Test – Shokz OpenFit Pro : de la réduction de bruit active, vraiment ?

Nous avons reçu les Shokz OpenFit Pro et nous avons pu les tester pendant un mois et demi. Ils promettent de la réduction de bruit active tout en conservant le format ouvert que l’on retrouvait sur les générations précédentes. Avec ce modèle, Shokz se veut toujours plus premium et repousse les limites de la technologie en proposant de l’ANC sans avoir quoi que ce soit dans le canal auditif.
Alors, est-ce que la technologie est convaincante ? Faut-il acheter ces écouteurs ? Réponse dans ce test !
Notre avis en bref sur les écouteurs Shokz OpenFit Pro
Les OpenFit Pro de Shockz sont tout simplement le summum de leur catégorie. La réduction de bruit active est bien présente, mais il faut garder à l’esprit qu’elle n’est jamais au niveau d’écouteurs classiques : elle doit être vue comme un simple plus.

Certes, le prix de 250 euros est élevé, mais ces écouteurs restent tout de même conseillés si vous recherchez ce format spécifique et que vous voulez ce qui se fait de mieux actuellement.
Déballage et présentation
Ces OpenFit Pro succèdent aux OpenFit, puis aux OpenFit 2 et 2+, dans la lignée des écouteurs à oreille libre de l’entreprise chinoise Shokz. Nous avions notamment testé les OpenFit en 2023. Le produit arrive dans une boite noire en carton recyclé, au rendu sobre et premium, recouverte d’un emballage présentant les visuels et les caractéristiques.



L’ensemble s’ouvre sur deux niveaux avec un séparateur central. Celui-ci accueille le boîtier des écouteurs sur le dessus, tandis que la partie inférieure contient le câble USB-C, quelques documents et des accessoires en silicone pour améliorer la stabilité ou s’adapter aux petites oreilles.
Le boitier de charge est assez grand et présente un fini noir mat. Bien qu’assez lourd, il reste peu épais et sa forme est bien pensée grâce à des angles très arrondis. Le logo Shokz apparaît en argenté sur le dessus et on profite d’un « soft close » très appréciable à la fermeture.

À l’ouverture, on découvre les deux écouteurs, aimantés à leur étui pour la recharge. Ils sont recouverts de silicone sur la partie flexible et sur la zone qui se positionne derrière l’oreille, tandis que d’autres parties arborent un alliage mat. Sur chaque écouteur, on trouve un bouton cliquable rouge situé sur l’arrondi. Il est bien placé, mais comme nous le verrons par la suite, il n’est pas forcément bien exploité. Enfin, la certification IP55 est de la partie, ce qui garantit une résistance suffisante à la transpiration et aux éclaboussures.

Ergonomie
Au début, on ne comprend pas forcément comment positionner l’écouteur, dans quel sens. Pour se repérer, il suffit de regarder la boîte de face : l’écouteur de droite correspond à l’oreille droite et inversement. La conception fait en sorte que chaque écouteur se positionne parfaitement, tandis que les zones de contact avec la peau conservent un silicone doux et agréable.

Chaque écouteur pèse 12,3 g, mais le poids est bien équilibré autour de l’oreille, ce qui évite toute gêne. Pour ma part, je préfère largement ce léger surpoids plutôt que d’avoir un élément inséré à l’intérieur de l’oreille. De son côté, le boîtier de charge grimpe à 74 g. Enfin, pour les porteurs de lunettes, cela ne m’a pas dérangé du tout : l’ensemble est parfaitement compatible et n’interfère pas avec les montures.
Performances
Le rendu audio est bien, bien meilleur que celui des écouteurs à conduction osseuse dont Shokz nous a habitué. On ressent mieux les détails, ce qui s’explique par l’architecture sonore intégrant un nouveau transducteur à double membrane par rapport aux générations précédentes.


Bien sûr, on n’est pas au niveau d’écouteurs plus classiques, mais on n’a plus cette impression de faire un compromis permanent. Les graves sont bien présents, ce qui apporte une assise agréable aux morceaux. Les aigus, de leur côté, sont clairs sans être agressifs. L’équilibre général est surprenant pour un format ouvert : on gagne en polyvalence et on profite d’une vraie richesse sonore, là où ce format d’écouteur avait auparavant tendance à aplatir un peu le rendu sonore.
Grâce à un système de capteurs optiques et capacitifs, la lecture se met automatiquement en pause lorsqu’on retire un écouteur et reprend dès qu’on le remet en place. Une petite note se fait entendre quand on les repositionne.
Pour les appels, c’est une bonne surprise. L’algorithme d’IA pour atténuer les bruits fonctionne vraiment : même dans une rue passante, les interlocuteurs n’entendent que peu de bruits parasites. Le micro est étonnamment bon lui aussi, Shokz a bien travaillé sur ce point.
Réduction de bruit
Le concept de ces OpenFit Pro est totalement contre-intuitif, car les transducteurs ne sont pas du tout dans l’oreille : on se demande alors comment il est possible de proposer de la réduction de bruit active.
Certes, il existe des écouteurs non intra-auriculaires qui en proposent, à l’instar des AirPods 4 d’Apple, mais leur format est plus classique et plus fermé. Ici, avec des open-ear, la réduction n’est pas parfaite et l’annulation n’est pas totale. On s’en doutait, ce qui est assez normal. C’est assez compliqué à décrire, mais on est quand même surpris du résultat, même si l’on ne savait pas trop à quoi s’attendre.

Dans les faits, la réduction dépend surtout du contexte. Par exemple, un bourdonnement sourd ou un fond sonore continu verra son niveau sonore nettement atténué et transformé en un son un peu plus aigu. Ce n’est pas parfait, mais ça fait l’affaire. En extérieur, cela convient également, mais une circonstance change tout : le fait d’être immobile ou non.
Comme les OpenFit Pro font le tour de l’oreille, ils sont sensibles à nos mouvements, ce qui fait varier l’emplacement de la partie située devant le canal auditif. La réduction change selon si l’écouteur est plus ou moins collé, ce qui n’est pas vraiment agréable : on a l’impression d’être dans une bulle avec des trous d’air. Pour moi, la réduction de bruit n’est pas utilisable en marchant, et encore moins en courant.
Enfin, face à des bruits plus brefs et aigus, comme des conversations, les Shokz ne parviennent pas à les atténuer suffisamment pour que l’on sente une différence. C’est surtout l’atténuation du fond sonore qui apportera le confort supplémentaire, mais dispensable.
Application
Tout se passe sur l’application Shokz, qui s’avère assez intuitive et bien développée.
L’application propose un égaliseur à 10 bandes et plusieurs préréglages audio : Standard, Vocal, Basses renforcées, Aigus renforcés et Privé. Ce dernier mode est censé réduire les fuites sonores dans les hautes fréquences, mais nous n’avons pas noté de réel changement. Il faut dire que les écouteurs sont déjà extrêmement silencieux de base. On pourrait craindre que le son s’échappe ou que tout le monde entende votre musique, mais ce n’est pas le cas du tout.
Le gros point noir est, selon nous, la gestion des boutons soi-disant paramétrables. Elle est en réalité très décevante et constitue une grosse erreur de la part de la marque. On espère que ce point sera rapidement corrigé via une mise à jour.



Déjà, toutes les commandes ne sont pas différenciables entre l’écouteur droit et l’écouteur gauche. Un clic simple lance la lecture ou met en pause, tandis qu’un appui prolongé active ou désactive la réduction de bruit, sans qu’on puisse modifier cette attribution. Le plus frustrant reste le réglage du volume : augmenter ou baisser le son nécessite un appui court suivi d’un appui long. Il est impossible d’assigner cette action à une manipulation moins pénible, ce qui est assez incompréhensible. Les seules fonctions réellement paramétrables n’ont que peu d’intérêt.
Enfin, on retrouve des réglages classiques comme l’ajustement manuel du niveau de réduction de bruit, la gestion du multipoint, la détection de port ou encore un mode faible latence ou le Dolby Atmos avec suivi des mouvements de tête.
Charge et autonomie
Côté alimentation, la charge sans fil Qi est disponible, mais on peut tout aussi bien utiliser le port USB-C situé à l’arrière du boîtier. Pour ce qui est de la durée de charge, comptez environ 70 minutes pour les écouteurs dans leur étui, et jusqu’à deux heures pour recharger le boîtier via câble (un peu plus en sans fil). À noter qu’une rapide charge de 10 minutes permet de récupérer 4 heures d’écoute.


En ce qui concerne l’autonomie, avec la réduction de bruit activée, les OpenFit Pro voient leur autonomie divisée par deux. Cela s’explique par la consommation des algorithmes de traitement en temps réel, la mobilisation permanente des trois microphones et, surtout, l’émission des sons inverses (que l’on n’entend pas), mais qu’il faut bien générer.
Dans les faits, Shokz annonce 12 heures d’écoute sans réduction de bruit, et 6 heures dès qu’on l’active. Avec le boîtier, l’autonomie totale peut grimper jusqu’à 50 heures (sans réduction). Ce sont des valeurs assez proches de la réalité, avec le volume aux alentours de 50 %.
Conclusion
En conclusion, les Shokz OpenFit Pro apportent une réelle alternative aux écouteurs classiques, sans pour autant sacrifier le rendu sonore. Grâce à un gain de sécurité en extérieur et un confort remarquable, ils constituent une option sérieuse pour les utilisateurs qui hésitent entre les modèles à conduction osseuse, typés sport mais à la qualité audio limitée, et les écouteurs intra-auriculaires, que certains ont parfois du mal à supporter au quotidien.

Disponibles en deux coloris, noir ou blanc, ils sont lancés au tarif de 249 euros. Un prix élevé pour cette génération « Pro », mais dans tous les cas, ce sont les meilleurs dans cette catégorie.
Test – Shokz OpenFit Pro : de la réduction de bruit active, vraiment ? 249 €
Résumé du test des Shokz OpenFit Pro
Nous sommes ici face au summum de ce que propose la catégorie open-ear. L’intégration de la réduction de bruit active est une prouesse, même si l’isolation n’égale pas des écouteurs intra-auriculaires.
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Qualité sonore - 9.5/10
9.5/10
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Ergonomie - 10/10
10/10
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Charge et autonomie - 9/10
9/10
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Réduction de bruit - 7/10
7/10
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Application - 8.5/10
8.5/10
Globalement
Pour
- Confort
- Rendu sonore
Contre
- Réduction de bruit
- Prix



