hors ligne, isolé du réseau, soit en mode cloud. Cette double approche répond aux exigences du RGPD et de souveraineté des données. Des enjeux sensibles dans la défense et le maritime. Sur place, la marque cherchait aussi des fonds de capital-risque européens.
La suite pour Greneta
Après VivaTech, Greneta annonce un cap chargé. La société indique préparer une présentation au salon SIGGRAPH 2026, en juillet à Los Angeles. Elle dit aussi viser des levées de fonds internationales. Un premier tour d’amorçage a déjà été bouclé auprès de fonds coréens et étrangers.
Côté contrats, la marque déclare avoir signé des accords de plug-in. Ses partenaires cités sont un éditeur de moteur de jeu mondial et un grand média coréen. Selon elle, elle structure aussi un test de jumeau numérique d’usine avec un conglomérat qu’elle nomme « H ». Sa feuille de route affichée vise des filiales aux États-Unis et en Europe. Objectif posé, imposer le Greneta 3D Engine comme standard de l’industrie.
À VivaTech 2026, Le Café du Geek a aussi rencontré RebuilderAI, STIGMA et Quad.BE, d’autres pépites coréennes croisées sur les pavillons.



