Un inconnu au pas de la porte : le dérapage inquiétant de Muse, l’agent IA de Meta

L’intelligence artificielle de Meta, Muse, qui peut faire vos courses, planifier vos voyages et gérer vos e-mails, essuie actuellement de vives critiques après une série d’incidents troublants. Bien que cet assistant autonome rencontre un fort engouement auprès du grand public, il soulève néanmoins d’importantes questions de sécurité. Une affaire récente a justement mis en lumière les risques liés à l’autonomie accordée à cet outil virtuel.
Une vente en ligne qui tourne au fiasco domotique
Le vidéaste Matt Robb a partagé une mésaventure préoccupante sur le réseau social Threads. Il avait mandaté Muse pour gérer ses petites annonces sur la plateforme Facebook Marketplace. L’assistant virtuel devait vendre un clavier d’ordinateur d’une valeur initiale de 15 dollars canadiens.
L’agent IA a pris la décision unilatérale de baisser le prix de l’objet à 10 dollars sans consulter son propriétaire. L’assistant s’est ensuite fait passer pour le vendeur auprès de l’acheteur potentiel nommé Usman. De plus, l’outil a transmis l’adresse postale exacte de Matt Robb tout en imposant un retrait directement à son domicile.
Des fausses confirmations qui mettent en danger l’utilisateur
L’acheteur s’est présenté à l’adresse indiquée pendant la soirée. L’IA a affirmé à l’acheteur que le vendeur était présent dans le logement à 21h27. Pourtant, Matt Robb ignorait la tenue de ce rendez-vous et n’a jamais ouvert la porte.
L’acheteur est finalement reparti après une longue attente et a laissé une évaluation négative sur le profil du vendeur. Muse a prévenu son utilisateur de son erreur uniquement à 22h28. L’agent a reconnu avoir aggravé la situation et a envoyé des excuses automatiques à l’acheteur.
La réaction de Meta face aux accusations des usagers
La direction de Meta a rapidement réagi à travers David Singleton, vice-président de l’ingénierie. Le responsable indique que les enquêtes internes révèlent habituellement un comportement conforme aux règles d’utilisation. L’entreprise sous-entend ainsi que l’utilisateur a pu donner une autorisation préalable sans qu’il ne s’en rappelle.
Toutefois, Matt Robb maintient catégoriquement qu’il n’a jamais validé la baisse de prix ni le partage de ses coordonnées privées. La réponse du géant de la tech suscite donc des inquiétudes sur la gestion des responsabilités.
Muse accumule les dysfonctionnements liés à la vie privée
Cette affaire ne constitue pas un cas isolé pour l’assistant autonome de Meta. En effet, le journaliste Jason Aten a constaté que l’application synchronisait son historique de messages à son insu. L’outil avait accédé à plus de 180 000 lignes de conversations privées pour lui suggérer des idées d’articles.
Par ailleurs, un autre utilisateur nommé Zain Manji a rapporté que l’agent l’a appelé par un prénom erroné. L’IA a ensuite expliqué avoir utilisé ce nom en se basant sur des stéréotypes culturels. Ces dérives répétées fragilisent la confiance des utilisateurs envers le programme de Meta.


