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Test – Ebola Village sur Xbox : un survival horror brutal et imparfait

Il y a des jeux que je lance par curiosité. Et puis il y a ceux qui, dès les premières minutes, me font comprendre que je ne vais pas en sortir indemne. Ebola Village fait clairement partie de la seconde catégorie. Arrivé récemment sur Xbox après un passage remarqué sur PC, ce survival horror indépendant ne cherche pas à flatter le joueur. Il veut le mettre mal à l’aise, le pousser dans ses retranchements, et lui rappeler ce que signifie réellement le mot “survie”.

Dès mon arrivée dans ce village isolé, quelque chose sonne faux. Le silence est pesant, les rues sont désertes, et chaque porte semble cacher une menace. J’ai immédiatement pensé à un mélange étrange entre Resident Evil 4 et Resident Evil 5 : cette ambiance de bourgade perdue, hostile, où les habitants ne sont plus tout à fait humains, combinée à une progression plus linéaire et oppressante. Mais Ebola Village ajoute une couche de malaise supplémentaire, presque malsaine, qui lui est propre.

Un hommage assumé au survival horror d’antan

Je ne vais pas tourner autour du pot : Ebola Village est un jeu volontairement old-school. Caméras fixes par endroits, déplacements un peu rigides, inventaire limité, énigmes à l’ancienne… Tout rappelle les survival horror des années 90. Personnellement, j’aime ce parti pris. Chaque couloir devient un pari risqué, chaque porte franchie une prise de décision. Je ne peux pas foncer tête baissée, je dois observer, écouter, anticiper.

La gestion des ressources est centrale. Les munitions sont rares, les soins précieux, et je me surprends souvent à contourner les ennemis plutôt que de chercher l’affrontement. Ce rythme lent, méthodique, participe énormément à la tension. On est loin des FPS nerveux modernes : ici, chaque balle tirée compte vraiment.

Une histoire sombre et dérangeante

J’incarne Maria, une jeune femme à la recherche de sa mère disparue après une mystérieuse épidémie. Très vite, je comprends que le village que je traverse n’a rien de normal. Les habitants semblent contaminés, leurs comportements oscillent entre folie et violence pure.

Le scénario ne joue pas la carte de la finesse. Il est brut, parfois choquant, et exploite une peur très primaire : celle de la maladie et de la perte de contrôle. Le simple choix du mot “Ebola” suffit à installer une gêne immédiate. Ce n’est pas un jeu qui cherche à rassurer. Il dérange, parfois volontairement trop, mais il assume sa proposition.

Une réalisation datée… mais une ambiance qui fonctionne

Graphiquement, je sens immédiatement que le jeu n’est pas tout jeune dans sa conception. La réalisation est quelques peu datée, avec des textures parfois simples et des animations un peu raides. On est loin des standards d’un triple A moderne.

Mais paradoxalement, cela ne casse pas l’immersion. L’atmosphère fonctionne grâce à un excellent travail sonore. Craquements, respirations lointaines, chuchotements… Casque sur les oreilles, je me surprends à avancer lentement, presque à retenir ma respiration. C’est souvent dans le son que Ebola Village fait le plus peur.

Une traduction française qui laisse à désirer

Je dois aussi parler de la traduction française, qui n’est malheureusement pas terrible. Certains dialogues sonnent étranges, avec des tournures approximatives qui cassent parfois la crédibilité des échanges. Rien de rédhibitoire, mais assez visible pour le noter. Heureusement, l’ambiance générale rattrape ces faiblesses d’écriture.

Une visée imprécise et des combats tendus

Côté gameplay, j’ai apprécié la tension constante… mais la visée n’est clairement pas très précise. Manette en main, il m’est arrivé plusieurs fois de lutter contre les contrôles lors des affrontements. Ce manque de précision rend les combats plus stressants que prévu, parfois volontairement, parfois malgré lui.

Les ennemis encaissent bien, avancent lentement mais sûrement, et chaque confrontation devient un mini duel de nerfs. Faut-il économiser mes balles ? Tenter d’esquiver ? Courir au risque de me retrouver coincé ? Ces choix permanents maintiennent une vraie pression.

Des temps de chargement qui cassent parfois le rythme

Autre point que je ne peux pas ignorer : les temps de chargement sont parfois longs. Lors du passage entre certaines zones, je me suis retrouvé face à un écran noir pendant plusieurs secondes, au point de croire que le jeu avait planté. Rien de dramatique, mais cela casse un peu le rythme et mérite d’être signalé.

Un vrai jeu indépendant, avec ses défauts… et sa personnalité

En avançant prudemment, en résolvant les énigmes et en évitant les pièges, j’ai bouclé l’aventure en environ 4 à 5 heures. C’est court, mais dense. Ebola Village ne cherche pas à s’étirer artificiellement. Il propose une expérience concentrée, presque comme un film d’horreur interactif que l’on vit en une soirée.

Oui, Ebola Village est imparfait. Réalisation datée, traduction moyenne, visée approximative, chargements parfois trop longs… Tout cela rappelle que l’on est face à une production indépendante aux moyens limités.

Mais en contrepartie, je ressens une vraie sincérité. Le jeu ose proposer une vision radicale du survival horror, sans concession, sans chercher à plaire à tout prix. Et aujourd’hui, c’est suffisamment rare pour être salué.

Sur Xbox, une expérience idéale pour une soirée frissons

Installé dans mon canapé, casque sur les oreilles, lumière tamisée, j’ai trouvé que Ebola Village se prêtait parfaitement au format console. Ce n’est pas un jeu que l’on picore par sessions de dix minutes. C’est une descente progressive dans un cauchemar, à vivre d’une traite.

Et avec un prix généralement abordable, le titre constitue une curiosité intéressante pour les amateurs du genre.

Conclusion sur Ebola Village

Au final, Ebola Village m’a rappelé pourquoi j’aime le survival horror. Il ne mise pas sur la technique, mais sur l’ambiance, la tension et le malaise. C’est un mix étrange entre Resident Evil 4 et Resident Evil 5, saupoudré d’une brutalité indépendante sans filtre.

Il est imparfait, parfois maladroit, mais il ose. Et dans un paysage vidéoludique souvent très formaté, c’est déjà une qualité précieuse.

Revue du jeu Ebola Village 19.99 €

Résumé

Ebola Village est un survival horror indépendant rugueux, daté par endroits, mais habité par une vraie volonté de faire peur. Court, intense, dérangeant, il parlera avant tout aux passionnés de frissons à l’ancienne. Si vous aimez souffrir manette en main, ce village maudit pourrait bien vous marquer.

  • Graphisme - 6/10
    6/10
  • Bande son - 7/10
    7/10
  • Jouabilité - 6/10
    6/10
  • Durée de vie - 4/10
    4/10
Globalement
5.8/10
5.8/10

Pour

  • Ambiance sonore
  • Survival horror à l’ancienne
  • Quelques jump scare sympas

Contre

  • Réalisation un peu trop « à l’ancienne »
  • Temps de chargement
  • Traduction pas top
Photo de Michael

Michael

Responsable Pôle JV - Jeune Quarantenaire qui a connu les début de la micro informatique, les vinyles et les walkman auto reverse Bass Boost. Passionné des nouvelles tech, les ordinosaures, le JV, les mangas, les animés. Un peu de nerd, un peu de nolife, un peu d'otaku = 100% moi

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