Test – Earnest Evans Collection : le retour inattendu d’une trilogie culte sur Switch

Il y a des annonces qui me parlent immédiatement. Pas forcément parce qu’elles concernent une licence ultra-connue, mais justement parce qu’elles touchent à ces jeux un peu oubliés, ces titres qui ont marqué une époque sans jamais devenir mainstream. La sortie de Earnest Evans Collection sur Nintendo Switch fait clairement partie de cette catégorie.
Quand j’ai vu passer l’information, j’ai eu ce petit frisson très “retrogaming” : celui qui mélange nostalgie, curiosité et envie de redécouvrir une œuvre dans de meilleures conditions techniques. Parce que oui, derrière ce nom qui ne dit peut-être rien à une partie du public actuel, se cache une trilogie issue du mythique studio Wolf Team, à l’origine de nombreux titres marquants du début des années 90.
Et sur Switch, cette compilation prend une dimension toute particulière.

Une trilogie née à l’âge d’or du 16-bits
Pour bien comprendre l’intérêt de cette sortie, il faut revenir un instant au début des années 90. L’époque des 16-bits, des cartouches, du Mega CD, des expérimentations narratives et des studios japonais en pleine effervescence créative.
La trilogie se compose de :
- Earnest Evans
- El Viento
- Annet Returns
Ces jeux mêlent action, plateforme et thématique ésotérique, avec une ambiance très marquée. On y retrouve des artefacts anciens, des forces occultes, des conspirations et un soupçon d’aventure à la Indiana Jones sauce japonaise.
À l’époque, ces titres n’étaient pas parfaits, loin de là. Mais ils avaient une personnalité. Une identité visuelle, un ton, une mise en scène qui cherchaient déjà à raconter quelque chose de plus ambitieux que la simple succession de niveaux.
C’est exactement ce genre de jeux que j’adore voir revenir aujourd’hui.


Ce que propose réellement la compilation
La Earnest Evans Collection ne se contente pas d’un simple dump ROM + émulateur. Heureusement. On retrouve bien sûr les trois jeux dans leur version d’origine, mais avec des ajouts modernes devenus presque indispensables en 2026 :
- sauvegarde à tout moment
- fonction rewind
- options d’affichage
- ajustements de confort
Et je vais être honnête : le rewind est une bénédiction. Ces jeux ont été pensés à une époque où la difficulté faisait partie intégrante de l’expérience. Hitbox approximatives, patterns exigeants, level design parfois abrupt… Aujourd’hui, sans ces aides modernes, une partie du public décrocherait très vite.
Là, la compilation permet de profiter de l’expérience sans la frustration excessive. On garde l’ADN rétro, mais on l’adapte à nos habitudes actuelles.
Et ça, c’est exactement le bon équilibre.


Une ambiance unique… mais clairement datée
Je ne vais pas vous vendre du rêve : oui, les jeux ont vieilli.
L’animation est parfois rigide, certains déplacements manquent de précision et le rythme peut sembler inégal. Earnest Evans notamment traîne une réputation un peu compliquée côté gameplay.
Mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette compilation.
On est face à des productions d’une autre époque. Une époque où les studios expérimentaient, où tout n’était pas calibré par des métriques marketing. Les jeux avaient parfois des défauts, mais ils avaient une âme.
Et puis il y a la musique.
La bande-son originale, signée notamment par Motoi Sakuraba, apporte une vraie dimension épique à l’ensemble. Même si l’on sent la patte 16-bits, certaines compositions restent marquantes et donnent une identité forte aux scènes clés.
C’est typiquement le genre d’élément qui me replonge instantanément dans mes années rétro.
Pour resituer, Motoi Sakuraba est le compositeur pour les jeux Tales of, Dark Soul, Baten Kaitos, etc. Bref, ce n’est pas n’importe qui

Un travail d’édition qui mérite d’être salué
Cette sortie n’est pas anodine. Elle est le fruit du travail de Limited Run Games et de Edia, qui multiplient ces dernières années les sauvetages de licences oubliées.
Et c’est important.
Parce que sans ce type d’initiatives, une partie du patrimoine vidéoludique disparaîtrait tout simplement. Les supports vieillissent, les consoles deviennent rares, les cartouches hors de prix.
Proposer ces jeux sur Switch, c’est les rendre accessibles à une nouvelle génération. C’est aussi permettre aux passionnés de les redécouvrir sans sortir leur Mega Drive du grenier (même si, soyons honnêtes, j’adore encore le faire).
Pourquoi cette sortie me parle autant
Ce que j’aime avec la Switch, c’est sa capacité à devenir une machine à voyager dans le temps. Entre les remasters, les collections rétro et les indés à l’ancienne, elle est devenue la console idéale pour les amoureux du jeu vidéo sous toutes ses formes. Earnest Evans Collection s’inscrit parfaitement dans cette logique.
Ce n’est pas une compilation qui va exploser les ventes. Ce n’est pas un blockbuster. Mais c’est un morceau d’histoire. Un témoin d’une époque où les studios japonais expérimentaient des récits plus sombres, plus ésotériques, parfois maladroits, mais sincères.

À qui s’adresse cette compilation ?
Soyons clairs : si vous cherchez un jeu d’action ultra fluide et moderne, ce n’est pas ici que vous le trouverez.
En revanche :
- Si vous aimez comprendre l’évolution du game design
- Si vous êtes curieux de découvrir des titres méconnus
- Si vous avez connu l’ère 16-bits
- Si vous aimez les univers mystiques et un peu pulp
Alors cette compilation peut clairement vous parler.
Personnellement, je la vois comme une capsule temporelle. Un objet patrimonial plus qu’un simple jeu.

Une redécouverte imparfaite… mais nécessaire
Oui, certains passages sont raides. Certes, le gameplay accuse le poids des années. Effectivement, ce n’est pas une collection “grand public”.
Mais je préfère mille fois ce genre de projet à une énième réédition d’un titre déjà décliné dix fois.
Earnest Evans Collection rappelle que le jeu vidéo est une culture riche, vaste, parfois bancale, mais profondément passionnante.
Et en 2026, voir ce type de trilogie revenir officiellement sur Nintendo Switch, c’est une petite victoire pour le patrimoine vidéoludique.

Conclusion sur la compilation Earnest Evans
Je ne vais pas vous dire que c’est la compilation indispensable de l’année. Ce serait malhonnête.
En revanche, c’est une sortie qui me fait plaisir. Une sortie qui a du sens. Une sortie qui s’adresse aux curieux, aux nostalgiques, aux passionnés.
Et ça, ça me suffit largement.
Si vous aimez le rétro, si vous aimez découvrir des morceaux d’histoire vidéoludique, ou si vous voulez simplement voir à quoi ressemblait une aventure action-ésotérique des années 90… alors oui, laissez-vous tenter.
Parce qu’au-delà des défauts, Earnest Evans Collection nous rappelle pourquoi on aime autant ce média : pour ses expérimentations, ses risques, ses imperfections et sa créativité.
Et ça, aucune mise à jour next-gen ne pourra jamais le remplacer.
Revue sur la compilation Earnest Evans 39,99 €
Résumé
La Earnest Evans Collection sur Nintendo Switch regroupe trois titres cultes du studio Wolf Team : Earnest Evans, El Viento et Annet Returns. Cette compilation remet en lumière une trilogie action-plateforme ésotérique des années 90, avec des fonctionnalités modernes comme le rewind et la sauvegarde rapide. Un objet patrimonial plus qu’un blockbuster, pensé avant tout pour les amateurs de rétro et les curieux de l’histoire vidéoludique.
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Graphisme - 6/10
6/10
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Bande son - 7/10
7/10
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Jouabilité - 5/10
5/10
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Durée de vie - 7/10
7/10
Globalement
Pour
- Découverte rétro
- Options de confort moderne
- Ambiance unique
Contre
- Gameplay daté
- Inégal selon les épisodes
- Réservé aux passionnés de rétro



