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Test – Kaboomania sur PC : l’Amiga n’a pas dit son dernier mot

Il existe aujourd’hui de nombreux jeux indépendants qui revendiquent une esthétique rétro. Kaboomania va cependant beaucoup plus loin, puisque son ADN rétro n’est absolument pas artificiel. Le titre de Fancy Factory a en effet été imaginé à l’origine pour le Commodore Amiga, et plus précisément autour des capacités de l’Amiga 1200 et de son chipset AGA, avant de faire le voyage vers les machines modernes. La version PC conserve donc volontairement cette filiation, jusque dans ses graphismes en basse résolution, sa palette de couleurs et certains choix de conception franchement old school. Ajoutez à cela une bande-son composée par Chris Huelsbeck, immense figure de la scène Amiga, et vous obtenez un jeu qui parle immédiatement aux amateurs de micros 16/32 bits. Mais Kaboomania ne se contente pas de jouer avec la nostalgie. Derrière ses gros pixels se cache un maze bomber particulièrement efficace, généreux et surtout immédiatement amusant.

Kaboomania

Un jeu PC qui vient réellement de l’Amiga

Avant de parler de cette version PC, il faut revenir sur un élément essentiel : Kaboomania est profondément lié à l’Amiga. Ce n’est pas un jeu PC auquel on aurait appliqué quelques filtres pour lui donner une apparence rétro. Fancy Factory l’a initialement conçu pour l’Amiga 1200, avec une version exploitant l’AGA et ses 128 couleurs affichées dans le jeu. Le projet s’est ensuite étendu à l’Amiga 500/OCS ainsi qu’aux plateformes modernes. Une démo Amiga a d’ailleurs été proposée en ADF et WHDLoad, avec également une version CD32.

Cette origine change beaucoup de choses dans la manière d’appréhender Kaboomania. Lorsque je regarde les graphismes, les animations ou l’interface, je ne vois pas simplement une imitation de ce que pouvait proposer un Amiga au début des années 90 : je retrouve réellement les contraintes et les codes de la machine de Commodore.

C’est particulièrement visible dans la palette graphique. Kaboomania utilise un pixel art volontairement basse résolution en 320 × 200, avec une palette de 128 couleurs dans sa déclinaison AGA. Sur un écran PC moderne, le contraste est évidemment énorme, mais cela fonctionne remarquablement bien. Les gros pixels sont propres, les couleurs très présentes et les différents éléments restent parfaitement identifiables malgré l’action parfois chaotique.

Pour quelqu’un qui a connu l’Amiga, le résultat provoque immédiatement quelque chose. On retrouve cette esthétique particulière des productions AGA de la dernière grande période commerciale de la machine, avec davantage de couleurs que sur les premiers Amiga tout en conservant ce rendu très caractéristique.

Kaboomania

Bomberman ? Oui… mais pas seulement

Le principe de Kaboomania est extrêmement simple à comprendre. Nous sommes dans ce que les développeurs appellent un maze bomber. Impossible évidemment de ne pas penser à Bomberman. On évolue dans des environnements labyrinthiques en déposant des bombes, dont les explosions permettent de détruire certains éléments, éliminer des ennemis et progressivement ouvrir de nouveaux passages.

Mais Kaboomania ne cherche pas simplement à reproduire la formule d’Hudson Soft. Fancy Factory revendique d’ailleurs une nouvelle interprétation du genre plutôt qu’un remake ou un clone. Et après quelques parties, cette nuance prend tout son sens.

Les cartes peuvent être assez grandes et le jeu introduit de nombreux ennemis possédant leurs propres comportements. Il faut donc rapidement observer ce qui se passe autour de soi plutôt que de simplement déposer des bombes au hasard. Les explosions deviennent à la fois notre meilleure arme et notre principal danger.

C’est précisément ce que j’aime dans ce type de jeu : les règles s’assimilent en quelques secondes mais les situations deviennent rapidement beaucoup plus complexes.

On pose une bombe, on recule, on attend l’explosion et on profite du passage ainsi dégagé. Facile. Sauf qu’un ennemi arrive, qu’une seconde explosion déclenche une réaction inattendue et que notre magnifique plan se transforme en catastrophe. Kaboomania possède ce petit côté chaotique particulièrement amusant qui donne immédiatement envie de relancer une partie.

Kaboomania

Une campagne étonnamment généreuse

Sous ses airs de petit jeu d’arcade rétro se cache également un contenu annoncé comme particulièrement conséquent. Fancy Factory évoque cinq mondes différents et jusqu’à 1 000 niveaux, avec de grandes cartes, des dizaines d’ennemis ainsi que de nombreux objets et power-ups à récupérer.

Le nombre impressionne forcément, même si ce n’est pas uniquement la quantité qui compte. Ce que j’apprécie surtout, c’est la progression très arcade du jeu. On enchaîne les niveaux avec cette envie permanente d’aller voir ce que le suivant nous réserve.

Les premiers stages permettent naturellement de comprendre les mécaniques. Puis les cartes deviennent plus complexes, les adversaires plus gênants et les erreurs beaucoup plus coûteuses.

La présence d’objets à récupérer apporte également une dimension supplémentaire. On ne cherche donc pas uniquement la sortie ou l’élimination des adversaires. Il faut parfois prendre quelques risques supplémentaires pour récupérer certains bonus.

Kaboomania retrouve alors quelque chose que j’apprécie énormément dans les jeux Amiga : la recherche du score. On ne joue pas nécessairement pour suivre une histoire interminable ou débloquer cinquante cinématiques. On joue parce que le gameplay fonctionne, parce que l’on veut améliorer son résultat et parce que l’on pense pouvoir faire mieux à la prochaine tentative.

Et ça fonctionne.

Kaboomania

Une vraie philosophie Amiga jusque dans le système de mots de passe

Fancy Factory pousse même le concept rétro jusqu’à intégrer un système de mots de passe. Oui, comme à l’époque.

Aujourd’hui, alors que pratiquement tous les jeux enregistrent automatiquement notre progression dans le cloud, le choix peut sembler totalement anachronique. C’est justement pour cela qu’il est amusant.

Kaboomania ne cherche jamais à cacher ses origines. Au contraire, il les revendique constamment. Le système de mots de passe fait partie de ces petits détails qui donnent au jeu sa personnalité. La version PC profite néanmoins des commodités d’une plateforme moderne, avec notamment les succès Steam, le Steam Cloud, les classements et le Remote Play Together annoncés sur sa fiche Steam.

On obtient ainsi un mélange intéressant entre deux époques.

Le jeu ressemble à un titre Amiga, fonctionne comme un jeu Amiga, mais profite du confort du PC moderne.

Et c’est probablement la meilleure manière de porter ce type de projet sur les machines actuelles.

Chris Huelsbeck : difficile de faire plus Amiga

Impossible de parler de Kaboomania sans consacrer quelques lignes à sa bande-son.

Parce que Fancy Factory n’est pas allé chercher n’importe qui.

La musique originale est composée par Chris Huelsbeck.

Pour ceux qui connaissent l’histoire de l’Amiga, ce nom suffit presque à lui seul. Chris Huelsbeck est notamment associé à Turrican, The Great Giana Sisters, Apidya ou encore Katakis. Sa présence sur Kaboomania est donc bien plus qu’un argument marketing. Elle renforce directement la filiation du jeu avec l’âge d’or des ordinateurs Commodore.

Et personnellement, c’est probablement l’un des éléments que j’ai le plus appréciés durant ce test.

Les compositions accompagnent parfaitement l’action et possèdent ce mélange d’énergie, de mélodie et de sonorités électroniques immédiatement reconnaissable. Pour la version Amiga, les compositions ont notamment été adaptées au format MOD par Fabian del Priore, autre nom bien connu des amateurs de musique issue de la scène micro.

Le résultat colle parfaitement à l’univers.

Je me suis même surpris plusieurs fois à rester quelques instants sur certains écrans simplement pour écouter la musique. Pour un jeu qui revendique aussi fortement son héritage Amiga, difficile d’imaginer meilleure signature sonore.

Pixel art AGA : simple mais terriblement efficace

Visuellement, Kaboomania assume totalement son esthétique.

N’attendez évidemment aucun effet 3D moderne, ray tracing ou animation ultra sophistiquée. Nous sommes dans du pixel art directement inspiré des capacités AGA de l’Amiga 1200.

Et cela suffit largement.

Les décors sont colorés, les sprites parfaitement lisibles et les explosions possèdent suffisamment d’impact visuel pour rendre les parties agréables. J’apprécie également la variété des environnements. Les cinq mondes permettent d’éviter l’impression de traverser continuellement le même labyrinthe avec simplement quelques changements de couleurs.

Surtout, le jeu conserve une excellente lisibilité.

C’est indispensable dans un maze bomber. Lorsque plusieurs bombes explosent simultanément et que différents ennemis circulent autour du personnage, il faut immédiatement comprendre où se trouvent les zones dangereuses.

Kaboomania s’en sort très bien.

Le style graphique possède également une vraie cohérence. Beaucoup de productions « rétro » mélangent différentes résolutions, des effets modernes et du pixel art qui n’aurait techniquement jamais pu fonctionner sur les machines dont elles prétendent s’inspirer. Ici, l’approche est beaucoup plus authentique puisque le projet existe réellement sur Amiga.

Ce détail fait toute la différence.

À plusieurs, Kaboomania prend une autre dimension

La campagne solo constitue déjà une grosse partie du jeu, mais Kaboomania devient naturellement encore plus amusant lorsque plusieurs joueurs se retrouvent devant l’écran.

La version moderne propose du multijoueur local jusqu’à quatre joueurs, là où les déclinaisons Amiga ont également servi de véritable laboratoire au projet.

Et comme souvent avec ce genre de jeu, quelques secondes suffisent pour transformer une partie entre amis en règlement de comptes.

Le principe est idéal pour le multijoueur local. Pas besoin d’une heure d’explications : tout le monde comprend immédiatement qu’il faut poser des bombes, éviter les explosions et essayer de coincer les autres joueurs.

Les premières parties sont relativement prudentes.

Puis quelqu’un commence à jouer de manière un peu plus agressive.

Et tout dégénère.

C’est exactement ce que j’attends d’un bon jeu multijoueur local. Kaboomania retrouve ce plaisir immédiat des soirées devant un Amiga ou une console 16 bits, lorsque quatre joueurs pouvaient passer des heures sur un concept tenant pourtant en quelques lignes.

Une version PC qui reste volontairement légère

Autre conséquence plutôt sympathique de ses origines : Kaboomania n’a évidemment pas besoin d’une machine de guerre.

La configuration minimale PC mentionne Windows 10, un processeur quatre cœurs, 4 Go de mémoire et un simple GPU intégré, tandis que le jeu ne réclame qu’environ 250 Mo d’espace disque. La configuration recommandée passe à Windows 11, huit cœurs, 8 Go de mémoire et une GeForce GTX 1050 Ti.

Autant dire que pratiquement n’importe quel PC relativement récent peut le faire tourner.

Le jeu est également prévu pour Windows, macOS et Linux/SteamOS, ce qui correspond parfaitement à ce type de production indépendante.

Sur PC, le confort est évidemment excellent et la manette reste à mon sens la meilleure manière d’en profiter. On retrouve alors immédiatement les sensations d’un jeu pensé pour être lancé rapidement et joué sans passer vingt minutes dans des menus.

Plus qu’un hommage à l’Amiga

C’est finalement le point le plus important de ce test.

Kaboomania aurait très facilement pu tomber dans le piège du jeu reposant uniquement sur la nostalgie. Mettre quelques gros pixels, utiliser une police rappelant les années 90 et expliquer que « c’était mieux avant » ne suffit pas à fabriquer un bon jeu rétro.

Fancy Factory adopte une démarche beaucoup plus intéressante.

Kaboomania n’imite pas l’Amiga : Kaboomania vient de l’Amiga.

Le développement sur Amiga 1200 AGA, puis l’arrivée d’une version OCS compatible avec l’Amiga 500, les distributions ADF et WHDLoad, la version CD32, les graphismes en 320 × 200 et la musique de Chris Huelsbeck donnent une vraie légitimité au projet.

La version PC devient presque une extension naturelle du projet.

Elle permet simplement de découvrir Kaboomania sur une machine moderne, avec davantage de confort et quelques fonctionnalités supplémentaires, sans effacer ce qui constitue son identité.

Conclusion

J’ai vraiment apprécié Kaboomania. Fancy Factory réussit à proposer un jeu immédiatement accessible tout en conservant suffisamment de profondeur et de variété pour donner envie d’enchaîner les niveaux. Le gameplay de maze bomber fonctionne toujours aussi bien, les grandes cartes apportent une dimension intéressante et le multijoueur local peut rapidement devenir complètement chaotique.

Mais c’est surtout son authentique héritage Amiga qui fait à mes yeux toute la différence.

Nous ne sommes pas devant une simple relecture nostalgique réalisée trente ans plus tard sur Unity avec un filtre pixelisé. Kaboomania est un projet pensé autour de l’Amiga, développé sur Amiga et ensuite porté vers les plateformes modernes. Et cela se ressent constamment.

Les graphismes AGA en 128 couleurs, la résolution volontairement basse, les mots de passe, le scoring et évidemment l’excellente bande-son de Chris Huelsbeck donnent au jeu une identité très forte.

Si vous avez connu l’Amiga 500 ou l’Amiga 1200, Kaboomania devrait immédiatement vous parler. Et si vous n’avez jamais possédé de machine Commodore, c’est justement une excellente occasion de découvrir une certaine philosophie du jeu vidéo micro : des règles simples, une réalisation lisible, une excellente musique et surtout beaucoup de plaisir dès les premières secondes.

Une petite bombe rétro ? Le jeu porte plutôt bien son nom.

Revue du jeu Kaboomania sur PC 9,99€

Résumé

Kaboomania transpose sur PC un véritable projet Amiga plutôt que d’essayer simplement d’en reproduire l’apparence. Son pixel art AGA, son gameplay de maze bomber et surtout sa bande-son signée Chris Huelsbeck lui donnent une identité immédiatement reconnaissable. Un titre généreux et terriblement sympathique qui rappelle que, près de quarante ans après son lancement, l’Amiga continue encore d’inspirer de nouveaux jeux.

  • Graphisme - 7/10
    7/10
  • Bande son - 9/10
    9/10
  • Jouabilité - 8/10
    8/10
  • Durée de vie - 9/10
    9/10
Globalement
8.3/10
8.3/10

Pour

  • Une véritable origine Amiga, et pas seulement une esthétique rétro
  • L’excellente bande-son originale de Chris Huelsbeck
  • Un gameplay simple, nerveux et particulièrement efficace

Contre

  • Une réalisation volontairement très old school qui ne plaira pas à tout le monde
  • Le principe peut sembler répétitif sur de longues sessions
  • Le multijoueur prend surtout tout son intérêt en local
Photo de Michael

Michael

Responsable Pôle JV - Jeune Quarantenaire qui a connu les début de la micro informatique, les vinyles et les walkman auto reverse Bass Boost. Passionné des nouvelles tech, les ordinosaures, le JV, les mangas, les animés. Un peu de nerd, un peu de nolife, un peu d'otaku = 100% moi

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