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Test – Apidya’ Special : l’abeille de l’Amiga reprend son envol sur Xbox Series X|S

Il existe des jeux qui restent profondément associés à une machine. Pour moi, Apidya fait clairement partie de ceux-là. Sorti en 1992 sur Amiga, le shoot’em up de Kaiko avait réussi à se faire une place au milieu d’une ludothèque pourtant particulièrement riche. Plus de trente ans après, le revoilà avec Apidya’ Special, une version entièrement reconstruite qui ne cherche surtout pas à effacer ses origines. J’ai donc repris les commandes de notre petite abeille sur Xbox Series X|S, avec forcément une bonne dose de nostalgie, mais aussi l’envie de savoir si cette légende de l’Amiga avait encore quelque chose à raconter en 2026.

Publié par ININ et développé par Team Apidya, Apidya’ Special est disponible depuis le 25 août 2026 sur Xbox Series X|S. Il est proposé à 19,99 euros et bénéficie d’une optimisation pour les consoles actuelles de Microsoft. Surtout, il ne s’agit pas simplement d’une émulation de la version Amiga glissée dans un nouvel emballage. Le jeu a été reconstruit depuis zéro, avec l’implication de membres de l’équipe originale et en s’appuyant notamment sur les travaux d’un ancien portage console abandonné dans les années 1990.

Apidya' Special

Apidya, un morceau d’histoire de l’Amiga

Avant de parler d’Apidya’ Special, difficile de ne pas revenir sur son illustre ancêtre. En 1992, Apidya était un jeu assez étonnant. Alors que les shoot’em up nous plaçaient généralement aux commandes de vaisseaux spatiaux ou d’avions futuristes, celui-ci nous faisait contrôler… une abeille. Le concept pouvait sembler étrange, mais il permettait surtout aux développeurs de proposer un univers particulièrement original. Ici, pas question de traverser uniquement des bases militaires ou des champs d’astéroïdes. On évolue au milieu de prairies, d’insectes, de plantes, d’environnements aquatiques et d’autres décors organiques parfois franchement étranges. Le changement d’échelle était une excellente idée et donnait immédiatement une identité très particulière au jeu.

Apidya empruntait beaucoup aux grands représentants japonais du shoot’em up horizontal. On pense forcément à Gradius, notamment dans la façon dont les améliorations viennent progressivement renforcer notre personnage. Mais le titre de Kaiko possédait suffisamment de personnalité pour ne jamais donner l’impression d’être une simple copie. Et puis il y avait sa réalisation. Sur Amiga, le jeu était magnifique, fluide et accompagné d’une bande-son signée Chris Hülsbeck, un nom qui parlera immédiatement aux amateurs de micros 16 bits. C’est précisément cet héritage qu’Apidya’ Special tente aujourd’hui de préserver.

Apidya' Special

Un remake qui ne cherche pas à réinventer Apidya

La première excellente idée de cette nouvelle version est justement de ne pas avoir voulu transformer Apidya en quelque chose qu’il n’est pas. Team Apidya parle d’un remake authentique en pixel art 24 bits et, manette en main, cette philosophie est immédiatement perceptible. On retrouve le gameplay horizontal du jeu original, son rythme et surtout son univers complètement décalé. L’objectif reste extrêmement simple : avancer, tirer sur tout ce qui bouge, éviter les projectiles et survivre suffisamment longtemps pour atteindre le boss. Simple sur le papier, beaucoup moins lorsque l’écran commence à se remplir.

Le déplacement de notre abeille est précis et je n’ai eu aucun mal à retrouver les sensations caractéristiques des shoot’em up de cette époque. Apidya’ Special demande de rester constamment concentré. Il faut observer les trajectoires ennemies, anticiper les mouvements du décor et surtout éviter de se laisser enfermer. Le jeu conserve ainsi ce délicieux mélange entre mémorisation et réflexes qui faisait le charme du genre. Mourir n’est pas forcément synonyme d’échec. Très souvent, on comprend pourquoi on s’est fait avoir et on repart immédiatement avec l’envie de franchir quelques mètres supplémentaires.

Une difficulté toujours présente, mais beaucoup mieux encadrée

Il ne faut cependant pas oublier qu’Apidya vient d’une autre époque. Les shoot’em up du début des années 1990 n’étaient pas spécialement réputés pour leur indulgence. Heureusement, Apidya’ Special adapte intelligemment sa difficulté. Plusieurs paramètres ont été modernisés afin de permettre aux nouveaux joueurs de découvrir l’aventure sans forcément subir les exigences de l’original. J’apprécie beaucoup cette approche, car les puristes peuvent retrouver une expérience très proche de celle qu’ils connaissaient sur Amiga, tandis que les nouveaux venus disposent de conditions nettement plus accueillantes.

Ce n’est pas pour autant une promenade de santé. Certains passages demandent une véritable concentration et les boss peuvent rapidement devenir impressionnants. Il faut comprendre leurs patterns, identifier les zones relativement sûres et parfois accepter quelques morts avant de trouver la bonne méthode. Personnellement, c’est exactement ce que j’attends d’un shoot’em up rétro : suffisamment difficile pour donner envie de progresser, mais jamais au point de devenir totalement décourageant.

Cinq mondes et une variété toujours impressionnante

L’un des points forts d’Apidya était son univers et cette nouvelle version en profite pleinement. Apidya’ Special propose cinq grands mondes : Meadow, Pond, Sewers, Cyber et Lair, avec jusqu’à cinq niveaux par environnement. Le jeu propose également vingt boss différents ainsi que plusieurs stages spéciaux cachés. Cette variété est importante, car elle évite que l’aventure devienne une simple succession de couloirs remplis d’ennemis. On commence dans des environnements relativement naturels avant de découvrir des lieux beaucoup plus étranges, avec des changements d’ambiance parfois radicaux.

J’aime particulièrement cette sensation de découvrir constamment quelque chose de nouveau. Un insecte peut devenir un ennemi gigantesque simplement parce que nous sommes minuscules, tandis qu’une plante peut se transformer en véritable élément dangereux du décor. Certains environnements prennent même des allures organiques assez inquiétantes. Le contraste entre le côté presque mignon de notre abeille et certains décors beaucoup moins accueillants fonctionne toujours aussi bien. Des événements aléatoires ont également été ajoutés, comme le Night Mode, capable de modifier l’ambiance d’une partie et d’introduire de nouveaux sprites ennemis. Cela ne bouleverse pas l’expérience, mais apporte suffisamment de petites variations pour donner davantage de fraîcheur à la formule.

Le pixel art modernisé avec beaucoup de respect

Visuellement, je trouve le travail particulièrement réussi. C’était probablement l’un des principaux pièges de ce remake : moderniser Apidya sans perdre son identité pouvait rapidement tourner au massacre. Team Apidya a heureusement choisi une direction beaucoup plus respectueuse. Le jeu mélange des éléments issus de l’original avec du pixel art entièrement nouveau. Le résultat conserve immédiatement l’esthétique des productions Amiga tout en profitant de détails et d’effets supplémentaires.

Sur Xbox Series X|S, l’image est évidemment parfaitement nette et la fluidité ne pose aucun problème. Mais ce que j’apprécie surtout, c’est la possibilité de choisir la manière dont on souhaite redécouvrir le jeu. On peut jouer en grand écran avec une présentation adaptée aux écrans modernes et de nouveaux effets de parallaxe, ou revenir vers une présentation originale en 4:3 beaucoup plus proche de l’expérience de 1992. Pour quelqu’un qui a connu l’époque Amiga, ce deuxième mode possède évidemment un charme fou.

CRT, scanlines et retour immédiat dans les années 90

Les développeurs sont même allés beaucoup plus loin en proposant plusieurs effets destinés à reproduire l’affichage des anciens écrans CRT. On retrouve notamment des shaders CRT, une simulation de masque d’ombre, des lignes de balayage ou encore un effet de phosphore. Tout est optionnel, ce qui me semble être la meilleure solution. Personnellement, j’aime beaucoup activer une partie de ces effets. Sur une télévision moderne, le pixel art peut parfois apparaître presque trop propre et les scanlines permettent de retrouver une texture plus proche de celle que nous avions sur nos écrans à tube cathodique.

Pour les joueurs qui n’aiment pas ce type de filtre, aucun problème : il suffit de les désactiver et de profiter d’une image parfaitement nette. C’est finalement toute la philosophie d’Apidya’ Special : proposer une version moderne sans empêcher ceux qui le souhaitent de replonger directement en 1992.

Chris Hülsbeck, évidemment

Impossible de parler d’Apidya sans évoquer sa musique. Chris Hülsbeck est indissociable d’une certaine époque du jeu vidéo sur micro-ordinateurs et son travail sur Apidya participait énormément à l’identité du titre original. Pour Apidya’ Special, le compositeur revient avec de nouvelles versions studio de la bande originale, accompagnées d’effets sonores supplémentaires et de musiques retravaillées.

Et là encore, le résultat fonctionne parfaitement. La bande-son accompagne admirablement l’action et possède ce mélange entre énergie et sonorités immédiatement reconnaissables des productions de l’époque. Elle ne donne pourtant jamais l’impression d’écouter simplement des fichiers audio récupérés d’un Amiga. Le travail de modernisation est suffisamment présent pour profiter d’un rendu sonore actuel tout en conservant l’identité de l’original. Pour moi, c’est clairement l’un des gros points forts du jeu.

Le mode coopération, excellente nouveauté

Autre ajout particulièrement intéressant : Apidya’ Special peut désormais être joué à deux en coopération locale. Le second joueur prend lui aussi les commandes d’une abeille disposant de ses propres armes et, forcément, cela change pas mal de choses. Le chaos peut rapidement devenir encore plus important à l’écran, mais parcourir les niveaux à deux apporte une dimension différente. C’est également une excellente manière de faire découvrir Apidya à quelqu’un qui n’a jamais connu le jeu original.

Je regrette simplement l’absence de véritable coopération en ligne. Sur Xbox, la coopération reste locale et, en 2026, une option permettant de jouer facilement avec un ami à distance aurait été appréciable. Cela n’enlève rien à la qualité du mode deux joueurs, mais c’est clairement une occasion manquée.

Un shoot’em up qui n’a rien perdu de son charme

Ce qui m’a finalement le plus surpris durant ce test, c’est à quel point Apidya reste agréable à jouer aujourd’hui. Évidemment, il faut apprécier les shoot’em up horizontaux. La structure reste très classique et les joueurs qui cherchent une progression moderne avec des dizaines de compétences, du loot ou une dimension rogue-lite risquent de trouver l’expérience relativement simple. Mais ce n’est absolument pas ce que cherche à proposer Apidya’ Special.

Le jeu repose sur des fondamentaux extrêmement solides : déplacement précis, patterns à mémoriser, level design travaillé, progression des armes et boss mémorables. On lance une partie, on meurt, on recommence et, quelques minutes plus tard, on réalise qu’on vient encore de passer un bon moment à essayer d’améliorer son parcours. C’est probablement le meilleur compliment que je puisse lui faire. Le plaisir immédiat du shoot’em up est toujours là, sans artifices inutiles.

Une version Xbox parfaitement adaptée

Sur Xbox Series X|S, je n’ai rien de particulier à reprocher à cette adaptation. La prise en main à la manette fonctionne parfaitement pour ce type de jeu et la précision de la croix directionnelle permet de naviguer efficacement entre les projectiles. Le jeu bénéficie également des succès Xbox et des sauvegardes dans le cloud. Il est optimisé pour Xbox Series X|S et son positionnement tarifaire à 19,99 euros me semble plutôt cohérent compte tenu du travail réalisé.

Il ne faut simplement pas acheter Apidya’ Special en pensant découvrir une énorme production moderne. C’est avant tout un hommage extrêmement travaillé à un classique du shoot’em up européen. Et c’est justement parce qu’il assume complètement cette position que le jeu fonctionne aussi bien.

Apidya’ Special : la nostalgie, mais pas seulement

J’avais forcément une certaine attente en lançant Apidya’ Special. Quand un jeu est intimement lié à nos souvenirs d’une machine comme l’Amiga, chaque nouvelle version prend le risque de casser une partie de la magie. Ici, c’est exactement l’inverse. Cette édition m’a donné envie de replonger dans Apidya tout en me permettant de profiter d’un confort moderne. On retrouve immédiatement l’ADN de l’original, son univers complètement atypique, son gameplay exigeant et surtout cette ambiance que peu d’autres shoot’em up ont réussi à reproduire.

Le plus important est peut-être là : Apidya’ Special ne ressemble toujours pas vraiment aux autres jeux du genre. Plus de trente ans après sa sortie originale, voir cette petite abeille voler au milieu d’insectes gigantesques et de décors improbables possède toujours quelque chose d’unique. La nostalgie fonctionne évidemment à plein régime pour ceux qui ont connu l’Amiga, mais elle n’est pas indispensable pour apprécier le jeu. Derrière les souvenirs se cache encore un excellent shoot’em up.

Conclusion

Apidya’ Special est exactement le genre de retour que j’aime voir pour un classique du jeu vidéo. Team Apidya n’a pas essayé de transformer artificiellement son jeu en production moderne. Le studio a préféré reconstruire l’expérience originale, l’embellir et surtout lui apporter suffisamment d’améliorations pour qu’elle reste parfaitement jouable aujourd’hui. Le choix entre grand écran et 4:3, les excellents filtres CRT, les nouveaux effets de parallaxe, les options de difficulté modernisées et le mode coopération apportent une véritable valeur ajoutée. Quant à la nouvelle bande-son de Chris Hülsbeck, elle contribue énormément au plaisir de retrouver cet univers.

Tout n’est évidemment pas parfait. La structure reste celle d’un shoot’em up du début des années 1990 et l’absence de coopération en ligne est regrettable. Les joueurs totalement étrangers au genre pourront également trouver l’expérience parfois exigeante malgré les nouveaux réglages. Mais pour les amateurs de shoot’em up, et encore davantage pour ceux qui ont connu Apidya sur Amiga, cette édition est difficile à bouder. Je suis venu chercher mes souvenirs de 1992. Je les ai retrouvés. Mais surtout, je me suis rendu compte qu’Apidya était encore un excellent shoot’em up en 2026.

Revue du jeu Apidya’ Special 19,99€

Résumé

Apidya’ Special réussit parfaitement à faire revivre l’un des shoot’em up emblématiques de l’Amiga sans trahir son héritage. Son gameplay reste précis et exigeant, la réalisation modernisée conserve tout le charme du pixel art original et la bande-son de Chris Hülsbeck est toujours aussi efficace. Les filtres CRT, le choix du format d’image et la coopération locale complètent intelligemment cette nouvelle édition. Un très beau retour pour l’abeille de Kaiko, aussi plaisant pour les nostalgiques que pour ceux qui découvrent Apidya en 2026.

  • Graphisme - 8/10
    8/10
  • Bande son - 9/10
    9/10
  • Jouabilité - 8/10
    8/10
  • Durée de vie - 7/10
    7/10
Globalement
8/10
8/10

Pour

  • Une reconstruction extrêmement respectueuse du jeu Amiga
  • Une direction artistique toujours aussi originale
  • L’excellente bande-son de Chris Hülsbeck
  • Le choix entre affichage moderne et ambiance 4:3/CRT
  • Le mode coopération locale
  • Une difficulté adaptable

Contre

  • Pas de coopération en ligne
  • Une structure très rétro qui ne conviendra pas à tout le monde
  • Certains passages restent particulièrement exigeants
Photo de Michael

Michael

Responsable Pôle JV - Jeune Quarantenaire qui a connu les début de la micro informatique, les vinyles et les walkman auto reverse Bass Boost. Passionné des nouvelles tech, les ordinosaures, le JV, les mangas, les animés. Un peu de nerd, un peu de nolife, un peu d'otaku = 100% moi

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