Test – Synthesis of Corruption : Plongée dans un laboratoire où la science a définitivement mal tourné

Il y a des jeux qui misent tout sur la démesure. Et puis il y a ceux qui préfèrent l’atmosphère, la tension, le malaise latent. Synthesis of Corruption fait clairement partie de cette seconde catégorie. Ici, pas de fanfare hollywoodienne ni de cut-scenes interminables. On est plongé sans ménagement dans un laboratoire technologique où quelque chose a très mal tourné. Et je peux vous dire que l’ambiance est lourde… très lourde.
Dès les premières minutes, j’ai compris que le jeu n’allait pas me prendre par la main.
Un laboratoire technologique qui respire la paranoïa
On incarne un protagoniste envoyé dans un complexe scientifique isolé. Expérimentations biologiques, protocoles secrets, IA douteuses, manipulations génétiques… le cocktail est explosif. Et évidemment, tout a dégénéré.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le parti pris artistique. Le jeu adopte une esthétique low poly très marquée, qui m’a immédiatement rappelé les FPS des années 90. Impossible de ne pas penser à Half-Life dans sa manière d’utiliser les couloirs étroits, les zones industrielles froides, les laboratoires éclairés au néon et les salles de tests abandonnées. Mais attention : ce n’est pas un simple hommage nostalgique. Le style rétro sert ici la tension. Les textures volontairement simples, les angles abrupts et les éclairages tranchés donnent une dimension presque irréelle aux lieux. On ne sait jamais vraiment ce qui se cache au bout du couloir. Et ça fonctionne.



Une ambiance sonore oppressante
S’il y a un point sur lequel le jeu m’a surpris, c’est son travail sonore. Pas forcément par la quantité, mais par la qualité. Les bips des terminaux, les alarmes étouffées, les bruits métalliques dans la ventilation… tout est calibré pour nous faire douter. Parfois, je me suis arrêté net, persuadé d’avoir entendu quelque chose derrière moi. Et souvent… j’avais raison. La bande-son ne cherche pas à être omniprésente. Elle se fait discrète, presque absente par moments. Et c’est justement cette sobriété qui renforce l’angoisse. Le silence devient un ennemi.
Un gameplay FPS efficace, sans artifices
Manette en main (ou clavier-souris), Synthesis of Corruption reste un FPS assez classique dans sa structure. On explore, on récupère des données, on déverrouille des accès, on affronte des créatures issues d’expérimentations ratées. Le feeling des armes est correct. Ce n’est pas le shooter le plus nerveux que j’ai testé, mais ce n’est clairement pas son objectif. Ici, chaque confrontation compte. Les munitions ne sont pas illimitées, et l’on comprend vite qu’il faut parfois éviter le combat plutôt que foncer tête baissée. J’ai apprécié cette gestion de la tension. On n’est pas dans un FPS arcade. On est dans un environnement hostile où chaque décision peut coûter cher.



Des ennemis dérangeants
Les créatures croisées dans le laboratoire ne sont pas juste des “zombies scientifiques”. Certaines semblent hybrides, d’autres presque mécaniques, comme si l’IA du complexe avait décidé de poursuivre les expériences à sa manière. Leur design est volontairement étrange. Parfois flou. Parfois disproportionné. Et cette imprécision visuelle contribue à l’inconfort. On ne sait pas exactement ce qu’on affronte. Et je trouve que c’est une excellente idée.
Une narration environnementale réussie
Le jeu ne vous balance pas son scénario via de longues cinématiques. Il préfère distiller son lore à travers des logs, des écrans de contrôle, des rapports fragmentés.
En fouillant les terminaux, on comprend progressivement que le projet “Synthesis” visait à fusionner intelligence artificielle et matière organique. Une tentative de créer une entité évolutive, capable d’auto-amélioration.
Évidemment, ça ne s’est pas passé comme prévu. Ce que j’ai aimé, c’est cette sensation de puzzle narratif. On reconstitue les événements, on devine les erreurs humaines, on perçoit la folie qui s’est installée progressivement dans l’équipe scientifique.
Ce n’est pas juste dans un jeu d’horreur. On est dans une réflexion sur le contrôle technologique qui nous échappe.


Une progression maîtrisée
Le rythme est plutôt bien géré. Les premières heures installent l’ambiance, puis la tension monte progressivement. Les zones deviennent plus instables, les ennemis plus agressifs, les systèmes du laboratoire plus imprévisibles.
On sent une montée en puissance. Je n’ai pas ressenti de lassitude majeure, même si certains couloirs peuvent sembler répétitifs. Mais là encore, ça participe au sentiment d’enfermement. On tourne en rond dans une machine devenue folle.
Les limites du projet
Soyons honnêtes : Synthesis of Corruption n’est pas parfait. Les animations restent parfois rigides. L’IA des ennemis peut montrer quelques faiblesses. Et certaines mécaniques auraient mérité un peu plus de profondeur. Mais pour un titre indépendant, le résultat reste cohérent. On sent une vision artistique forte, un univers assumé, et une vraie volonté de proposer une expérience immersive. Et ça, je le respecte énormément.


Mon ressenti après plusieurs sessions
Ce qui m’a marqué, ce n’est pas tant l’action que l’atmosphère. Cette impression constante d’être observé. De ne pas être seul. De pénétrer dans un lieu qui n’aurait jamais dû être exploré. Le jeu ne cherche pas à faire peur à coups de jumpscares faciles. Il installe un malaise progressif. Une corruption lente. Une transformation du décor qui devient presque organique.
Et au fond, c’est peut-être ça sa plus grande réussite.
Faut-il jouer à Synthesis of Corruption ?
Si vous aimez les FPS nerveux façon arcade, ce n’est probablement pas votre priorité.
Mais si vous appréciez les expériences immersives, les ambiances rétro-futuristes, les laboratoires glauques et les récits environnementaux subtils… alors oui, clairement. Synthesis of Corruption est un jeu qui ne fait pas de bruit, mais qui laisse une trace. Et moi, j’adore ce genre de proposition.
Revue du jeu Synthesis of Corruption 6,99€
Résumé
Synthesis of Corruption propose une expérience FPS horrifique à l’esthétique low poly assumée, portée par une ambiance oppressante et une narration environnementale efficace. Malgré quelques imperfections techniques, le jeu séduit par sa cohérence artistique et sa tension constante.
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Graphisme - 6/10
6/10
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Bande son - 6/10
6/10
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Jouabilité - 8/10
8/10
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Durée de vie - 4/10
4/10
Globalement
Pour
- Atmosphère oppressante très réussie
- Direction artistique rétro low poly cohérente
- Narration environnementale immersive
Contre
- Animations rigides
- IA perfectible
- Quelques environnements répétitifs



