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Test Clevetura 1 : le clavier qui cache un trackpad sous ses touches

À la Gamescom, j’ai eu le Clevetura 1 sous les doigts pendant une dizaine de secondes. Pas sur mon PC, pas dans mes conditions. J’en suis reparti sceptique, avec l’impression d’avoir touché un prototype plutôt qu’un produit fini. Clevetura nous a depuis envoyé un exemplaire en version Windows, coloris noir. Après 1 semaine d’utilisation sur mon poste de travail, je suis bluffé par la précision du trackpad et par ce que les gestes apportent au quotidien.

Le Clevetura 1 part d’une idée simple : ses touches servent aussi de trackpad. On déplace le curseur, on fait défiler une page ou on change de fenêtre sans quitter le clavier. Je l’ai utilisé en filaire et en Bluetooth, pour du développement et de la rédaction. Un détail compte pour la suite : j’utilise une souris depuis des années, et mon repère quotidien reste le pavé de mon Dell Latitude, qui n’est franchement pas fameux.

Clevetura 1 : notre avis en bref

Le pari principal est réussi. Le trackpad intégré est précis, les gestes sont bien pensés et le gain de productivité devient réel une fois la phase d’apprentissage passée. Pour un développeur qui travaille déjà aux raccourcis, c’est une vraie avancée. La frappe reste moyenne, et ce clavier ne remplacera pas la souris pour tout le monde. Vendu 229 euros sur le site officiel, il s’adresse aux bosseurs, à ceux qui cherchent la productivité. Contrairement à ce que j’ai l’habitude de tester, ce n’est pas du tout fait pour les joueurs.

Un clavier trackpad plat et pleine taille

Le Clevetura 1 est un clavier pleine taille de 110 touches, pavé numérique compris, disponible uniquement en disposition QWERTY. Sa surface est entièrement plate. Ce n’est pas un choix esthétique : pour glisser le doigt d’une touche à l’autre, il faut une surface lisse et continue. Les touches reposent sur des mécanismes à ciseaux, comme sur un ordinateur portable.

La zone tactile couvre tout le bloc de lettres central. Elle dépasse largement les pavés classiques des PC portables, et ça se sent rapidement. Un seul mouvement suffit à traverser un écran de bureau, là où un pavé de portable oblige à reprendre son geste deux ou trois fois.

Des gestes qui remplacent les raccourcis

Le clavier reprend les gestes d’un trackpad Windows. Un doigt déplace le curseur, deux font défiler. Le glisser-déposer passe par un double appui : on tape une fois, on appuie une seconde fois sans relâcher, puis on déplace l’élément. Sur un pavé de portable, ce geste est particulièrement imprécis. Ici, il passe sans effort. Pour ceux qui préfèrent cliquer, des boutons physiques pour le clic gauche et le clic droit restent disponibles.

Le geste que j’utilise le plus est le glissé à trois doigts. Vers la gauche ou la droite, il fait passer d’une fenêtre à l’autre, comme un Alt+Tab, sans écarter les doigts entre deux touches. À quatre doigts, on change de bureau virtuel. L’application permet de réattribuer ces gestes au volume ou aux pistes, mais je ne me vois pas glisser trois doigts pour monter le son. À mon sens, la configuration de base reste la meilleure.

Des touches de fonction repensées pour la productivité

La rangée de fonctions suit la même logique. Plutôt que Windows + V, un appui sur F1 ouvre le presse-papiers. F3 lance l’explorateur de fichiers, F4 la saisie vocale et F6 la capture d’écran avec sélection. Les médias et le son se gèrent de F8 à F11, et F12 ouvre la calculatrice. Deux sliders tactiles règlent l’intensité du rétroéclairage et le volume du PC. Ils répondent parfaitement aux commandes.

Au-dessus des flèches, deux petites touches font la moitié d’une touche classique. La première lance une capture d’écran. La seconde affiche la batterie : les touches numérotées de 1 à 0 s’allument en vert selon la charge, jusqu’à la touche 4 autour de 40 % par exemple. Les trois canaux Bluetooth se trouvent au-dessus du pavé numérique. Une touche placée entre Windows droite et Ctrl droite désactive le pavé tactile, même si en pratique je n’ai relevé aucun geste parasite pendant la saisie.

Le rétroéclairage sert aussi d’indicateur. La barre d’espace passe au bleu en mode frappe et au vert en mode trackpad. Une traînée lumineuse suit le doigt pendant les gestes. C’est fluide, et ça aide beaucoup les premiers jours, et puis c’est vraiment classe en fin de compte.

Le Clevetura 1 au quotidien pour un développeur

C’est dans VS Code que ce clavier m’a convaincu. Un développeur sait à quel point les raccourcis comptent. Le problème, c’est qu’il reste toujours un moment où la main part vers la souris : cliquer dans l’arborescence, sélectionner un bloc, faire défiler un fichier. Avec le Clevetura 1, ce mouvement disparaît. Je navigue dans mon projet sans lever les mains de la zone de frappe, et le basculement entre frappe et trackpad se fait tout seul. Je n’ai relevé aucun faux geste pendant la saisie, et le pointage reste précis même sur des cibles fines comme un onglet ou une poignée de sélection.

Il faut pourtant du temps. La courbe d’apprentissage est réelle, pour le pointage comme pour les gestes, et les premiers jours j’ai hésité entre le clavier et ma souris. Le cerveau doit réapprendre à placer un curseur là où il avait l’habitude de taper. Pour m’en passer vraiment, j’ai fini par ranger la souris dans un tiroir. Au début, ma main partait encore la chercher sans la trouver, puis on se prend au jeu très vite. Honnêtement, après une semaine complète à minimum 40 heures d’utilisation, je ne suis toujours pas aussi à l’aise qu’avec une souris. Mais le gain de temps sur les déplacements courts, lui, est déjà là.

Une frappe en retrait

La frappe est le point faible du Clevetura 1. Les touches plates offrent peu de retour et le toucher manque d’agrément au départ. La course est courte, le bruit discret, et rien ne vient confirmer l’appui autrement que le déclenchement lui-même. Je m’y habitue difficilement, c’est vraiment comme un gros clavier d’ordinateur portable.

J’aime les gros claviers mécaniques aux touches épaisses, et le contraste reste net quand je repasse de l’un à l’autre. C’est le compromis assumé de la technologie : sans surface plate et continue, le doigt ne peut pas glisser d’une touche à l’autre, donc pas de trackpad. Si vous venez d’un portable, la transition se fera sans douleur. Si vous venez d’un clavier mécanique, c’est le sacrifice à accepter.

Autonomie et connectivité

Le clavier fonctionne en filaire via USB-C, avec un câble fourni, ou en Bluetooth sur trois canaux. Les trois touches d’appairage se trouvent au-dessus du pavé numérique, et le passage d’un appareil à l’autre se fait sans latence gênante. C’est pratique si vous jonglez entre un fixe et un portable sur le même bureau.

Côté endurance, Clevetura annonce jusqu’à 80 heures d’utilisation continue sans rétroéclairage. L’éclairage fait chuter ce chiffre de façon très nette, et la luminosité choisie change tout. Sur mon exemplaire, en Bluetooth avec le rétroéclairage à fond, j’ai tenu une journée et demie de travail avant de devoir recharger. La touche batterie placée au-dessus des flèches évite d’ouvrir le logiciel pour connaître l’état de charge.

Le logiciel, un point souvent négligé

Le lien vers l’application TouchOnKeys figure directement dans la boîte. Ça paraît anodin. Mais chez Epomaker, dont on a testé de nombreux modèles, trouver le bon logiciel relève parfois de l’enquête, avec un outil différent selon la référence. Ici, dès l’ouverture de la boîte, un message invite à télécharger l’application pour mettre le firmware à jour.

Version Windows ou version Mac

Le Clevetura 1 existe en deux versions : noire pour Windows, blanche pour Mac. La différence ne se limite pas au coloris, et la marque indique qu’un échange entre les deux n’est pas possible après achat. Si vous alternez entre les deux univers, mieux vaut ne pas prendre le risque et choisir un clavier compatible avec l’un comme avec l’autre.

La version Windows que j’ai testée fonctionne aussi sous Linux, avec un support des gestes variable selon la distribution et l’environnement de bureau. Le manuel officiel détaille ce qui passe et ce qui ne passe pas, y compris pour iPadOS en Bluetooth. À lire avant l’achat si vous n’êtes pas sur un Windows classique.

Rapport qualité/prix

À 229 euros sur le site officiel de Clevetura, l’addition est salée pour un clavier à ciseaux. À titre de repère, un clavier bureautique pleine taille comme le Bleujour CTRL2 était proposé à 130 euros lors de notre test, sans la moindre surface tactile. La technologie se paie, et elle se paie cher.

Clevetura CLVX 1 Windows | Clavier sans fil avec pavé tactile | Clavier Bluetooth silencieux et USB-C | Touches ciseaux discrètes | RVB interactif...
  • Clavier sans fil avec pavé intégré dans les touches. Faites défiler, balayez et zoomez sans déplacer votre main vers la souris. La zone tactile couvre le champ principal des touches.
  • Taille complète, 110 touches, saisie silencieuse. Interrupteurs à ciseaux à profil bas. Pas de clé standard de 19 mm, de sorte que la disposition est familière dès le premier jour.

Reste à savoir ce que vous en faites. Si les gestes remplacent réellement votre souris plusieurs heures par jour, le calcul devient favorable, d’autant qu’il faudrait sinon acheter un clavier et un trackpad externe. Si vous visez surtout la curiosité technique, l’écart avec un bon clavier bureautique reste difficile à justifier. Dernier point : les tarifs constatés chez les revendeurs varient beaucoup, comparez avant de commander. Sur le site officiel, on vous propose une réduction de avec notre code cafedugeek20.

Conclusion : faut-il acheter le Clevetura 1 ?

Ce clavier m’a fait changer d’avis en quelques jours, ce qui n’arrive pas si souvent. Je le recommande aux développeurs, aux rédacteurs et à tous ceux qui vivent déjà aux raccourcis clavier, parce que le trackpad intégré supprime le dernier aller-retour vers la souris. Les habitués du trackpad Mac devraient aussi s’y retrouver très vite, avec une surface bien plus généreuse que celle d’un portable.

Je le déconseille à ceux qui jouent sur leur poste de travail, parce que la précision d’une souris y reste irremplaçable, et à ceux qui passent d’un Mac à un PC selon les jours. Les amateurs de frappe mécanique y perdront aussi en plaisir et trouveront leur bonheur avec d’autres modèles.

Test du clavier Clevetura 1 229.0€

Résumé du test du clavier Clevetura 1

Le Clevetura 1 tient sa promesse : ses touches servent aussi de trackpad, et le pointage est assez précis pour se passer de souris au quotidien. Les gestes à trois et quatre doigts remplacent des raccourcis entiers, la rangée de fonctions a été repensée pour le travail, et le logiciel est simple à trouver comme à régler. Après une semaine à 40 heures d’usage, le gain de temps est réel dès que les automatismes s’installent.

Reste deux réserves. La frappe est le gros point faible, conséquence directe de la surface plate imposée par la technologie. Et à 229 euros, il faut vraiment exploiter le trackpad pour justifier l’écart avec un bon clavier bureautique. Pour un développeur ou un rédacteur, l’investissement se tient. Pour un joueur, non.

  • Performance de frappe - 7/10
    7/10
  • Trackpad et gestes - 9/10
    9/10
  • Fonctionnalités - 8.5/10
    8.5/10
  • Logiciel - 8/10
    8/10
  • Rapport qualité/prix - 8/10
    8/10
Globalement
8.1/10
8.1/10

Pour

  • Trackpad précis
  • Gestes à trois et quatre doigts
  • Touches fonction utiles
  • Bon logiciel
  • Gain de productivité

Contre

  • Frappe peu agréable
  • Prix élevé
  • Pas pour du jeu
Photo de Leo Llopis

Leo Llopis

Passionné de hardware et de nouvelles technologies, je passe souvent des après-midis ensoleillés à démonter, tester, comparer et faire planter mon PC avant de tout remonter. J’aime bidouiller les composants, optimiser les performances. En parallèle de ça je suis développeur, j'aime aussi beaucoup programmer, du moins, jusqu’à ce qu’il faille vraiment s’y mettre. Bref, ici, on monte des PC sans ranger les câbles et on expérimente des réglages d’overclocking aux résultats douteux !

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