Zendure branche ses batteries sur les prix de l’électricité, et ça marche aussi sans panneaux solaires

Zendure vient de brancher ses batteries domestiques sur les prix de l’électricité en temps réel. La marque s’associe à Sobry, un fournisseur français dont le tarif suit le marché de gros. C’est son premier partenariat de tarification dynamique en France.
Le principe est simple. La batterie se charge quand le courant est bon marché, puis se décharge aux heures chères. Sans rien faire de votre côté. J’avais rencontré Bryan Liu, le fondateur de Zendure, en février à Shenzhen. Il m’avait déjà annoncé ce virage.
Comment la tarification dynamique pilote-t-elle la batterie ?
Sobry est un fournisseur d’électricité français, filiale de YENKA ÉNERGIE. Son tarif n’est pas fixe : il suit les prix du marché de gros EPEX SPOT, heure par heure. Zendure récupère ces prix pour le lendemain et les transmet à son système de gestion d’énergie. C’est le principe de la tarification dynamique.
C’est ZENKI qui prend les décisions. Cet agent piloté par l’IA croise quatre données. Les prix du lendemain, la charge de la batterie, vos habitudes de consommation et la production solaire prévue. Il en tire une stratégie de charge et de décharge pour la journée.
Côté utilisateur, tout passe par l’application Zendure. Vous choisissez Sobry comme source de tarification, vous autorisez la connexion, puis vous signez sur le portail Sobry. L’offre est sans engagement, résiliable à tout moment et activée en 48 heures selon la marque.
625 € d’économies par an, à quelles conditions ?
Zendure annonce jusqu’à 625 € d’économies par an. Le chiffre mérite qu’on regarde ce qu’il y a derrière. Il repose sur les prix EPEX SPOT observés entre avril 2025 et mars 2026. Il suppose aussi un foyer déjà équipé de panneaux solaires, qui consomme 6 000 kWh par an.
Il faut enfin le bon matériel. L’estimation vise un SolarFlow 2400 AC+ ou un 2400 Pro, complété par deux batteries AB3000L. Cela porte le stockage à 8,16 kWh. Toujours selon la marque, ce montage économise jusqu’à deux fois plus qu’une option Tempo chez EDF.
Reste le nerf de la guerre, le prix du matériel. Le SolarFlow 2400 AC+ seul coûte 1 279 € pour 2,4 kWh de stockage. La configuration à 8,16 kWh, celle des 625 €, est affichée à 2 917 €. À ce prix, le retour sur investissement tourne autour de quatre à cinq ans. Si les économies annoncées se vérifient chez vous.
Et si je n’ai pas de panneaux solaires ?
Zendure présente sa solution comme accessible aux locataires autant qu’aux propriétaires. La raison mérite d’être dite clairement : le SolarFlow se branche sur une prise murale classique. Pas de travaux, pas de panneau obligatoire.
Sans installation solaire, le système se recharge directement sur le réseau. Il fait le plein aux heures les moins chères, y compris quand les prix deviennent négatifs. Puis il restitue cette énergie aux heures pleines. ZENKI gère les tarifs de plus de 840 fournisseurs européens. L’arbitrage repose sur la tarification dynamique, pas sur le soleil.
Pour quelqu’un qui vit en appartement, sans toit ni balcon, c’est le seul scénario possible. Et c’est là que je dois être honnête avec vous. Les 625 € annoncés supposent des panneaux solaires. Sans eux, le gain ne vient plus que de l’écart entre heures creuses et heures pleines. Zendure ne chiffre pas ce cas de figure.
Ce que le patron de Zendure m’annonçait en février
En février, j’ai passé trois jours chez Zendure à Shenzhen, entre démonstrations et visites d’usine. J’y ai interviewé Bryan Liu, son fondateur. Il m’avait décrit la France comme un marché complexe mais prometteur. La marque y avait déjà noué un partenariat avec Enescol. Parmi les spécificités qu’il citait, il y avait déjà les tarifs dynamiques.
Il m’avait aussi parlé de son virage vers l’IA. Ses mots exacts : « Notre IA va devenir un véritable assistant énergétique. » Il expliquait que Zendure n’entraîne pas ses propres modèles, mais intègre les meilleurs du marché dans son agent. Six mois plus tard, cet agent s’appelle ZENKI et arbitre des prix horaires.
Un point qu’il m’avait confié reste entier. « Le Linky reste un défi. On cherche encore une solution pour accéder à la puissance réelle. » Rien n’indique que ce soit réglé aujourd’hui. Le contexte joue en revanche pour la marque. Le TURPE 7 entre en vigueur ce mois-ci, et il valorise la flexibilité du stockage. Selon Enedis, la France comptait fin 2025 près de 850 000 autoconsommateurs.


