BONJAC, l’IA coréenne qui recommande un parfum, croisée à VivaTech 2026

VivaTech, c’est le plus grand salon de startups d’Europe. Chaque année, Paris attire des jeunes pousses venues du monde entier. En 2026, j’y étais, badge presse Le Café Du Geek autour du cou. Avec nos confrères d’AVING News, j’ai pris le temps d’aller à la rencontre des startups coréennes, très présentes cette année. L’une d’elles, BONJAC (voir notre article de présentation), vient du monde du parfum et mise désormais sur l’intelligence artificielle.
J’ai rencontré BONJAC sur le pavillon K-Startup de VivaTech 2026, à Paris. J’ai interviewé la marque sur place, caméra au poing, avec nos confrères d’AVING News.
VivaTech 2026, rampe de lancement pour la Corée
VivaTech se tient chaque année à Paris, Porte de Versailles. En 2026, l’édition court du 17 au 20 juin. C’est la plus grosse vitrine startup et tech d’Europe. La Corée du Sud y est venue en nombre, répartie sur plusieurs pavillons nationaux.
BONJAC exposait dans le pavillon K-Startup, avec le soutien du KISED (Korea Institute of Startup and Entrepreneurship Development) et de Nautilus Investment. L’intention de la marque est claire. Elle vient valider son produit auprès du marché européen et chercher des partenaires. Pour une jeune pousse coréenne, ce genre de salon sert de tête de pont vers l’Occident.
BONJAC, du parfum vendu en boutique à l’IA
BONJAC est une société de beauty-tech coréenne, fondée en 2019 et dirigée par Hyungjin Bae. La boîte vend déjà du parfum sous sa marque premium Selvatico, présente dans les grands magasins coréens comme Hyundai et Lotte. C’est ce réseau physique qui a fait naître l’idée du produit présenté à Paris.
En boutique, la marque dit avoir repéré un point de friction. Beaucoup de clients veulent essayer un parfum avant d’acheter, mais le nez sature vite après quelques tests. De ce constat, BONJAC a tiré un projet plus large. La société articule désormais son activité autour de quatre piliers. Ce sont la marque, la donnée, la curation par IA et le commerce.
Scent ID, recommander un parfum sans le sentir

Au stand, BONJAC met en avant Scent ID, sa plateforme d’IA de recommandation de parfums. L’idée est de répondre à une question simple. Comment choisir un parfum en ligne, sans pouvoir le sentir.
Le système repose sur deux couches selon la marque. Une base de connaissances, Scentpedia, catalogue les matières premières, les familles olfactives et les notes. Au-dessus, Scent ID croise six dimensions du profil d’un utilisateur. La marque cite les goûts, les réactions sensorielles, les contextes d’usage, les souvenirs, les habitudes d’achat et les notes à éviter.
À partir de là, l’outil génère un « profil olfactif » et propose un parfum. Il explique aussi les raisons de ce choix. BONJAC revendique aussi un fonctionnement en boutique. Selon la marque, Scent ID sert d’abord à orienter le client, puis le renvoie vers un test physique en magasin.
Pourquoi l’Europe est dans le viseur de BONJAC
Si BONJAC traverse le monde pour venir à Paris, c’est pour vendre sa technologie. La marque vise surtout des partenaires B2B, en particulier les divisions e-commerce des grands groupes de beauté. Pendant l’interview, elle cite L’Oréal et Estée Lauder parmi les acteurs qu’elle aimerait rencontrer.
L’ancrage européen passe aussi par la France. Selon AVING News et le dossier de presse, BONJAC a sécurisé un investissement de Villa Blu by Robertet. C’est la branche d’investissement du parfumeur français Robertet, basé à Grasse. La société a par ailleurs été retenue pour le volet digital du programme L’Oréal Big Bang. Ce dispositif lui ouvre des preuves de concept à grande échelle.
La suite pour BONJAC
Pour la suite, BONJAC affiche une feuille de route à plusieurs étapes. Sur l’année 2026, la société veut valider son moteur de recommandation via la preuve de concept avec L’Oréal Big Bang. Elle compte aussi ouvrir un premier canal d’export à Hong Kong. En 2027, elle prévoit des canaux de vente officiels en France et à Hong Kong.
Selon le dossier de presse, BONJAC vise ensuite une plateforme e-commerce B2C en 2028. Un modèle SaaS suivrait à partir de 2029. Côté financement, la marque indique en interview avoir levé 2 millions d’euros l’an dernier. Elle dit en lever 5 millions cette année en Corée du Sud. Ces montants ne sont pas confirmés par AVING News.
À VivaTech 2026, Le Café du Geek a aussi rencontré Deepscent, Mimetics et Inertia, d’autres pépites coréennes croisées sur les pavillons.



