Corée du Sud

Doosan et HD Hyundai exposent à Daegu pour la première fois, et leur raison dit tout du salon

Le salon de Daegu, vitrine annuelle de la robotique coréenne, a fermé ses portes samedi soir. Quatre jours, 588 exposants contre 500 l’an dernier, et une part d’entreprises internationales qui passe de 17 à 28 %.

Ces chiffres ne disent pas le vrai changement de cette édition. Pour le comprendre, il fallait regarder deux stands du hall robotique, et poser une question simple à ceux qui les tenaient.

Pourquoi êtes-vous là cette année ? La réponse est moins héroïque qu’on pourrait l’imaginer, et c’est ce qui la rend intéressante.

La robotique coréenne envoie ses poids lourds à Daegu

HD Hyundai Robotics et Doosan Robotics exposaient à FIX pour la première fois. Ce sont les deux poids lourds de la robotique coréenne, et leurs dirigeants étaient dans la salle le jour de l’ouverture.

Pour Doosan, le déplacement va plus loin. L’entreprise ne participait jusqu’ici qu’au CES, à Las Vegas. Daegu est donc aussi son premier salon en Corée.

Les deux ne sont pourtant pas des débutantes à l’international. Doosan Robotics exporte dans 45 pays. HD Hyundai Robotics a des filiales en Amérique, en Chine et en Europe, et fournit l’automobile, la construction navale et les engins de chantier. Leur absence de FIX jusqu’à cette année en dit donc plus sur le salon que sur elles.

J’ai posé la question à leur stand. L’ingénieur présent a commencé par préciser qu’il pouvait parler des projets, pas des choix stratégiques. Un de ses collègues a pris le relais.

La réponse tient en une phrase. L’entreprise a décidé de participer plus activement aux salons, et FIX était le plus proche pour commencer. D’autres suivront.

Aucun discours sur l’écosystème, aucune mention d’opportunité unique. Juste une décision de présence et un critère de distance. Pour une ville qui dépense beaucoup d’argent public à se rendre attractive, c’est une réponse à méditer.

Pourquoi Daegu, et pas Séoul

La question vaut aussi pour les entreprises déjà installées. AeiROBOT, grand lauréat de la catégorie robotique, a donné la réponse la plus concrète de la semaine.

Actionneurs des jambes de l'humanoïde d'AeiROBOT

La société achète une partie de ses composants à des usines de la région, batteries et engrenages compris. Daegu est le pôle coréen des matériaux, des pièces et des équipements. Pour un fabricant d’humanoïdes, avoir ses fournisseurs à portée de camion change le calendrier d’un prototype.

L’autre raison est politique. L’État pousse la ville vers la robotique, et le salon suit le mouvement. C’est ce qui explique que la discipline y occupe cette année une place nettement plus visible que l’an dernier.

Le robot pompier qui travaille déjà

Au milieu des prototypes, une machine détonne. Le robot pompier sans pilote de Hyundai Rotem, la branche défense du groupe, celle qui fabrique le char K2.

Robot pompier sans pilote de Hyundai Rotem exposé à Daegu

Ses chiffres sont solides parce qu’ils sont déjà éprouvés. L’engin travaille dans des environnements qui montent jusqu’à 800 °C, et s’arrose lui-même pour rester entre 50 et 60 °C. Il crache 650 litres d’eau par minute, soit une dizaine de baignoires.

Surtout, il est en service. Les premières unités ont été offertes aux pompiers coréens par le groupe Hyundai en début d’année, et le stand en annonce six en service aujourd’hui. La machine a été développée à la demande du gouvernement et des services d’incendie, pour entrer là où un pompier ne peut plus aller, parkings souterrains en feu et batteries de voitures électriques en tête.

Des demandes sont déjà arrivées de Pologne, de Roumanie et du Pérou. Face aux industriels européens de la défense, l’entreprise met en avant un seul argument. Elle livre plus vite.

Ce que la robotique coréenne laisse voir de ses limites

La semaine tient dans ce contraste. D’un côté un engin qui éteint déjà de vrais incendies en Corée. De l’autre un humanoïde primé qui attend 2030 et un cadre d’assurance qui n’existe pas encore, comme son fabricant l’explique lui-même.

Humanoïde servant du pop-corn devant des écoliers à FIX 2026

Entre les deux, une ville qui paie pour que les premiers existent, et pour que les seconds finissent par exister. Rendez-vous l’an prochain pour voir lesquels auront tenu.

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Photo de Léo Thevenet

Léo Thevenet

Expert Tech titulaire d'un Master en Informatique de l'Université Tsinghua (Chine), j'allie background technique et passion du terrain. Sur Le Café Du Geek, depuis 2012, je ne me contente pas de relayer l'info : je teste les innovations en conditions réelles. En charge de la ligne éditoriale, je parcours les salons internationaux (CES, MWC, IFA) pour dénicher les pépites hardware avant tout le monde. Mon obsession ? Rencontrer les startups qui innovent vraiment et vous livrer un avis critique, technique et sans filtre sur les produits de demain.

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