Test – Gobliiins Collection (Nintendo Switch 2) : le retour d’une légende du point & click

Les années 90 ont vu naître de nombreuses licences devenues cultes, mais peu peuvent se vanter d’avoir marqué les joueurs avec une personnalité aussi forte que Gobliiins. Imaginée par Pierre Gilhodes, cette série de jeux d’aventure développée par Coktel Vision a rapidement trouvé son public grâce à son humour absurde, ses personnages attachants et ses énigmes souvent aussi brillantes que déroutantes. Plus de trente ans après la sortie du premier épisode, Red Art Games rassemble les cinq jeux de la saga dans Gobliiins Collection, une compilation disponible sur Nintendo Switch et parfaitement jouable sur Switch 2. Une excellente occasion de replonger dans cette licence mythique ou de la découvrir pour la première fois.
Une compilation pensée avec soin
Dès les premières minutes, j’ai eu le sentiment que cette compilation avait été conçue par des passionnés. On est loin d’un simple regroupement de jeux anciens lancé sans véritable travail d’adaptation. Les menus sont agréables, les options nombreuses et tout respire le respect de l’œuvre originale.
La collection comprend les cinq épisodes majeurs de la série : Gobliiins, Gobliins 2, Goblins 3, Gobliiins 4 et Gobliiins 5. À cela s’ajoutent une galerie d’illustrations, plusieurs interviews du créateur Pierre Gilhodes, un lecteur musical permettant d’écouter les bandes originales ainsi que différentes versions historiques des trois premiers épisodes (DOS, Amiga, Macintosh…). Ce contenu supplémentaire apporte une véritable valeur ajoutée et transforme cette compilation en véritable hommage à l’une des séries françaises les plus originales de son époque.


Un gameplay toujours aussi unique
Ce qui frappe immédiatement lorsque je relance le premier Gobliiins, c’est que son concept reste incroyablement original. Là où la plupart des point & click misent sur un héros unique, Gobliiins demande de contrôler plusieurs personnages possédant chacun une compétence particulière. L’un utilise la magie, un autre frappe les objets et le troisième interagit avec son environnement. Chaque énigme demande donc de combiner intelligemment leurs capacités.
Cette mécanique fonctionne encore parfaitement aujourd’hui. Les puzzles sont inventifs et obligent à observer chaque écran dans les moindres détails. Certaines solutions paraissent totalement improbables au premier abord, mais une fois trouvées, elles deviennent presque évidentes. C’est précisément ce qui fait toute la magie de la série.
Gobliins 2 affine encore davantage cette formule en réduisant le nombre de personnages tout en proposant des énigmes plus cohérentes et une mise en scène plus travaillée. À mes yeux, il reste encore aujourd’hui le meilleur épisode de la licence. Goblins 3 fait évoluer le concept avec un héros principal unique et une aventure plus ambitieuse, tandis que les quatrième et cinquième opus modernisent naturellement la formule avec une réalisation plus récente. Gobliiins 5 réussit notamment à retrouver l’esprit des premiers épisodes tout en profitant des possibilités offertes par les machines actuelles.



Une direction artistique intemporelle
Même après plus de trente ans, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de l’univers imaginé par Pierre Gilhodes. Les décors regorgent de détails, les animations sont particulièrement expressives et chaque écran possède une identité visuelle forte. Les personnages multiplient les mimiques et les réactions loufoques, donnant constamment le sourire au joueur.
L’humour omniprésent constitue toujours l’une des grandes forces de la série. Les situations absurdes s’enchaînent naturellement et les nombreuses animations récompensent régulièrement la curiosité du joueur. On clique souvent sur un élément simplement pour voir la réaction des gobelins.
La bande-son participe également énormément à cette ambiance. Les musiques restent immédiatement reconnaissables pour les joueurs ayant connu les versions originales et les bruitages conservent tout leur charme. Le lecteur musical intégré permet même de redécouvrir tranquillement ces compositions sans lancer une partie.


Une adaptation réussie sur Switch 2
Je craignais que le passage à la manette ne rende le gameplay moins agréable, les Gobliiins ayant été pensés à l’origine pour être joués à la souris. Finalement, Red Art Games s’en sort très bien. Le curseur est précis, les déplacements restent fluides et les raccourcis facilitent la sélection des différentes actions.
Sur Switch 2, tout fonctionne parfaitement. Les jeux profitent d’un affichage propre, les chargements sont quasiment inexistants et la fluidité est irréprochable. Que l’on joue sur le téléviseur ou en mode portable, l’expérience reste très agréable.
Les options modernes améliorent également le confort sans dénaturer les jeux d’origine. Les sauvegardes rapides sont particulièrement appréciables, notamment face à certaines énigmes qui demandent plusieurs essais. J’aurais simplement aimé que la compilation exploite pleinement le mode souris des Joy-Con 2, qui aurait constitué la solution idéale pour ce type de jeu.

Une difficulté assumée
Les joueurs habitués aux productions modernes devront cependant accepter une philosophie de jeu très différente. Gobliiins ne prend jamais le joueur par la main. Les indices sont rares, les explications quasiment inexistantes et certaines énigmes demandent de véritables efforts de réflexion.
Cette difficulté fait partie intégrante de l’identité de la série. On observe, on expérimente, on se trompe, puis on finit par comprendre la logique des développeurs. Certes, quelques puzzles peuvent paraître un peu tirés par les cheveux aujourd’hui, mais la satisfaction ressentie lorsque l’on trouve enfin la solution reste intacte.

Une véritable pièce de patrimoine vidéoludique
Au-delà du plaisir de jeu, cette compilation possède une réelle dimension historique. Les interviews de Pierre Gilhodes permettent de mieux comprendre la création de la série, tandis que les galeries d’illustrations mettent en avant le travail artistique réalisé tout au long de son développement. Les différentes versions historiques montrent également le soin apporté à la préservation de cette licence.
On sent que Red Art Games n’a pas simplement voulu ressortir cinq vieux jeux, mais proposer un véritable travail de conservation. C’est exactement ce que l’on attend d’une compilation rétro de qualité.

Ma conclusion sur Gobliiins Collection
J’ai pris énormément de plaisir à retrouver les Gobliiins. Cette compilation réussit à préserver tout le charme des épisodes originaux tout en apportant les améliorations de confort nécessaires pour séduire un public actuel. Les cinq jeux permettent de suivre l’évolution de la série sur plus de trente ans, tandis que les nombreux bonus enrichissent considérablement l’ensemble.
Bien sûr, cette collection s’adresse avant tout aux amateurs de jeux d’aventure et de rétro-gaming. Les énigmes peuvent parfois sembler impitoyables et certaines mécaniques accusent forcément le poids des années. Malgré cela, Gobliiins Collection reste une excellente compilation qui met parfaitement en valeur l’une des licences françaises les plus créatives des années 90. Si vous aimez les point & click ou souhaitez découvrir un monument du jeu vidéo européen, difficile de ne pas la recommander.
Revue sur Gobliiins Collection 24,99€
Résumé
Gobliiins Collection est une excellente porte d’entrée pour découvrir ou redécouvrir cette licence culte du jeu d’aventure. Red Art Games livre une compilation respectueuse, riche en contenus et parfaitement adaptée aux consoles modernes. Malgré une difficulté qui pourra surprendre les nouveaux joueurs, le charme, l’humour et l’inventivité des Gobliiins fonctionnent toujours aussi bien plus de trente ans après leur création.
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Graphisme - 7/10
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Bande son - 8/10
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Jouabilité - 7/10
7/10
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Durée de vie - 9/10
9/10
Globalement
Pour
- Une compilation très complète avec les cinq épisodes.
- De nombreux bonus particulièrement intéressants.
- Une adaptation soignée et agréable sur Switch 2.
Contre
- Certaines énigmes restent très exigeantes.
- L’absence d’un véritable contrôle à la souris se fait parfois sentir.
- Le quatrième épisode reste le moins convaincant de la série.



