Intelligence artificielle et robotique : comment s’adapter sans subir la transformation ?

Un assistant qui rédige vos courriels, un aspirateur qui cartographie votre salon, et bientôt un robot humanoïde à domicile. Entre IA et robotique, notre quotidien change à un rythme soutenu. La confiance, elle, semble avoir raté le train. Une vaste enquête du Pew Research Center, publiée le 17 septembre 2026, le confirme dans 36 pays, dont la France. Reste une question très concrète pour chacun : comment s’adapter à cette transformation sans la subir ?
Les Français ne sont pas conquis
Menée entre février et mai 2026 auprès de plus de 42 000 personnes, l’étude du Pew Research Center dresse un tableau nuancé. En France, 39 % des sondés se disent plus inquiets qu’enthousiastes face à la place croissante de l’IA au quotidien. Ils étaient 35 % un an plus tôt. Seuls 13 % penchent franchement du côté de l’enthousiasme.
Le sentiment dominant reste pourtant l’ambivalence. Près d’un Français sur deux (47 %) se déclare à la fois inquiet et enthousiaste. Le sujet, lui, n’a plus rien de confidentiel : 54 % des Français disent en avoir beaucoup entendu parler.
L’inquiétude se cristallise surtout sur l’emploi. Selon l’enquête, 60 % des Français estiment que l’IA supprimera plus d’emplois qu’elle n’en créera d’ici vingt ans. À peine 4 % pensent l’inverse. Les femmes partagent cette crainte plus largement que les hommes, avec un écart de 10 points selon l’institut.
Le robot de maison n’est plus de la science-fiction
Pendant que les sondés s’interrogent, les robots avancent vers nos salons. Le plus emblématique s’appelle NEO, un humanoïde conçu par la start-up norvégienne 1X Technologies. Pour une trentaine de kilos, il promet de plier le linge, ranger des étagères ou éteindre les lumières le soir. Selon la marque, il ne dépasse pas 22 dB, soit moins qu’un réfrigérateur récent.
Le ticket d’entrée reste élevé : 20 000 dollars à l’achat, ou un abonnement de 499 dollars par mois. Les premières livraisons concernent surtout les États-Unis, d’ici la fin 2026. Les autres marchés suivront à partir de 2027, selon 1X. Aucun prix ni date n’est encore annoncé pour la France.
Le bémol tient dans une option baptisée 1X Expert. Pour une tâche inconnue, un employé de la marque pilote NEO à distance, via ses caméras. Selon 1X, ces sessions exigent l’accord du propriétaire, et les personnes présentes peuvent être floutées. Gagner du temps suppose donc ici de céder une part d’intimité.
IA et robotique : apprivoiser plutôt que subir
Les enquêtes françaises esquissent une piste : la méfiance recule avec la pratique. Selon le Baromètre du numérique 2026 de l’Arcep et du Crédoc, 73 % des utilisateurs d’IA générative lui font confiance. Chez les non-utilisateurs, 75 % se disent au contraire méfiants.
Une étude Ifop pour Converteo, menée en mars 2026, va dans le même sens. Chez les utilisateurs réguliers, 79 % accepteraient de confier des démarches à une IA, contre 53 % de l’ensemble des Français. Confiance ne rime pas pour autant avec naïveté : 64 % des utilisateurs vérifient les informations fournies, selon le Crédoc.
Pour s’adapter sans subir, mieux vaut donc commencer par des tâches sans enjeu, comme un résumé ou une traduction. Sur les sujets importants, la vérification des réponses reste indispensable. Un détour par les paramètres de confidentialité permet aussi de limiter l’usage de vos données. Face à un chatbot comme face à un robot, la décision finale doit rester la vôtre.

IA et robotique, une transformation à apprivoiser
L’enquête du Pew Research Center rappelle que cette adaptation ne se fera pas à armes égales. En France, 35 % des sondés pensent que l’IA creusera l’écart entre riches et pauvres, contre 2 % qui la voient le réduire. Plus d’un tiers (36 %) avouent ne pas savoir. Entre un robot à 20 000 dollars et un assistant gratuit, tout le monde ne partira pas avec les mêmes cartes.
Refuser en bloc IA et robotique semble pourtant difficile, tant elles gagnent du terrain. Les chiffres dessinent plutôt une voie médiane : s’informer, essayer avec prudence et garder un regard critique. Ce sont sans doute les meilleurs outils pour rester maître de la transformation, plutôt que de la subir.


